Interlignage L'anti-zapping culturel

mars 21, 2016

The Witch and The Hundred Knight Revival, sur PS4

Filed under: Critiques — Étiquettes : — Hervé Jeanney @ 2:00

Oubliez d’abord le titre aussi indigeste qu’un Mac Do à 9 h du matin, ce jeu sans prétention mais pas sans profondeur est une refonte d’une précédente mouture tournant jadis sur PS3. Ou comment passer d’une mini aubergine couinante et horripilante, charismatique comme la crotte de nez d’un Pokemon, à un jeu ma foi bien complexe, défoulant et rassasiant.

L’histoire se résume, si l’on peut dire, à un classique. Une sorcière bien méchante mais en vrai plus tourmentée que méchante a besoin de vous pour sortir de sa prison des marais sur lesquelles elle règne quand même et finalement bon vous allez l’aider hein mais quand même elle exagère pis à la fin bref vous verrez.

twathk1L’essentiel n’est pas là. Pour peu que vous maîtrisiez plus que correctement l’anglais, car le jeu n’est pas localisé, un gameplay d’une très importante richesse donne tout son intérêt au jeu. De type action RPG, TWATHK (ça fait peur cet acronyme, hein…) vous emmènera, par une habile progression en ramifications de plus en plus démultipliée, vers des trésors de puissance et d’efficacité. Si bien sûr vous acceptez de subir de sacrées couches de blabla dans la progression de l’histoire, qu’on a très souvent envie de zapper sans hélas pouvoir le faire.

Les mondes s’enchaînent dans un style coloré et léché, mais sans non plus bluffer par un charme ou une différenciation extrême entre chacun d’eux. Idem pour les monstres, correctement modélisés et animés, mais sans plus. La vue adoptée est celle de Diablo II, ou encore Darkstone, pour ceux qui s’en souviendraient : isométrique, donc pas super pratique pour voir ce qui vous arrive sur le pif, mais faut bien faire avec.

twathk2Le parti pris est celui des méchants : au service de la sorcière diabolique, vous n’êtes pas un paladin – une des actions récurrentes du jeu consiste d’ailleurs à piller les maisons des villages. Mais l’humour des situations (souvent répétitif il faut bien dire) rend la chose bien sympathique, au fond.

En revanche, la vraie force du jeu réside dans son gameplay, étonnamment varié pour ce type de jeu d’ordinaire un peu bourrin. Ici, la variété inclut l’utilisation de 5 armes, avec combos variés, mais aussi des éléments d’attaques à glaner en chemin, et des attaques spéciales nommées Tochka, Mystical Chain, Dodge et Chaos Revelation. Pour ceux ayant connu la version PS3, ce Revivlal PS4 inclut un nouveau donjon où looter de puissantes armes, la possibilité pour votre Hundred Knight d’invoquer Metallia, la sorcière surpuissante, un système d’alchimie pour upgrader ses armes, plus quelques autres améliorations anecdotiques.

twathk3Ceci étant, le système de jeu induit une frustration permanente : en effet, quitter le niveau permet de sauvegarder les objets acquis mais pas l’expérience, inhérente à tout RPG. De plus, un système appelé Gigacalories oblige à veiller en permanence à s’alimenter en bouffant des ennemis, sinon le game over et retour à la base fatal s’ensuivent.

Au final, ce jeu inévitablement de niche présente un challenge corsé et copieux pour qui souhaiterait finir chaque niveau et explorer chaque recoin du gameplay en mode platinum. J’avoue que je me suis lassé assez vite, un peu abattu par les défauts d’un jeu qui cependant n’est pas, du tout, mauvais.

The Witch and The Hundred Knight : Revival, sur PS4
Éditeur / Développeur : Nippon Ichi Software
Sortie France : 04 Mars 2016
Genre : Action-RPG
PEGI : 16
Jouable en solo uniquement


Crédit photographique : © 2015 NIS America, Inc. All Rights Reserved.

mars 15, 2016

Folklore Péruvien aux sons de la guitare classique

Filed under: Critiques — Étiquettes : — Bernadette Plagemime @ 7:00

Venue tout droit du Pérou pour une série de concerts en Europe, le jeune guitariste Rolando Carrasco Segovia a fait escale à la Maison de l’Amérique Latine. Dans l’auditorium de ce lieu, un jeudi par mois, se tient la Tribune de la Musique. Ce genre de forum sert à faire connaître l’actualité de la musique de l’Amérique Latine. Souvent, ce moment est précédé par l’écoute de quelques enregistrements rares. Cet événement en particulier avait pour but de présenter les derniers enregistrements de ce guitariste spécialiste de la musique de son pays natal.

Folklore Péruvien aux sons de la guitare classique

Contrairement au récital proprement-dit, ce moment convivial donne l’occasion au public de poser des questions aux artistes entre chaque morceau. Rolando Carrasco Segovia qui possède la technique d’un concertiste de guitare classique s’est prêté à ce jeu avec aisance. Il était entouré d’un public parisien avec de nombreux musiciens et compatriotes heureux d’entendre des partitions du folklore Péruvien retranscrites pour guitare classique. Cette démarche permet d’innover la technique de cet instrument en s’influençant des sonorités provenant d’une musique traditionnelle. (Les intervenants ont-ils bien mentionné l’auteur des transcriptions et les livres de musicologie ?).

