Dans le Dernier été de mon enfance, Shin Takahashi crée une adaptation très libre des Aventures de Tom Sawyer, célèbre roman de Mark Twain. Meurtre, chasse au trésor et fugues organisées sont au menu de ce one-shot 1 mêlant romance et aventures initiatiques. Un choix surprenant pour l’auteur de Larme Ultime, habitué à l’univers de la science-fiction.
Haru, une jeune étudiante en arts plastiques, apprend subitement la mort de sa mère. Afin d’assister à ses funérailles, elle retourne dans son village. Exclue par les habitants de cette petite bourgade, elle parvient à s’intégrer en faisant la rencontre d’un jeune garçon nommé Taro. Devenant rapidement complices, malgré leur différence d’âge, ils vont traverser de nombreuses aventures à commencer par un épisode macabre faisant d’eux les témoins d’un meurtre sanglant.

Fort de son succès, le roman de Mark Twain a connu différentes adaptations modifiant l’intrigue aussi bien que le héros – le dessin animé en particulier 2. Ainsi le mythe populaire se constituant ces dernières décennies occulte l’esprit de l’œuvre pour s’en tenir aux petits actes de rébellion de Tom et des garnements gravitant autour de lui. Les fans de l’anime - voulant retrouver les traits de cet indiscipliné maté par les coups de fouet de tante Polly - seront déçus car ce manga renoue avec l’œuvre originelle. Shin Takahashi choisit de s’approprier ce roman d’apprentissage, en s’inspirant d’un souvenir personnel, pour en faire un hymne à l’enfance et à l’amitié. Ce dernier été apparaît comme la fin d’une époque pour Haru qui, contrairement aux autres personnages, a déjà atteint l’âge adulte sans en avoir la maturité.
La psychologie et la spontanéité des protagonistes fait éminemment référence à l’œuvre de Twain. Si Tom Sawyer incarne un orphelin courageux, symbole de liberté et d’anticonformisme, le personnage de Taro (beaucoup moins rétif et opiniâtre) semble être son alter égo – voire celui d’Huckleberry Finn. Beaucoup plus rationnelle, Haru se trouve déjà dans cette période latente qui lui permettra d’entrer dans le monde des adultes, ce qui la rend quasi insignifiante comparée à son acolyte.
Malgré l’originalité de ce manga et les nombreuses références qu’il propose – on retrouve des clins d’œil à One Piece mais aussi à Peter Pan – on attendait mieux de cette adaptation. S’il s’agit d’un exercice difficile, le manga comporte néanmoins des maladresses ne permettant pas au lecteur d’adhérer rapidement à l’histoire. Parfois fastidieux, le récit se constitue d’évènements épisodiques souvent mal retranscrits, tant par le graphisme, que par les dialogues, bémol que le caracter designer ne permet pas d’altérer.
Le Dernier été de mon enfance reste néanmoins une fresque intimiste, symbole d’une enfance libre et exaltée, permettant au lecteur de renouer avec ses propres souvenirs. Une escapade agréable qui plaira certainement aux fans de l’auteur.
Le Dernier été de mon enfance, scénario et dessins dirigés par Shin Takahashi, paru le 13 janvier 2010
Éditions Akata/Delcourt
Crédit photographique : Shin Takahashi
1. Bande dessinée composée d’un seul tome.
2. Tomu S?y? no B?ken, série animée de 49 épisodes diffusée sur Fuji Tv, puis en France dans l’émission Récré A2 en 1982.
Mots-clefs :Littérature, Mangas







