L’assassinat de quatre touristes italiens dans le Sahara, revendiqué par le groupe terroriste al-Qaida au Maghreb islamique, met en alerte les services secrets algériens. Ces derniers, craignant que cet attentat ne soit que la partie visible d’un plus vaste projet, et après le refus de la CIA de prendre leurs inquiétudes au sérieux, confient l’enquête à l’agence Providence1. Dimitri, un jeune médecin formé à l’action secrète, est chargé de démêler les fils de l’histoire. Sa route croisera celle de Jasmine, une fonctionnaire du Quai d’Orsay, présente en Mauritanie pour des raisons prétendument humanitaires mais qui cachent des motifs plus obscurs. La tâche principale des agents de Providence sera alors de découvrir qui est réellement cette femme, et le rôle qu’elle tient dans cette tortueuse affaire…

Katiba est, sans conteste, un très bon roman. Qu’on le considère à l’aune des critères du roman d’espionnage, ou de ceux du roman tout court, il n’y a décidément rien à jeter dans cet ouvrage dense, bien écrit, aux personnages et à la trame habilement tracés. Au point que c’en est presque agaçant. Car que dire de plus, dès lors qu’on a établi que le nouveau Rufin était une réussite ?
Bien sûr, on peut s’épancher sur le talent de l’auteur, qui sait mettre à profit la pluralité de ses casquettes : médecin, ancien président d’Action contre la faim (et avant vice-président de Médecins sans frontières), ambassadeur de France à Dakar, et cela va de soi homme de lettres, le plus jeune de nos académiciens se sert avec brio de son expérience pour nous entraîner dans son récit. Son écriture fine et précise nous emporte, la subtilité de ses personnages nous séduit. Un autre aspect positif réside dans la clarté du propos qui permet au néophyte comme au spécialiste du roman d’espionnage d’apprécier sa lecture.
Parmi toutes les qualités de ce roman, n’oublions pas de rapporter sa concision, car c’est un trait qu’on a rarement l’occasion d’admirer. Pas une longueur, tout au long de cet opus de moins de 400 pages. Est-ce par esprit de contradiction ? Pour une fois, on déplore presque cette brièveté…
1. L’agence de renseignements Providence, dirigée par Archie (Archibald Morton), un ex-patron de la CIA est déjà au coeur de l’intrigue du précédent roman de Jean-Christophe Rufin, le Parfum d’Adam.
Katiba de Jean-Christophe Rufin
386 pages
Éditions Flammarion
Paru le 21 avril 2010
Crédit photographique : édtions Flammarion