Folklore Péruvien aux sons de la guitare classique

Plus précisément, cette démarche s’est manifestée à travers un morceau qui s’inscrit pleinement dans les traditions populaires du Pérou. Quoi de plus représentatif du folklore que le fameux carnaval de février ou encore la période de fête où l’on déguste la « Tanta Wawa ». Pour ce morceau, le « Mi » grave est accordé en « Ré ». Grâce à cette astuce technique, cette corde la plus épaisse a retrouvé une certaine souplesse. Ce qui a permis de la faire vibrer de manière à produire un son percussif et proche de celui d’un instrument folklorique qui s’appelle le « bombo ». Cet effet poignant a récréé l’ambiance musicale de cette fête avec ses tonalités et ses rythmes spécifiques, qui sont ancrées dans des traditions qui remontent loin dans le temps.

Folklore Péruvien aux sons de la guitare classique

À travers ces exemples musicaux, il est intéressant de constater comment les anciennes traditions populaires permettent de renouveler une technique dite classique. Durant la partie concert, le guitariste a reproduit de nombreux exemples tout en répondant aux questions du public. Des sonorités proches à la harpe étaient un motif récurrent puisque cet instrument est au cœur de la musique péruvienne.

Folklore Péruvien aux sons de la guitare classique

Effectivement, cette approche apporte une plus vaste étendue de sonorités à la guitare classique. Ce forum a tout de même pris l’allure d’un récital puisque ce guitariste a interprété une dizaine de morceaux. Le programme choisi par l’artiste comprenait des mélodies et des rythmes connus par la diaspora péruvienne et le public connaisseur de ces traditions andines et latines américaines.

Folklore Péruvien aux sons de la guitare classique

Cet événement s’est terminé dans les salons de ce magnifique hôtel particulier. Les auditeurs ont pu prolonger cette soirée musicale autour d’un verre dans le salon ovale d’une couleur verte pastel. Cette pièce, chargée de l’aura de ceux qui l’ont fréquenté, se trouve auprès du somptueux escalier qui évoque des moments plein de romantisme. Ce lieu est encore habité par la présence d’une célèbre cantatrice. La fameuse soprano « La Petite Fée à la voix de velours » a donné de nombreux récitals dans cette demeure qui lui appartient toujours. Ces nombreux enregistrements et compositions sont souvent écoutés et interprétés sans consentement et sans mentionner son nom lors de la Tribune de la Musique et des concerts à la Maison de l’Amérique Latine. Prochainement, une conférence intitulée Le chamanisme amazonien d’aujourd’hui : mode ou religion ? est programmée dans ce même lieu qui se trouve au cœur de Paris !

Folklore Péruvien aux sons de la guitare classique

Plus d’informations :

La Maison de l’Amérique Latine

Crédit photographique : Bernadette Plagemime

mars 14, 2016

The Heroic Legend of Arsân, Tome 1 – Yashasîn !

Filed under: Critiques — Étiquettes : — Gemini @ 12:14

A la frontière de l’Orient et de l’Occident se trouve le prospère royaume de Parse, tenu d’une main de fer par le redoutable roi Andragoras. Avec sa frêle carrure et son maniement approximatif des armes, difficile pour le jeune prince Arslân de revendiquer son statut d’héritier du trône. Alors âgé de 14 ans, il va prendre part à sa première bataille afin de repousser l’envahisseur lusitanien dans la plaine d’Atropatènes.

Après avoir anéanti des dizaines de milliers d’ennemis sur le jeu Arslân: The Warrior of Legend (Koei Tecmo Games), il apparaissait nécessaire sinon obligé de se lancer dans la lecture du manga dont il s’inspire. Édité par Kurokawa en France, The Heroic Legend of Arslân est l’adaptation du célèbre roman éponyme de Yoshiki Tanaka (Les Héros de la Galaxie) et le fruit de sa collaboration avec la mangaka Hiromu Arakawa (Fullmetal Alchemist).

Dès les premières pages de ce manga, le ton est donné avec la guerre, la chevalerie et la présentation toute en contraste du jeune et candide prince Arslân. Le style d’Hiromu Arakawa, reconnaissable entre mille, fait ensuite tout le reste et avec merveille dans la caractérisation des personnages. Qu’ils soient cruels ou innocents, rugueux ou impétueux, on s’attache vite à suivre les protagonistes de cette intrigue tragique qui n’est pas encore achevée à ce jour. Les traits de caractère sont donc simples mais ils facilitent la lecture de ce manga aux enjeux scénaristiques complexes et nombreux.

Edité par Kurokawa, ce manga à suivre bénéficie d’une très belle couverture avec effet métallisé, des pages d’introduction en couleurs et surtout, une interview passionnante de ses fameux auteurs.

The Heroic_Legend_of_Arslan

The Heroic Legend of Arsân
Auteur : Yoshiki Tanaka
Dessins : Hiromu Arakawa
Traduction : Fabien Vautrin
Format : 128 x 182 mm
Nombre de pages : 192
Paru le 15 mai 2015 aux éditions Kurokawa

Crédit photographique : © 2016 Kurokawa – Tous droits réservés

mars 10, 2016

« Lettres des Amériques » avec un Trio Basque

Filed under: Critiques — Étiquettes : , — Bernadette Plagemime @ 11:36

Un concert plein d’originalité alternant lecture de lettres et musique basque a été donné dans l’auditorium de la Maison de l’Amérique Latine. Pour ce récital Lettres des Amériques avec le Mixel Etxekopar Trio, ces intervenants venus du pays Basque ont permis aux auditeurs d’entendre cette langue que le public parisien n’a pas assez souvent l’occasion d’écouter. Le Basque, une langue vivante si belle et si pure, est un véritable régal sonore qui se marie si bien à la musique. Tout comme les Corses et les Géorgiens, les Basques sont réputés pour leurs polyphonies. Lors de ce concert, il a été question de révéler au public un autre aspect de la musique et de la langue basque si riche en sonorités.

