Le Maître du titre, c’est Henry James, l’écrivain, Américain naturalisé anglais sur la fin de sa vie et qui a vécu une quinzaine d’années à Lamb House, dans la campagne anglaise, l’un des décors de ce roman. Martha Grimes, l’auteur, est américaine elle aussi, option British, elle aussi : son héros récurrent est un enquêteur du Yard (Scotland Yard), Richard Jury.

Vingt-troisième aventure du commissaire, La Maison du Maître rend hommage à l’univers de Henry James et à une certaine tradition britannique du roman policier, sans doute comme les autres enquêtes de Jury : pour confirmer l’hypothèse, il faudrait compléter cette première lecture-découverte de l’auteur avec quelques uns de ses romans précédents. D’ailleurs, sans être une révélation ni un ouvrage génial, La Maison du Maître, en permettant de jeter un coup d’œil sur l’univers créé par Martha Grimes, donne envie de lire d’autres livres de ses livres. Un peu comme on reprendrait bien une tasse de thé au coin du feu, pas tant pour la qualité intrinsèque dudit thé ? ce roman n’est que « pas mal » ? que pour l’atmosphère et l’idée, confortable en soi, de prendre le thé au coin du feu. On retrouve avec plaisir dans La Maison du Maître des éléments familiers du mode de vie britannique décrit dans nombre d’histoires : coins de feu et tea time justement, ambiance des clubs pour Gentlemen only, soubrettes de la bonne société, beaux quartiers, etc. Yes indeed, on navigue dans une atmosphère composée de touches qui rendent hommage à deux autres maîtres, de la littérature policière cette fois : Conan Doyle et Agatha Christie.
Bonne société londonienne, vengeance prenant sa source dans le passé, sombre histoire de nazis et d’assassinat d’enfant : Richard Jury enquête, aidé par des personnes de son entourage, un ami aristocrate, archétype de l’Anglais, une amie médecin légiste, un jeune SDF de 13 ans. L’embêtant, c’est que l’auteur ne va pas au fond des choses et fait comme si tous les lecteurs avaient une connaissance du background de ses personnages récurrents. Flemme ou maladresse, le résultat est que le lecteur, ici la lectrice, qui lit pour la première fois le récit d’une aventure de Richard Jury est contrarié-e : on sent que telle ou telle chose fait référence à des événements connus des habitués, mais on ne comprend pas ou on ne saisit pas, faute d’informations suffisantes. Du coup on se sent exclu, comme les auditeurs d’une private joke qui ne font pas partie du cercle des initiés. C’est dommage, parce que l’univers de Jury est plaisant et en matière de roman policier avec héros récurrent, c’est comme dans les contes de fées : la répétition fait partie du plaisir de la lecture.
À moins que cela ne soit volontaire et cache une tactique à mi-chemin entre technique romanesque et marketing : on appâte le lecteur, juste pour qu’il reste sur sa faim et qu’il ait envie de lire les précédentes aventures de Richard Jury pour comprendre les tenants et aboutissants des sous-entendus… Ou encore Martha Grimes a cédé à la facilité, ce qui est peut-être la bonne explication, car en plus de l’aspect évoqué ci-dessus, il y a un autre défaut majeur : certains événements ou personnages sont juste évoqués en passant, sans que leur mention soit justifiée ; on les croise sans les revoir, d’où sentiment de frustration agacée et surtout, l’explication du pourquoi du comment du meurtre de Billy Maples est confuse, perdue dans des méandres insuffisamment maîtrisés par le narrateur.
Dommage, yes indeed !
La Maison du Maître de Martha Grimes
346 pages
Parution le 7 janvier
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Dominique Wattwiller
Titre original : Dust
Éditions Presses de la Cité/Collection Sang d’Encre









11 Commentaires
Je suis Jury et Melrose Plant depuis leur création, et suis fan de leur joyeuse et intelligente bande d’amis. Et pourtant comme vous je reste complètement sur ma faim depuis deux ou trois romans qui s’achèvent sans s’achever vraiement et sans que l’on comprenne vraiment ce qui s’est passé. Pour couronner le tout on n’échappe pas à la rencontre torride du héros avec une fliquette super sexy!…. commerçial dites -vous ?
je ne comprends pas ce que vous voulez dire
Bonsoir,
Je veux simplement dire que l’auteur me semble céder à la facilité et que c’est peut-être dû à une tactique de marketing pour faire vendre.
Inconditionnelle de M G , j’ai trouvé ce nouveau roman à la limite du vulgaire ( situations , expressions ) mais je pense que cela vient en grande partie de la traduction . Dommage !
Je connais également l’univers de Jury et Melrose mais ici je suis completement larguée!!!Je suis restée sur ma faim, j’ai pas compris la fin….
Id, j’aime beaucoup Martha Grimes mais je trouve que les situation, ainsi que les manières de Jury deviennent vulgaires (traduction ? elle évite cependant par ailleurs toutes les fautes de français si fréquentes dans les traducs) et je n’ai rien compris à la fin : j’ai même cru qu’il manquait des pages !
très déçue par ma dernière lecture de Martha Grimes , la fin est tellement confuse que j’ai pensé avoir sauté des pages , Jury en bête de sexe wof !!!
je suis une fan de Martha Grimes et la maison du maitre est pour moi un livre nul il n’y a presque plus la présence de leur groupe d’ami dans leur pub avec tous leurs avis plus ou moins fantaisistes ici il n’y a que des scènes torrides entre Jury et Lu Aguilar (nana détestable) et la fin est tellement sybilline que je ne sais toujours pas qui est l’assassin et pourquoi des coincidences quasi impossibles : bref que se passe t il chez l’auteur ????? peut être l’éditeur a fait pression pour le sexe mais cela n’explique pas l’absence d’explication du meutrier et surtout qui il est
dorénavant j’achèterai ses livres en poche
Je n’ai pas du tout compris quel est est le lien entre la cuisinière et Billy Maples. Une idée de vengeance mais pourquoi? C’est assez déroutant… J’aurais aimer une fin plus élucidée. Ou alors qu’elle nous laisse avec un petit doute… Sauf qu’ici, je n’ai rien compris. J’ai relu plusieurs fois certains passages intéressants mais je ne vois rien. Je pensais trouver la réponse sur ce site, mais apparemment il n’y a pas d’explication. Bref, 35$ pour ne rien comprendre à la fin =(
Contente de voir que je ne suis pas la seule à ne rien comprendre … Qui a poussé les 2 soeurs de la cuisinière ? Même Plant et Wiggins n’ont pas trouvé !
Soulagée de lire les commentaires!
Je termine le livre à l’instant avec un gros malaise: je n’ai rien compris non plus. Etant légèrement grippée, je me disais avoir le neurone sur « of », mais non…
Dommage, vraiment dommage.