Petit retour, à la fin de cette année 2009, sur les bonnes trouvailles qu’on a pu y faire, les mauvaises rencontres qu’on a croisées en chemin et quelques titres qui n’ont pas été évoqués cette année (pour des raisons diverses et variées mais toujours excellentes) mais qui mériteraient qu’on s’y arrête …
Livres à lire et à relire :

Junk de Melvin Burgess : Première parution au format poche de ce roman inspiré de faits réels, classique de la littérature pour adolescents. Dans l’Angleterre des années 1990, deux jeunes de 14 ans vont plonger dans l’enfer de l’héroïne. Une fresque contemporaine, amère et puissante.
La fonction du balai de David Foster Wallace : Avec ce premier roman (traduit en français près de vingt ans après sa parution originale), Foster Wallace nous entraîne dans un univers cruel et burlesque, où l’absurde ne connaît pas de limites. Un ouvrage impertinent et décalé, dans la veine de David Lynch ou Thomas Pynchon, qui dénonce par ses excès ceux de la société consumériste américaine.
L’École des dingues de Cornelia Read : Pari réussi pour ce deuxième opus des aventures de Madeline Dare, publié deux ans après Champs d’ombre, le premier roman de Cornelia Read. On retrouve avec plaisir cette héroïne hors normes, acide et impétueuse, et le regard cynique de l’auteur sur la société WASP américaine des années 1980. Un polar sombre et drôle, qui gagne en rythme ce que Champs d’ombre perdait en bavardages.
Livres à refermer (voire à ne pas ouvrir) :
L’Enveloppe noire de Norman Manea : Pesant, contemplatif, nombriliste, faussement schizophrène et ennuyeux à mourir. En un mot : rébarbatif. Ce roman, qui décrit le parcours d’un homme pour découvrir la vérité sur la mort de son père dans la Roumanie totalitaire de Ceau?escu, est un véritable remède contre l’insomnie. Son volume relativement impressionnant offre cependant d’autres usages, quoique moins académiques : il calera aisément un vieux bahut bancal ou permettra de chasser un intrus de chez soi (aussi efficace au lancer qu’en arme de poing).
Tout ce qui est mauvais est bon pour vous de Steven Johnson : Un essai dans lequel l’auteur développe une théorie intéressante : la télévision et les jeux vidéos, qui de l’avis général, ont un effet abrutissant sur la jeunesse, nous rendent en fait plus intelligents. Johnson ne va malheureusement pas au bout de ses idées, se contente de les exposer sur deux cents pages, sans jamais parvenir à une conclusion. Décevant.
Jusqu’à ce que la mort nous unisse de Karine Giebel : Un roman policier qui ne mérite peut-être pas sa place dans ce classement, c’est vrai. Plutôt bien écrit, il se lit sans difficultés, presque avec plaisir. Mais tout y est trop bien ficelé pour qu’on ne s’y ennuie pas. Sans surprises, il ne fait certainement pas partie des thrillers qui nous empêchent de dormir la nuit. Et – faut-il l’avouer ? – un mois après l’avoir refermé, on n’en garde pas un souvenir impérissable …
Livres à essayer :
Six pieds sous terre de Ray French1.
Pour protester contre la fermeture de l’usine dans laquelle il travaille, Aidan, quinquagénaire gallois, a l’idée folle de s’enterrer vivant dans son propre jardin. Épaulé par ses collègues ainsi que par son fils, Aidan ne se doute pas des proportions que va prendre cette aventure… Un roman à l’anglaise, décalé et émouvant, à l’ère de la délocalisation.
La pluie, avant qu’elle tombe de Jonathan Coe2.
Rosamond vient de mourir, et elle a laissé un bien étrange testament : un enregistrement, adressé à une certaine Imogen, que sa nièce va devoir écouter afin de pouvoir le lui transmettre. Un roman subtil et poignant, qui nous emmène dans les sombres secrets de la vieille dame. Sentimental sans pour autant être mièvre, grave sans jamais tomber dans le pathos, cet ouvrage est sans conteste le plus abouti du romancier britannique.
Ce que je sais de Vera Candida de Véronique Ovaldé3.
À quinze ans, Vera Candida quitte la petite île de Vatapuna pour fuir le destin qui a été celui de sa mère, et de sa grand-mère avant elle : devoir dissimuler à sa fille le nom de son géniteur, tout en vivant constamment dans son ombre. Véronique Ovaldé parvient à faire de ce qui pourrait être une banale tragédie familiale, glauque et misérable, un roman envoûtant, parfois drôle et toujours bien écrit. On lit avec plaisir cette histoire qu’on n’imaginerait pas aimer, très justement récompensée par le prix Renaudot des lycéens 2009.
Initialement paru sur Culturofil.net
1. Éditions 10/18, septembre 2009.
2. Éditions Gallimard, janvier 2009
3. Éditions de L’Olivier, août 2009.









Un Commentaire
je viens de lire Junk que ma fille avait adoré, j’ai trouvé ça vraiment très noir, trop noir.