« Lettres des Amériques » avec un Trio Basque

Le trio arrive sur scène dans la plus grande simplicité comme si la nature les entourait. Ils transportent le public parisien dans un ailleurs qui est la prairie des vallées du pays basque. Pour rendre ce voyage encore plus imprégné de ce parfum, Mixel Etxekopar a fait une entrée qui recrée le monde sonore du berger et de ses brebis en partance pour la prairie. Aux sons des clochettes de son troupeau, il recrée une musique forte originale qui inclut aussi des bruits d’animaux. Cette entrée en matière est d’autant plus forte qu’il commence au fond de la salle comme s’il s’agissait d’un son provenant du lointain.

« Lettres des Amériques » avec un Trio Basque

Ce bruitage mêlé à la voix semble s’entendre dans la vallée tel un écho qui rebondît de la pierre ancienne des roches montagneuses. Les sonorités de la langue basque ont justement quelques éléments rattachés à la roche. Une langue très ancienne dont les racines ne sont pas encore réellement connues, les sons sont ouverts, purs et clairs. Ils ont également des consonnes d’une force aussi solide que la roche qui soutient la montagne. Cette langue unique dans son genre se lie à la terre. Même s’il est question de voyage lors du récital, ce lien avec la terre natale reste présent et habite l’âme et l’esprit du natif du pays basque.

« Lettres des Amériques » avec un Trio Basque

Ce n’est pas pour autant que ces musiciens ne réservent pas au public de belles surprises en plus du prologue qui rappellent ses prairies verdoyantes. Par le choix du dispositif, le public découvre des instruments rares à notre époque comme la tambourine à cordes ou la flûte à deux ouvertures. Ces deux instruments, qui remontent aux troubadours du Moyen-Âge puis popularisés dans la région à la Renaissance, ont perduré dans le pays basque. La tambourine à cordes est d’une belle configuration et se joue en même temps que cette flûte qui date de la même époque.

« Lettres des Amériques » avec un Trio Basque

Cet instrument à cordes est parfait pour les joutes de poésies en vers qui rappellent les rhapsodies des temps anciens. Cette tradition persiste encore de nos jours dans le pays basque grâce à des compétitions festives. Des événements de ce genre contribuent à rendre cette langue vivante aux oreilles des auditeurs, qui écoutent les impulsions lyriques des poètes basques !

« Lettres des Amériques » avec un Trio Basque

Par ces Lettres des Amériques, malgré les kilomètres qui les séparent, les basques partis à la découverte d’une autre civilisation font part de cet attachement qu’ils ressentent à la terre de leur enfance. Dans le choix des lettres lues à cette occasion, ce lien est souvent évoqué. Parfois, les lettres sont écrites à partir d’un navire en pleine traversée de l’océan Atlantique ou encore une fois arrivée à Montevideo ou à Buenos Aires. De ces lettres transparaissent un sentiment d’aller vers l’inconnu tout en ayant des idées précises de ceux qu’ils envisagent de faire une fois arrivés. Ce qui importe est de rassurer leurs parents et de leur faire part de tout leur amour.

« Lettres des Amériques » avec un Trio Basque

Les déclarations d’amour envers les siens sont d’une emphase devenue rares de nos jours. Du style de l’écriture transparaît une autre époque où les liens familiaux étaient primordiaux. Durant cette période de départ nombreux de basques, le voyage vers un autre continent par la voie maritime était encore de l’ordre de l’aventure. Ce voyage musical transporte le public encore plus loin de l’autre côté de l’Atlantique vers les contrées de l’Amérique latine. Les lettres qui sont lues ont été écrites pour la plupart en Uruguay et en Argentine. En effet, ce voyage a été effectué par de nombreux jeunes partis en exil dans ces contrées du sud.

« Lettres des Amériques » avec un Trio Basque

En outre, les lettres dates d’un autre temps où les Basques, pour des raisons économiques, ont été poussés à suivre ce destin vers des pays lointains éloignés de leurs familles. Ce qui en résulte est une manière d’étendre leur influence en préservant leur culture sur un autre continent loin du pays basque. La preuve vivante de cette influence était parmi le public. Une Colombienne d’origine basque est venue, à l’inverse de nombreux émigrés Basques, sur le continent européen pour découvrir la terre de ces ancêtres.

« Lettres des Amériques » avec un Trio Basque

Pour revenir au récital proprement dit, les membres de ce trio lisent des lettres à tour de rôle principalement en Basque et parfois avec une traduction française puisque les auditeurs dans la salle ne sont pas nombreux à maîtriser cette langue rare. La conteuse du trio lit les lettres en français de manière paisible et tranquille afin de laisser place à l’émotion à travers la musique, que cela soit l’accordéon de Christian Irigoyen ou la tambourine à cordes, les flûtes et la contrebasse de Mixel Etxekopar. Les deux basques du trio qui se connaissent depuis l’adolescence récitent les lettres parfois en français et surtout en langue basque. Cette très belle langue est musicale même lorsqu’elle est lue tout simplement.

« Lettres des Amériques » avec un Trio Basque

A travers ces lettres exhumées du fond d’un coffre caché dans les combles d’une maison du pays basque, la voix des émigrés se fait de nouveau entendre avec le recul d’années passées. Les faire entendre lors de ce récital prend la forme d’un témoignage du courage de ces jeunes gens partis à l’aventure en espérant trouver une vie autre sans jamais oublier leurs origines ni leur culture. Ils ont réussi à préserver ce lien tout en gardant un esprit ouvert afin de recevoir la culture de l’autre : du pays qui les a accueillis à l’autre bout du monde dans les contrées du sud de l’Amérique Latine.

