Une sélection de disques marquants qui n’est pas un classement à proprement parler. Pas d’ordre de préférence, ni d’exhaustivité exigée donc dans cette liste qui essaye de couvrir tous les aspects de la sélection des disques chroniqués ces derniers mois : du folk au hip-hop en passant par le rock et la pop.

Cinq disques marquants de l’année 2009 :
Grand Master Flash – The Bridge, Concept of a Culture : S’il est de plus en plus difficile de passer à côté de l’influence du hip-hop dans la musique actuelle, il est cependant assez aisé d’oublier d’où ce mouvement musical vient tant son message originel, politique et social, a été dévoyé. Tout en nuances et en délicatesse, Grand Master Flash rappelle pourtant cette évidence aux jeunes générations qu’il renvoie avec élégance sur les bancs de l’école du groove.
Sophie Hunger – Wooden Arms : Dans sa chronique du disque, en mai, Thomas parlait d’un disque idéal pour l’hiver, ce qui ne nous avait pas empêché de l’adorer à la rédaction dès le printemps. Les grands froids venus, le disque est encore plus savoureux.
Phantom Feat. Lio : Jacques Duvall a réussi à marquer de son empreinte deux très bons albums parus cette année, ce qui mine de rien est un exploit quand dans le milieu musical français, on peine à produire un bel effort par an. Il mérite donc tous les applaudissements pour avoir transformé Lio en icône rock’n’roll crédible plutôt qu’en potiche télévisuelle placée à côté de Philippe Manœuvre1.
Mustang – A71 : Quand, en 1974, Coluche chantait le blues de Clermont Ferrand, personne n’imaginait que, 35 ans plus tard, un des meilleurs albums rock de l’année viendrait d’Auvergne. Pourtant, l’A71 n’a désormais plus rien à envier à la route 66 et Mustang impressionne en délivrant un rock old-school d’une qualité rare, à la fois spontané et écrit avec une justesse inédite.
Les déceptions de l’année 2009 : C’est la mort, sa simple hypothèse, sa présence et même ses conséquences parfois navrantes qui auront décidément marqué 2009.

La santé de Johnny Hallyday : C’est le reflet le plus abject de notre société hyper-médiatique qui nous a été offert à cette occasion. Une cohorte de journalistes s’amasse sur un trottoir de Los Angeles pour ne rien dire à propos d’une vedette d’importance artistique mineure. Mérite-t-on vraiment d’assister à cette tragi-comédie à part pour méditer sur les travers de notre société du spectacle ?
La disparition d’Alain Bashung : Il y aurait aussi beaucoup à dire sur cette dernière image d’un Bashung amoindri venant recevoir une récompense de plus devant le parterre compassé2 des « professionnels de la profession ». Mais, l’absence de Bashung parle d’elle-même, plus douloureuse à supporter que ce spectacle dont il est, même aujourd’hui, difficile de savoir s’il était approprié ou déplacé.
La mort du King of Pop : En l’espace de quelques heures, Michael Jackson est passé du statut de has-been assez peu recommandable à celui de Saint Bambi, icône planétaire innocente de tout et géniale. La postérité arrange bien des choses, certes … Mais là, c’était trop. Jackson fut peut-être le plus grand talent de ce siècle qui ait jamais été broyé par le système du show-businees mais cela impliquait-il que quelques rapaces profitent de l’occasion pour faire de la pub pour leurs fripes (Audigier) ou un nouveau bouquin minable (Moix) ?
Le décès de Jacno : A la tristesse de sa disparition s’est ajouté un pesant silence sur tout ce que cet homme a fait et représenté pour une génération musicale en France. Une erreur à réparer, vite, en rééditant, par exemple, les pans de sa discographie indisponibles.
Initialement paru sur Culturofil.net
1. A propos duquel personne ne fera de commentaires.
2. Le premier qui n’ajoute pas immédiatement « présents et à venir » me copie l’intégrale des textes de Desproges, histoire de réviser ses classiques.








