À cinq minutes de la mer et à cinquante en voiture de la gare la plus proche se trouve un internat exclusivement réservé aux garçons appelé Seiho. Maki et Hanai sont des adolescents ordinaires mais très différents, le premier répugne à évoluer dans cet endroit déserté par la gente féminine, le second se trouve dans son élément. Après 100 % Doubt et les considérations futiles d’une jeune fille en quête d’amour, Kaneyoshi Izumi reprend sa plume sans convaincre pour autant.
Au lycée Seiho, surnommé « L’Alcatraz japonais », 312 garçons poursuivent leur scolarité sans aucun contact avec le beau sexe. Peu d’entre eux s’accommodent de cette situation pour le moins frustrante, si bien que dès qu’une jeune fille apparaît l’internat est aux abois. Maki, le narrateur de l’histoire (du moins on le suppose tant le point de vue est déstructuré), cherche en vain à calmer ses pulsions mais n’y parvient guère à l’instar de ses camarades. Hanai, efféminé et largement attiré par les hommes, se révèle enfin après avoir joué la comédie durant tout le collège.
L’histoire de cette série est centrée sur le quotidien de ces adolescents découvrant que « les filles en 3D sont vraiment cruelles ». Au cours du premier tome trois histoires s’enchaînent afin de présenter les personnages principaux, Kaneyoshi Izumi fait intervenir quelques personnages féminins, éléments perturbateurs jetés dans la fosse aux lions, pour pimenter une action incohérente et dépourvue d’intérêt. L’auteur tente maladroitement de jouer avec le ridicule de certaines situations pour provoquer le rire sans toujours y parvenir. Car si l’idée de départ est louable – celle de narrer les aventures intimistes de garçons vivant dans un lieu confiné – Seiho men’s school n’en reste pas moins une fresque indigeste, parfois même sommaire. Les adolescents, trop longtemps exilés, ne sont plus capables de communiquer avec les filles et toutes leurs tentatives échouent. Kaneyoshi Izumi pousse ce décalage à son paroxysme en créant des personnages parfois primaires voire inutilement grossiers – bien entendu on se dispensera de justifier ce propos par des citations vulgaires…
Le style confus de Kaneyoshi Izumi se perçoit aussi dans le graphisme. Alors que la physionomie des personnages demeure soignée, la taille de ces derniers oscille constamment leur donnant parfois une impression de grandeur virile ou à contrario une petitesse insignifiante. Si l’auteur pensait ainsi transposer certains traits de caractère au physique c’est raté, à l’exception d’Hanai dont la posture – masculine ou efféminée – change en fonction des personnes qu’il côtoie.
Dans cette série on retrouve les mêmes défauts que dans 100 % Doubt : peu d’originalité et un style qui ne demande qu’à être maîtrisé. Patience, cela viendra peut-être…
Seiho men’s school tome 1, scénario et dessins de Kaneyoshi Izumi paru le 22 avril 2010
Editions Kaze manga
Crédit photographique : Kaneyoshi Izumi









Un Rétrolien
[...] Au-delà de cette impression de déjà-vu, Stray Love Hearts n’en demeure pas moins une œuvre de qualité, notamment grâce au point de vue élaboré par la mangaka. À travers les multiples déménagements d’Hiyoki, changeant de chambre toutes les semaines avec la même appréhension, le lecteur découvre l’intimité et les secrets de chaque personnage – trop nombreux, signalons-le tout de même. Un procédé intéressant qui évite de présenter les protagonistes en ayant recours à des épisodes anecdotiques et sans intérêt, comme on peut le regretter souvent dans les mangas. [...]