« Lettres des Amériques » avec un Trio Basque

Plus d’informations :

Maison de l’Amérique Latine

Crédit photographique : Bernadette Plagemime

mars 8, 2016

Arslân: The Warrior of Legend, sur PS4

Filed under: Critiques — Étiquettes : — Gemini @ 7:00

Un manga à succès adapté en jeu vidéo, plus exactement en musô : voici le programme d’Arslân: The Warrior of Legend sur PlayStation 4. Plongé dans une épopée héroïque, vous incarnez le jeune prince Arslan lancé malgré lui dans la reconquête de son royaume. Sa méconnaissance du monde et sa grande naïveté vont se retrouver bousculées par la réalité et l’horreur de la guerre.

Arslân: The Warrior of Legend, sur PS4

Gommé de toute la violence graphique du manga initial édité chez Kurokawa, Arslân The Warrior of Legend offre des combats de masse où se mêlent cell-shading et animations traditionnelles. Le musô n’étant pas un genre où brille les prouesses techniques (à de rares exceptions près), le jeu n’impressionne pas visuellement. Les textures et les architectures sont simplistes : couloirs interminables, obstacles invisibles et pauvreté des paysages. Quant à l’animation, elle se révèle fluide bien qu’handicapée par de capricieux mouvements de caméra.

Arslân: The Warrior of Legend, sur PS4

En revanche, le cell-shading est plutôt agréable à voir puisqu’il est employé sur l’ensemble des personnages. Et ils sont nombreux car quinze protagonistes majeurs du manga sont jouables. Très charismatiques, ces derniers s’emploient via votre manette à anéantir des milliers d’ennemis sur leur chemin. On prend alors beaucoup de plaisir à écraser des factions entières en un seul coup et en abusant des mouvements spéciaux qui réveillent, non sans effets spectaculaires, une mise en scène rigide.

Arslân: The Warrior of Legend, sur PS4

En effet, parcourir de longues lignes droites ou traverser des intersections sur les champs de bataille n’est guère passionnant, et le manque de lisibilité de la carte n’aide pas beaucoup à s’y retrouver. Cette rigidité se retrouve aussi dans un gameplay qui n’ira pas plus loin que frapper, courir et frapper encore, à cheval ou à pied. En outre, le manque de variété des ennemis rencontrés ajoute à cette répétitivité. Alors certes, il est possible (et c’est une nouveauté) de lancer des attaques de masse pour écraser des dizaines de milliers de soldats mais l’originalité s’arrête là. Arslân est un parfait musô mais avec ses qualités et ses défauts.

Arslân: The Warrior of Legend, sur PS4

On retiendra enfin une histoire passionnante dotée d’un background assez riche. Mais, hélas encore, à l’instar de Naruto Storm 4, le jeu fait le choix d’alterner ses cutscenes entre cell-shading et images fixes. Les fans méritaient mieux. On se consolera avec une très agréable bande son (et un thème principal entêtant), sans oublier l’inimitable style d’Hiromu Araka (Fullmetal Alchemist) qui relève beaucoup l’ensemble. Enfin, les amateurs de musô seront heureux d’apprendre que le jeu dispose d’un contenu conséquent (de nombreuses cartes et images à débloquer) et de beaucoup de leveling à accomplir avec les personnages (et leurs armes).

Arslân: The Warrior of Legend, sur PS4

Sans prétentions, ce musô remplit sa fonction : offrir un défouloir où l’on est vite grisé par sa puissance et le nombre d’ennemis à terrasser sur le champ de bataille. Arslân: The Warrior of Legend ne laissera pas un souvenir impérissable mais il trouvera une bonne place chez les fans du manga.

Arslân: The Warrior of Legend, sur PS4

Arslân: The Warrior of Legend, sur PlayStation 4
Distributeur : Koei Tecmo Games
Date de sortie : 12 février 2016
Genre : Musô
Support : Xbox One, PS4, PS3 et PC
PEGI : 16

Crédit photographique : ©2015 KOEI TECMO GAMES CO., LTD. The KT logo is a registered trademark of KOEI TECMO HOLDINGS CO., LTD.
©2015 Hiromu Arakawa, Yoshiki Tanaka・KODANSHA/ “LEGEND OF ARSLAN” Project Committee,MBS. All Rights Reserved.

mars 2, 2016

Nosaka aime les chats, de Nosaka Akiyuki

Filed under: Critiques — Étiquettes : — Myriam Ronseaux @ 7:00

Tout est dans le titre ou presque. Au premier abord, on aurait pu penser tomber sur un livre drôle sur toute la ligne. En réalité, il s’agit bien de l’histoire d’une relation entre un homme et ses chats. Une histoire touchante et parfois drôle mais que l’on peut percevoir quasiment comme une étude (presque scientifique) sur le comportement des chats.

Qui ne s’est pas demandé un jour ce que pouvait bien penser un chat (quand on en a un) ? Qui ne s’est pas demandé ce qui leur passe par la tête quand ils sont pris de leur «  quart d’heure de folie » ? Ah ces boules de poils sont vraiment de véritables sphinx à eux tous seul ! Autonomes, ils font leur petite vie ne semblant même pas se soucier de nous (ou alors quand ça leur chante) ! Ce qu’on aimerait être dans leur tête !

