Le premier article de cette série sur la musique brésilienne se concluait vers la fin de la Seconde guerre mondiale. Le dictateur Getúlio Vargas brésilien a soutenu les forces de l’Axe avant d’opérer un tardif volte face en 1942. Affaibli, il est déposé par l’armée en 1945. La seconde république brésilienne peut commencer. Musicalement, les choses changent aussi, avec la toute puissante samba-canção qui devient concurrencée par des nouveaux genres venus de la région du Nordeste.
Un parfum de Nordeste à Rio : Baião et coco
Le Nordeste (au Nord-Est du Brésil) fut immensément prospère à l’époque des grandes exploitations esclavagistes. Avec l’industrialisation rapide des grandes villes du Sud, de nombreux paysans nordestins migrent vers Rio ou São Paulo dans l’espoir de trouver du travail. Et comme les Afro-bahianais quelques décennies plus tôt, les migrants emportent avec eux leurs chansons et leurs instruments.
Parmi eux, un certain Luiz Gonzaga, originaire du fin fond de l’aride Sertão. Quand il arrive à Rio, cet accordéoniste accompli a déjà la trentaine. Il joue quelques années les airs à la mode dans les bars en faisant la manche. Le succès n’arrive que lorsqu’il a l’idée de s’inspirer du folklore nordestin, notamment la musique des repentistas, sorte de troubadour. A partir de genre rustique, il crée le baião : un genre dansant mené par l’accordéon et accompagné d’un triangle et d’un tambour basse (zabumba). Le baião séduit aussitôt la classe moyenne attirée par un nouveau son, mais surtout les nombreux migrants nordestins qui habitent le Sud. Il en devient le meilleur porte-parole, chantant la nostalgie du Nordeste, ses joies comme sa misère. Un bon exemple est son plus célèbre titre, Asa Branca composé en 1947 sur des paroles d’Humberto Teixera. Luiz Gonzaga y chante la terrible sécheresse qui s’abat sur le Sertão et qui contraint un homme à quitter sa femme et son pays ; tout comme l’Asa Branca, cet oiseau réputé être le dernier être vivant à fuir les endroits asséchés. Luiz Gonzaga devient rapidement une des plus grandes stars musicales du Brésil, entraînant l’essor de tout un mouvement avec notamment le Trio Nordestino, Zé do Norte, Sivuca et Dominguinhos.
Un autre grand musicien de la région a connaître un succès spectaculaire dans les années 50 est Jackson do Pandeiro. Ce percussionniste surnommé « le roi du rythme » s’inspire des genres ruraux du Nordeste comme l’embolada et le coco, en le mélangeant avec la samba. On peut également citer, João do Vale, qui ne connaît pas le succès de Luiz Gonzaga ou de Jackson do Pandeiro, mais compose de très nombreux classiques popularisés par d’autres interprètes.
Le dernier grand Nordestin a conquérir Rio s’appelle João Gilberto. Il est originaire non du nord comme Luiz Gonzaga ou Jackson do Pandeiro, mais de l’est du Brésil, la région de Bahia. Il s’installe à Rio en 1950 alors qu’il a 19 ans. Après quelques années de galère, il rencontre Antônio Carlos Jobim et Vinicius de Moraes, avec qui il crée « quelque chose de nouveau », c’est-à-dire, la bossa nova.
La bossa nova, quelque chose de nouveau venu de Rio.
Le son de la démocratie
L’élection à la présidence de Juscelino Kubitschek en 1956 marque le début d’une période de prospérité et de démocratie au Brésil ; une période placée sous le sceau de la modernité, avec par exemple le transfert de la capitale du Brésil de Rio à la révolutionnaire Brasília. Tous les arts sont dans une phase de renouveau et d’expérimentation. La littérature (Décio Pignatari, João Cabral de Melo Neto), le cinéma avec le cinema novo (Nelson Pereira dos Santos), les arts plastiques (Lygia Clark) et bien sûr, la musique !
