La magie du Couvre Feu a encore frappé avec une programmation plus riche que jamais ! La soirée du vendredi débuta avec La Parade des Mensonges, du théâtre de rue en musique avant que Kocani Orkestar nous invite à un voyage balkanique mêlant rythmes turcs, bulgares et orientaux, dans une ambiance jazzy qui m’impressionna avec des chansons très enivrantes. Le voyage au Couvre Feu continua avec un groupe venu d’Angers, Nouvel R. Il manquait quelque chose à ce show : une profondeur des textes (le rap c’est les mots avant tout et non une marionnette se trouvant très cool parce qu’elle porte un baggy qui descend jusqu’aux genoux) et une dose d’originalité. Trop fade pour moi, je préférais me presser sous la grande scène – une heure en avance – pour le live de ceux qui étaient l’une des têtes d’affiche de cette première journée : La Rue Kétanou.
Il sera préférable de noter que je suis un fervent admirateur du trio, qu’ils ont fait naître en moi une manière plus gaie d’apprécier les voyages, l’humain ou simplement la vie.

La Rue Kétanou ouvre le bal sous un chapiteau étoilé avec Les Derniers Aventuriers, un hymne inconditionnel à la vie et une main tendue aux sans-papiers, ceux qui prennent les frontières à contre sens. Ces amoureux des gens, des aventures, des femmes et de la vie de bohème nous ont rappelé qu’ils ont chanté l’espoir avec Les Cigales, cette parade qui fit boum boum dans les oreilles. On n’était pas étonné de voir tout le chapiteau scander les poings levés bien haut une parade d’espérance, qui fait chanter et danser. Mourad joua sur Les Mots le temps de nous inviter chez Olivier au Portugal. Ainsi, l’ambiance entraînante pleine de poésies de sa guitare et l’accordéon de Florent nous réchauffaient le cœur avec São Loucas et à cet instant je fus envahi par un soulagement, moi qui avait peur que la devise Liberté Égalité Fraternité tombait en miette. Ils ne sont pas Rimbaud et pourtant à base de leurs poésies rurales, baba-cool et punk bras dessus bras dessous ont eu un besoin de vivre sur Ma faute à toi. Mourad et Olivier nous expliquèrent que la chanson qui suivit fut écrite pour leur cher accordéoniste Florent Vintrigner. Notre ami ne se doutait pas qu’à force de chercher son Amérique c’est la Hongrie qui est venue le trouver, nous non plus on ne se doutait pas que nos tontons vont tous devenir papas et laisser ainsi leurs bambins colorier leur vie (et leur disque) en rose, n’est ce pas papa ? Nous restâmes dans cette joie fraternelle, et qu’elle fut mon enchantement quand La Rue Ketanou dédièrent la chanson Impossible à leurs amis Les Ogres de Barback.
Les chansons n’appartiennent
Qu’à ceux qui les laissent sans voyager
Pour qu’on puisse encore les chanter
Sans qu’elles aient besoin de papiers
Et tout le monde pourra les entendre
Si nos oreilles sont accrochées
Aux cœurs qui battent la mesure
Du temps qui ne veut pas s’arrêter
Un concert de La Rue Kétanou c’est un grand et beau moment de convivialité, de partage, d’amour et de bonheur. Une évasion qui te fait oublier que dehors certains piétinent une pauvre devise, héritage du passé. Un concert de La Rue Kétanou c’est toutes ces lueurs et petites étoiles dans les yeux de ta voisine, qui mine de rien était à son premier show de ces amoureux de la vie, et qui avait le sourire jusqu’aux oreilles. Le sourire ? Comme celui que j’ai eu sur Les Hommes que j’aime, et qui m’a poursuivit jusqu’au lendemain. Je lève mon cœur à la tendresse de ces voyous, ce soir-là sous un chapiteau 5 étoiles, la magie opéra.

Pour des raisons de santé -fallait quand même se remettre du concert de La Rue Kétanou et récupérer le peu qui nous restait d’énergie-, le concert de Jaqee dont le répertoire musicale pourrait faire penser à une Amy Winehouse revisitant magistralement le reggae des 70’s fut très court. Le temps de savourer quelques airs attachants sous un ciel trois étoiles et les étoiles de La Rue Kétanou encore plein nos yeux.

Deuxième tête d’affiche de la soirée : la formation Pendulum, un des groupes phares de la scène Drum ‘n Bass / Jungle. C’était perdu d’avance, le style n’était pas de ceux qui me tenaient à cœur. Et pourtant, après seulement trois morceaux, je me retrouvais en pleine frénésie et pogo sur du beat très lourd, accompagné de lignes de basses profondes et quelques guitares rageuses. L’atmosphère très futuriste dégagée par les australiens -résidant en Angleterre- me rappela que des fois il est intéressant de visiter les comtés musicaux les plus énigmatiques et qui sont à des années lumières de nos préférences artistiques.

Petit chapiteau, 1h du matin et quelques bières pour se remettre en forme, nous voici prêt pour les excentriques Ultra Vomit. Assister à un concert de ces loufoques nantais c’est prendre le risque de mourir trois fois de rire, voir plus. Une première fois quand on découvre leurs fameuses parodies déjantés, une deuxième fois quand on se retourne et on remarque la moitié du public complétement hilare, et une troisième fois quand les bières ont fait de l’effet on se rappela du massacre en règle du standard Une souris verte. Ultra Vomit c’est une heure de musique gerbée à tout va et complètement assumée ! Le ridicule ne tue pas, surtout pas pour nos oreilles. Alors on se surprend à sautiller sur une version death de Tirlipinpon sur le chihuahua de Carlos, ou hurler à cœur joie sur un spectateur -à la demande du groupe- qu’il n’est qu’un sacré connard. Rien n’est laissé au hasard avec Ultra Vomit, tout est parfait dans la dérision et l’humour. Certes, on ne collectionne pas des canards (vivants) mais on est sorti bien heureux de cette aventure humoristique. A refaire !
Crédit Photo : Mr Guep









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