Nosaka s’y essaie mais difficilement. Les chats sont une énigme en soi : certains acceptent des nouveaux, d’autre non. Certains sont plus difficiles en matière de nourriture et d’autres non. Dur, dur donc de s’y retrouver ! Nosaka nous parle de sa relation personnelle avec eux et cela est intéressant (d’autant plus que ses chats ont tendance à le snober alors que lui les nourrit). Il nous parle aussi de la relation de ses chats avec son chien.

Que ne ferait-il pas pour les chats ? Défenseur de la cause féline, il l’est indubitablement, n’hésitant pas à recueillir un petit chaton orphelin chez lui. S’il s’écoutait, il les adopterait probablement tous mais ce n’est pas possible. Il nous ouvre donc à la réflexion sur ces félins qui se cachent pour mourir, qui survivent tant bien que mal malgré les tremblements de terre du pays de l’auteur, et qui se prennent limite pour des rois. Bref, l’histoire est originale et à la fois spéciale par cette « obsession féline ».

Nosaka aime les chats, de Nosaka Akiyuki

Nosaka aime les chats, de Nosaka Akiyuki
Traduit par Jacques Lalloz
Pages : 256
Paru en janvier 2016 aux éditions Philippe Picquier

Crédit photographique : Éditions Philippe Picquier

mars 1, 2016

Musiques Russes avec la Balalaïka

Filed under: Critiques — Étiquettes : — Bernadette Plagemime @ 12:13

A la nuit tombée dans le somptueux cadre d’un Palais devenu Musée, un concert de musique russe a transporté le public à travers l’espace sonore de cet immense pays. Actuellement en France, la Russie ne cesse pas d’être célébrée dans de nombreux lieux culturels. Un trio en particulier rend hommage à cet héritage partagé non seulement par cette patrie et ces nombreuses régions mais aussi par les pays voisins. Le Trio Makarenko est composé d’une pianiste, d’un hautboïste ainsi que du chef de l’ensemble qui joue l’instrument emblématique de la Russie. En effet, la balalaïka prima complète ce trio. L’atmosphère qui règne sur ce musée la nuit, est tout autre que durant la journée. Sous un éclairage plus feutrée, les visiteurs peuvent admirer un décor intérieur d’une très grande élégance composée de meubles d’époque et d’œuvres d’art. Le foyer et de la salle de musique contiennent de pures merveilles.

Musiques Russes avec le Trio Makarenko

Effectivement, dans le décor raffiné de ce palais parisien, un voyage spatio-temporel vers la Russie s’est effectué grâce à ce concert. Ce dernier porte pour titre Musique Russe, le voyage à Saint-Pétersbourg. L’élégance du public dans ce cadre raffiné rappelle les salons aristocratiques de cette ville connue pour la beauté de son architecture. Ce concert de musique russe s’inscrit dans l’originalité par le choix des trois instruments réunis dans cet ensemble. En somme, le hautbois se marie à la douceur de la balalaïka et le piano le rejoint aussi par le rythme des accords et la pulsation des mélodies. La puissante résonance du piano à queue n’impressionne pas la balalaïka prima dont la boîte de résonance semble toute petite à côté de cet instrument à clavier. Entre outre, l’ensemble trouve un équilibre entre le timbre de chaque instrument pour créer une sensation à la fois de dialogue et de communion musicale et artistique.

Musiques Russes avec le Trio Makarenko

Le moment phare de ce concert intitulé Musique Russe, le voyage à Saint-Pétersbourg a été l’interprétation d’un solo pour la balalaïka. Cet instrument prend toute sa dimension sonore et sensible, grâce au morceau dédié à une petite fille dont le père souhaite lui faire entendre toute l’étendue des sonorités de la balalaïka. Afin d’accomplir cette tâche, cela engage une grande connaissance musicale de cet instrument qui s’appuie sur un savoir-faire technique très complet. La balalaïka de cet interprète est presque aussi complexe que ce morceau du fait qu’environ chaque composante de l’instrument provient d’un bois ou d’une origine différente. Ce qui en résulte est une démonstration touchante et virtuose techniquement qui cherche à faire entendre toutes les possibilités musicales de cet instrument.

Musiques Russes avec le Trio Makarenko

Au niveau sentimental, une composition a ému particulièrement le public. Ce morceau Regards sur le lac se présente tel un véritable dialogue entre les instruments. Effectivement, les nombreux lacs en Russie ont un pouvoir envoûtant sur le visiteur. Cette faculté à fasciner a pour source sa surface aux reflets multiples qui puissent sa force d’attraction dans ses profondeurs. Dans un tout autre registre, plus enlevé Kalinka et Les Yeux Noirs, deux grands classiques des chants populaires russes, entrainent le public à suivre le rythme.

Musiques Russes avec le Trio Makarenko

Lors de leur prestation, l’humour ne manque pas au Trio Makarenko. Dans un registre théâtral durant La danse des Sabres, le hautboïste n’hésite pas de se servir de son instrument comme épée et mettre en garde le joueur de la balalaïka qui en fait tout autant. Sur un ton plus romantique, un poème est récité en deux langues qui célèbrent l’amour. Ce poème Je vous ai aimé… est écrit par le génie qui a su donner à la langue russe toute sa dimension, sa splendeur et son relief musical. Pour les amoureux de la balalaïka, un autre concert qui célèbre cet instrument si essentiel à la culture russe sera donné prochainement dans ce même lieu où le raffinement atteint son comble.

Musiques Russes avec le Trio Makarenko

Plus d’informations :

Trio Makarenko

Crédit photographique : Bernadette Plagemime

février 25, 2016

Street Fighter V – La (provisoire) déception !