En 1956 a lieu la rencontre mythique d’Antônio Carlos Jobim (ou Tom Jobim) et de Vinicius de Moraes. A cette époque, le premier est un pianiste qui travaille comme arrangeur pour le label Continental. Le second, écrivain, journaliste et même diplomate, cherche un compositeur pour sa pièce de théâtre Orfeu da conceição, une adaptation dans les favelas du mythe d’Orphée. Antônio Carlos Jobim lui compose avec Luiz Bonfá des chansons comme A felicidade et Manhã de Carnaval. La pièce rencontre un important succès. Un groupe de jeunes musiciens commence à se constituer autour d’eux. La bande se retrouve chez les parents de Nara Leão, une jeune fille surnommée, « la muse de la bossa nova », qui n’a alors que 15 ans ! Chez elle, on retrouve, outre Vinicius de Moraes et Tom Jobim, la crème d’un mouvement en pleine gestation : João Gilberto, Baden Powell, Oscar Castro Neves, Ronaldo Boscoli, Roberto Menescal, Carlos Lyra, Silvia Teles…
L’acte de naissance de la bossa nova peut être daté de la sortie en 1958 de l’album Chega de Saudade, qu’on pourrait traduire par La nostalgie, ça suffit. Ce 78 tours contient notamment les titres Chega de Saudade et Desafinado composés par le duo Tom Jobim / Vinicius de Moraes (et quelques titres composé par Carlos Lyra). Mais il est surtout interprété par le chanteur et guitariste João Gilberto. Toute la recette de la bossa nova, littéralement la « chose nouvelle », est présente dans ces deux chansons : la richesse des mélodies de Tom Jobim, autant inspirées par la samba que par la musique classique (notamment Heitor Villa-Lobos), la fraicheur et la sensibilité des paroles de Vinicius de Moraes, et João Gilberto avec son jeu à la guitare, tout en rythmique subtilement placé (la batida), d’accords altérés et sa voix intimiste et feutrée1.
Cette innovation ne vient pas de nulle part. Si la bossa nova est considérée comme un genre à part entière aujourd’hui, elle apparaît plus au début comme une variante de la samba-canção. D’ailleurs Chega de Saudade comprend également des reprises de vieilles sambas d’Ary Barroso. Certains musiciens de samba annonçaient d’ailleurs cette évolution, que ce soit Johnny Alf influencé par le jazz be-bop, le guitariste Garoto, et même le chant doux de Dick Farney ou de Lucia Alves.
Un succès fulgurant
Le genre est immédiatement adopté par la jeunesse estudiantine de Rio et le reste du Brésil ne tarde pas à suivre. L’Europe et les États-Unis sont conquis dans la foulée par ce rythme suave et chaloupé. La pièce de Vinicius de Moraes est adaptée au cinéma dès 1959 par Marcel Camus sous le titre Orpheu Negro. Le film fait le tour du monde et obtient la palme d’or à Cannes et l’oscar du meilleur film étranger. Surtout, les jazzmen américains sont rapidement séduits. Stan Getz et Charlie Bird découvrent le genre en tournée au Brésil et se l’approprient, suivis de peu par Herbie Mann. Leur reprise de Desafinado en 1962 rencontre un succès extraordinaire aux États-Unis et de nombreux musiciens américains de jazz comme de pop enregistrent des titres à la manière de la bossa nova. En 1963, le saxophoniste Stan Gez s’associe avec João Gilberto (guitare et chant), Tom Jobim (piano) et Astrud Gilberto (chant) sur l’album Gilberto/Getz. L’album explose les charts grâce notamment à un des plus grands tubes du XXe siècle, A Garota de Ipanema repris en version bilingue chantée par João et Astrud Gilberto sous le nom The Girl from Ipanema.
Cette époque marque un important tournant pour la bossa nova. En 1964, un coup d’État renverse la fragile démocratie brésilienne et instaure une dictature militaire pour les deux décennies suivantes. De nombreux musiciens brésiliens profitent de l’engouement international pour la bossa nova pour fuir la dictature qui se met en place. Tom Jobim entame une grande carrière au États-Unis. Il interprète lui même ses compositions avec un orchestre américain et joue entre autres avec Frank Sinatra. Le grand guitariste Baden Powell émigre en France en 1968. La bossa nova devient en quelques sorte un sous-courant du jazz. La présence de certains de ses plus éminents représentants à l’étranger permettront au genre de continuer à rencontrer du succès à l’international. De grands albums continueront à sortir : l’album sans titre de Gilberto de 1973 ou l’album Elis & Tom de 1974 de Tom Jobim et Elis Regina sont des classiques du genre. Mais les titres de qualité trop souvent médiocres colleront à la bossa nova une image de musique d’ascenseur.