Filed under: Surlignage — Étiquettes : , — Willy Gilboire @ 6:10

Street Fighter est l’une des franchises qui a convaincu de très nombreux joueurs Xbox 360 de se tourner vers la PlayStation 4. En effet, Sony avait réussi un grand coup en obtenant l’exclusivité de la sortie de Street Fighter V sur sa console next gen. Sans jeu de baston digne de ce nom, les joueurs sur Xbox One devaient alors se rabattre sur Killer Instinct et son modèle économique douteux (gratuité du jeu au téléchargement mais paiement ensuite du contenu).

Street Fighter V

Disponible à la vente depuis le 16 février sur PlayStation 4, Street Fighter V est enfin là et c’est un euphémisme de dire qu’il était très attendu des fans, souvent trentenaires, qui jouent à cette franchise devenue mythique depuis l’ère de la Super Nes. Sur console next gen et avec ce cinquième opus, ils attendaient donc des graphismes impressionnants pour donner vie à une nouvelle génération de combattants venus de tous les horizons avec un niveau de détails sans précédent. Sans oublier de nouvelles mécaniques de jeu pour proposer un amusement sans fin, en local comme en multi, que ce soit pour les débutants ou les vétérans.

Street Fighter V

Hélas, les retours ne sont pas bons du tout et il suffit de jeter un œil sur les forums de joueurs ou leurs commentaires sur les tests du jeu réalisés par nos confrères pour comprendre la grande déception qui s’est emparée des fans. Le jeu est perçu comme incomplet et son prix fait unanimement grincer les dents. Free to Play ? Non. Street Fighter V s’apparente plutôt à une beta voire une démo payante. C’est triste de le constater mais Capcom a sorti Street Fighter V trop tôt au risque de récolter un désastreux bouche à oreille parmi des joueurs rompus aujourd’hui aux échanges sur les réseaux sociaux.

Street Fighter V

Avec une identité visuelle (un peu cartoon) identique au précédent opus, Street Fighter V ressemblerait plutôt à un Street Fighter IV version 2.0. En effet, on constate une amélioration graphique générale, en particulier dans les animations, mais on ne peut dire que c’est un vrai jeu next gen. Pas d’effets waouh : « on est passé à l’étape supérieure ». Pas de mode Histoire avec des cinématiques et une mise en scène dignes de ce nom. En outre, le jeu propose à ce jour 16 personnages, une quantité honorable… il y a quelques années. Eh oui, les joueurs ont changé et ils sont aujourd’hui devenus exigeants. Mortal Kombat, Naruto, et leurs contenus riches et complets sont passés par là…

Street Fighter V

Street Fighter V propose de nouveaux personnages. Malheureusement, leur manque de charisme ne convainct pas et pousse très vite à reprendre les rares anciens encore présents comme Ryu, Ken, Dhalsim ou Chun Li. Les nouveaux, on peut en parler : Laura Matsuda et ses arcs électriques ridicules, Necalli et ses grommellements bizarres, Rashid le combattant kikoolol, Birdie et son bide dégueulasse… Mentions spéciales pour Ken et sa coupe de cheveux foireuse et F.A.N.G. pour… tout ! En outre, les joueurs vont devoir attendre les prochaines mises à jour et les prochains DLC pour jouer avec Alex, Mr Bison, Guile, Ibuki, Juri, et Urien. Quant aux décors, très réussis, très peu sont disponibles et il n’y en a même pas autant que le nombre de personnages.

Street Fighter V

Pour le contenu actuel proposé par le jeu, il faut également passer par un menu brouillon, peu inspiré (une carte du monde comme fond) et surtout peu instinctif. Comme le jeu est ouvert aux monde du PC, il vous faut par exemple enregistrer le nom de votre adversaire pour pouvoir ensuite l’inviter à jouer. On perd du temps et cela agace. Plus ennuyeux encore, et c’est le défaut majeur à ce jour, les chargements et les recherches d’adversaires sont interminables, au point de rendre la musique insupportable. Pour couronner le tout, les joueurs ont du faire face aux caprices des serveurs de jeu. Déconnections intempestives (online et même local), recherches d’adversaires infructueuses : Street Fighter V a connu bien des déboires (en cours de résolution) au point que Capcom a du twitter une communication exclusive (@SFVServer) autour de ce fâcheux problème.

Street Fighter V

N’y a t-il donc que des défauts à retenir de Street Fighter V ? Non, heureusement, puisque la jouabilité exceptionnelle et caractéristique de ce jeu répond toujours présente. Réaliser des combos ou placer des finishs, bloquer et contrer par un coup spécial EX. On retrouve les bases et on note même plus d’agressivité dans le gameplay. L’ajout de nouvelles techniques grâce aux V-Skill et V-Trigger ont un côté gadget en plein combat mais il faut encore voir leur utilité à long terme.

Street Fighter V

Street Fighter V est donc une amère déception mais il ne faut pas encore s’arrêter à cette conclusion. Le jeu peut toujours – et on l’espère vivement ! – évoluer avec les mises à jour et les DLC à venir. Il est toutefois dommage que les joueurs pâtissent de ce modèle économique en vogue dans le monde du jeu vidéo. On avait d’ailleurs déjà vu cela avec DriveClub et d’autres jeux incomplets qui sont parfois sortis au prix fort. Pourra t-on toujours compter sur l’indulgence et le porte-monnaie des joueurs ? L’avenir proche de ce jeu nous le dira…

Street Fighter V

Street Fighter V, sur PS4
Concepteur : Yoshinori Ono
Développeur : Capcom
Editeur : Capcom
Date de sortie : 16 février 2016
Genre : combat
Supports : Microsoft Windows et PlayStation 4
PEGI : 12

Crédit photographique : ©CAPCOM U.S.A., INC. ALL RIGHTS RESERVED.

février 23, 2016

Nouvel An russe sur la Seine

Filed under: Critiques — Étiquettes : — Bernadette Plagemime @ 12:26

Sur la Seine à quelques pas du café l’Ecluse, un ancien cabaret qui attirait les foules tous les soirs, se trouvent plusieurs péniches dédiées aux arts. Fêter en musique le nouvel an russe au bord d’une péniche amarrée au pied de Notre-Dame est une façon originale de passer un dimanche après-midi.

Nouvel An russe sur la Seine

A bord de cette péniche, deux concerts qui rendent hommage à la nouvelle année russe sont au programme. Pour cet événement deux ensembles se sont produits : Le « Trio Tricord, un voyage à 10 cordes » suivi par « Les Cosaques, la magie des voix russes » ! A l’issu des concerts, le public a pu déguster des « zakouzkis » accompagnés de vodka ou de thé Russe.

Nouvel An russe sur la Seine

Pour le concert de la formation « Trio Tricord », la balalaïka était à l’honneur. Au sein de cet ensemble, l’instrument en question était représenté par la prima et la basse. Tout comme la tessiture de la voix, la balalaïka possède différents registres qui se définissent selon la taille de l’instrument. Par conséquent pour ce concert, le public découvre cet instrument sous sa plus petite taille et celle la plus grande. En outre, le jeu de main se distingue entre la prima et la basse ainsi que le positionnement du corps.

Nouvel An russe sur la Seine

La manche de la prima, étant bien plus courte et étroite, exige un jeu plus resserré. La main gauche utilise une variété de techniques selon le volume sonore recherché et le style d’accords ou de mélodie interprétés. La basse est d’une taille impressionnante et de forme triangulaire. Ses cordes très épaisses exigent une certaine force pour les faire vibrer. La prima et la basse sont accompagnées par le violon et pour certains morceaux le chant.

Nouvel An russe sur la Seine

La balalaïka est réputée pour sa sonorité délicate qui enamoure les auditeurs. Ses tonalités et ses jeux d’accords sont parfaits pour le poète qui souhaite s’accompagner de cet instrument afin de distiller un peu de romantisme dans l’air tel un parfum aux fragrances agréables. Cette musique de la balalaïka peut aussi inciter la danse avec son jeu plein d’entrain. Pour ceux qui connaissent peu la balalaïka, cette dernière les fait penser à sa cousine : la mandoline napolitaine.

Nouvel An russe sur la Seine

Avec un programme varié qui traverse les frontières au-delà la Russie pour aller vers d’autres contrées slaves et même encore plus loin jusqu’au Brésil. La reprise d’un air transylvanien par le « Trio Tricord » rappelle que la Roumanie de langue latine est un pays à part parmi les nations slaves. En revanche, le motif de la « Hora », qui se danse en cercle et se chante en ronde, se retrouve dans les pays voisins tels que la Bulgarie et la Serbie. Lors de ce concert, les morceaux russes chantés et joués avec la balalaïka sont à la fois d’une simplicité et d’une pureté qui enchantent le public. Ce répertoire comprend aussi les classiques de ce style de musique ainsi que quelques morceaux tsiganes.

Nouvel An russe sur la Seine

Un intermède inattendu a été proposé par une auditrice belge qui s’amusait à partager sa joie de jouer du piano. Sur un autre ton, elle a chanté un air émouvant ancré dans une histoire triste ayant pour fin de rassurer les enfants déportés. Lors du concert, une belle chanson yiddish aux sons des balalaïkas a été interprétée par le « Trio Tricord », qui parle de tout l’amour d’une mère pour son fils. Cette chanson imprégnée de douceur a profondément touché le public.

Nouvel An russe sur la Seine

Avec la nuit tombée, le duo musical « Les Cosaques » a fait son entrée en scène. Ils sont costumés à l’ancienne et chaussés de leurs bottes noires typique de ces gardiens des frontières. De leur présence sur scène émane un sentiment de vitalité. Leurs postures démontrent qu’ils sont bien enracinés sur les planches de la scène devenue leur terre natale le temps de ce concert. Cette attitude leur donne une certaine prestance rappelant ce rapport particulier avec le sol de leur patrie.

Nouvel An russe sur la Seine

Le chanteur qui possède une voix lyrique jouait en même temps un instrument dont la tige et les parties courbées sont peintes d’un fond sombre et rouge, ornées de motifs fleuris qui rappellent les petites boîtes ovales et précieuses d’une princesse. Ces chansons dont la plupart remonte à l’époque des Tsars de cet immense pays, font resplendir non seulement l’âme slave mais aussi celle de toutes les russies dans toute sa profondeur, sa nostalgie, sa joie, sa diversité et sa richesse culturelle !

Nouvel An russe sur la Seine

Crédit photographique : Bernadette Plagemime

février 21, 2016

Trouver son animal totem !

Filed under: Critiques — Étiquettes : — Bernadette Plagemime @ 4:11

Durant la période des fêtes, une exposition installée sur l’esplanade de l’Hôtel de Ville de Paris a été dédiée aux animaux de « l’Arche de Noé ». Avec les tours de Notre-Dame en arrière-plan, le thème biblique remonte à la surface. En revanche, dans un soucis climatique, le matériau utilisé pour les représentations des animaux sont d’un ton plutôt moderne. Ces derniers provenant pour la plupart de pays chauds semblent déplacés dans ce contexte hivernal d’autant plus que la façade monumentale de cette mairie est ornée de pins couverts de neige et de glace. Dans un tel environnement nordique, les rennes, les pingouins et les phoques ou encore le tigre de Sibérie trouvent leurs places en plein air et surtout en plein froid avec cette saison hivernale.

Trouver son animal totem !

D’un autre côté, ce matériau innovant a l’allure d’un verre teinté. Toute la magie de ces sculptures réside dans le fait que le visiteur en les regardant a l’impression de voir des flaques d’eau gelées ayant pris la forme ou plutôt la silhouette d’un animal de « l’Arche de Noé ». Deux plaques, montrant chacune le profil de l’animal, sont montées sur un socle. En laissant un peu d’espace entre celles-ci, cela donne le sentiment qu’ils se dédoublent. Afin de donner de la texture à ces œuvres, la surface de ce verre acrylique n’est pas lisse. Peut-on pour autant les désigner comme des sculptures ? Même si elles sont posées sur un socle, celles-ci ne le sont pas vraiment puisqu’elles n’ont pas été configurées en trois dimensions.

Trouver son animal totem !

Si ces œuvres devaient tomber, ce matériau robuste résiste au choc. Celui-ci possède une autre qualité qui concerne la lumière du jour. Ce verre acrylique détient dans sa fabrique une manière de refléter la lumière qui se distingue de celle de la glace. Il est dit que ce matériau capture la luminosité d’une façon plus intense. Il tout de même difficile de croire que ce matériau puisse dans ce domaine dépasser les vitraux d’une cathédrale tels ceux de Chartres réputés mondialement. Toutefois, il s’avère que les tonalités se modifient selon la clarté de la lumière. Ces couleurs de bases et leurs diverses tonalités, qui se modifient selon les rayons du soleil, sont un des points intéressants de cette exposition.

Trouver son animal totem !

Ces animaux de « l’Arche de Noé », lâchés en plein centre-ville de la capitale, sont regroupés dans un espace circonscrit par des barrières métalliques laissant seulement une ouverture de la taille d’une porte. Avec une quantité de 140 œuvres, les passants, une fois à l’intérieur de cet espace délimité, se retrouvent parmi cette assemblée d’animaux habitués aux grands espaces. Enfermés et immobiles, ces fauves donnent entre-autres l’impression d’être bien vivants même si leurs postures ne font qu’esquisser le mouvement !

Trouver son animal totem !

La luminosité changeante, qui modifie la clarté de leurs couleurs vives, aurait plu aux peintres du mouvement « Fauves ». Lorsqu’on se promène parmi ses bêtes sauvages, il est facile de s’égarer d’autant plus que certains animaux sont dédoublés à plusieurs reprises. Si vous prenez le loup comme point de repère, cela peut évidemment vous amener à vous égarer. Le loup de couleur rouge écarlate figure comme l’animal le plus représenté durant cette exposition.

Trouver son animal totem !

En outre, parcourir cet espace prend l’allure d’un labyrinthe. On peut facilement s’y perdre puisque chaque visiteur peut se trouver à plusieurs occasions face au même animal. Le loup, le lion et la panthère sont certainement les plus réussis avec les rennes ainsi que la girafe au physique particulier, qui s’impose au-dessus tous les autres.

Trouver son animal totem !

Le pingouin d’allure tranquille et réfléchie est accompagné du phoque. Afin de créer du contraste, ce dernier est d’une apparence comique. Cela revient au choix des postures et des expressions. Dans l’ensemble, ces animaux, d’après l’expressivité de leurs corps et des leurs visages, prennent le plaisir d’exister.

Trouver son animal totem !

L’animal, le plus représenté de par sa couleur vive et son attitude, tend son cou vers le haut pour hurler à travers la steppe devenue l’esplanade. Ainsi il signale sa présence pour se désigner : celui qui règne sur tous les autres animaux. Le lion avec sa posture majestueuse semble avoir un regard panoramique sur tout ce qui se passe autour de lui. La panthère rusée et intelligente est toute ouïe. Elle agit en douceur avec suavité. La girafe par sa grande taille retient le regard. Les rennes sont magnifiques à voir de par l’élégance de leurs bois et de par leur démarche rendue statique mais s’inscrivant tout de même dans une sensation de mouvement.

Trouver son animal totem !

Effectivement, dans l’ensemble, ces animaux sont d’une allure pleine de vie par le choix des postures et des expressions. Chaque animal a ses traits de caractère physique et spirituel. Il est courant chez les comédiens, lorsqu’il s’agit d’interpréter un rôle de composition, de penser à un animal précis pour faire ressortir les traits de caractère d’un personnage. Parfois, il s’agit même d’en croiser deux à la fois tout comme le pingouin qui peut se transformer en pélican et s’envoler avec les nouveau-nés. Dans les croyances chamaniques, il est dit que chaque être possède au moins un animal totem.

Trouver son animal totem !

Se promener parmi tant d’animaux aux couleurs vives et aux silhouettes ciselées conduit chacun à trouver son animal totem à travers cette sorte de labyrinthe. Chaque silhouette, couleur et tonalité représente en quelque sorte leur essence et leurs humeurs caractéristiques. Certains aimeront les rennes pour leur tempérament à la fois doux et plein de force sans oublier le tigre passionné et excité ou encore l’âne réputé pour sa fermeté. En revanche, d’autres préférons les kangourous remplis d’une vitalité et d’une joie ne cessant jamais de rebondir ou encore le panda pour sa sagesse et sa tranquillité. Chaque être correspond en effet à un animal. A chacun de trouver son animal totem parmi ceux de L’Arche de Noé Climat !

Trouver son animal totem !

Plus d’informations :

Arche de Noé Climat

Crédit photographique : Bernadette Plagemime

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