Au Brésil au contraire, la bossa nova disparaît en tant que mouvement. Certains artistes qui sont restés au Brésil musclent la bossa nova. Des musiciens comme Carlos Lyra, Nara Leão, Sergio Ricardo ou Marcos Valle signent des chansons contestataires contre le régime, placées sous le sceau du communisme et du rejet des Etats-Unis : la canção de protesto, similaire dans l’approche à la grande canción protesta argentine ou chilienne. D’autres au contraire s’inspirent de l’autre grande révolution musicale en cours, le rock. La bossa nova laisse la place à la Jovem Guarda, au tropicalia et à la MPB.
La musique sous la dictature
La jovem garda
A côté de la canção de protesto, rétive à toute influence musicale venue des États-Unis, se développe la jovem Garda. Cette « jeune garde » regroupée autour de Roberto Carlos, Erasmo Carlos et Wanderléa, est marquée par le rock américain et la récente british invasion portée par les Beatles. Un style équivalent brésilien au yéyé français. D’ailleurs, on l’appelle également iê-iê-iê, par référence au yeah yeah yeah criés par les chanteurs anglo-américains. Une musique efficace, qui mêle chansons d’amour naïves et charmantes destinées aux adolescentes, reprises de tubes américains, et rocks légers et dansant. Roberto Carlos deviendra par la suite une des plus grandes stars brésiliennes, vendant ses albums de ballades romantiques par millions.
Le tropicália
Mais le rock anglo-américain est également reçu par une génération de musiciens plus ambitieux et politisés qui sont révélés par une série de festivals organisés à partir de 1965. Parmi eux, deux bahianais, Caetano Veloso et Gilberto Gil, fraichement débarqué à Rio. Comme la plupart des nouveaux talents de l’époque ils sont découvet à l’occasion d’un festival. En 1967, chacun y va de titres révolutionnaires, Caetano Veloso joue Alegria, Alegria, et Gilberto Gil Domingo no parque. Rock psychédélique, Beatles période Sgt pepper’s, samba, bossa nova, baião, caipoera, ensemble de cordes, ils mêlent tous les genres et toutes les influences avec humour et décontraction. Un mélange avant-gardiste qui provoque l’hostilité d’une partie du public. Le mouvement tropicália (ou tropicalismo) était né, confirmé l’année suivante avec la sortie de l’album manifeste : Tropicália, ou panis et Circensis, de Gilberto Gil, Caetano Veloso, Os Mutantes et Gal Costa. D’autres artistes rejoignent le mouvement comme Torquato Neto et Tom Zé. Mais il est atteint dès 1968 avec le durcissement de la dictature qui s’abat sur les artistes. Parmi tant d’autres, Gilberto Gil et Caetano Veloso sont emprisonnés puis exilés à Londres. On les retrouvera dans les années 1970 dans de magnifiques albums solo ou au sein du super-groupe Doces Bárbaros créé avec Maria Bethânia et Gal Costa.
La MPB
A partir du milieu des années 1960, l’autre grand mouvement musical brésilien est l’essor de la MPB (música popular brasileira) un genre de dimension variable selon la définition qu’on en retient, mais qui désigne en gros la musique brésilienne populaire de qualité qui fait suite à la bossa nova. Si on retrouve l’approche du Tropicália (souvent considérée comme une partie de la MPB), avec la fusion des différents styles brésiliens, cette dernière désigne une musique moins électrifiée que le Tropicália. Son acte de naissance peut être daté du succès en 1965 de Arrastão, une chanson composée par Edu Lodo sur des paroles de Vinicius de Morais et interprété par Elis Regina.
De cette époque, de Rio on peut aussi citer Nana Caymmi et Rita Lee. Mais le plus grand représentant de cette MPB est sans aucun doute Chico Buarque. Parolier d’exception, mélodiste hors pair, arrangeur d’une profonde originalité, il a considérablement marqué la musique brésilienne. On le cite autant pour ses chansons engagées (qui furent très souvent censurées) que pour ses chansons sur l’amour ou la condition humaine. Vinicius de Morais, le grand poète de la bossa nova a dit de lui qu’il « a atteint l’union parfaite de la culture populaire et savante ».
La MPB a aussi eu des répercussions dans les autres régions du Brésil. Milton Nascimiento originaire du Minas Gerais lance le mouvement Clube da esquina avec Lô Borges, Beto Guedes, Toninho Horta, Marcio Borges et Tavinho Moura. Les Novos Baianos de Bahia mélangent choro, Forró, samba et guitare électrique dans le culte Acabou de Chorare tandis qu’Alceu Valença du Permanbouc, s’inspire autant de la pop internationale que des traditions du Nordeste. Parmi les autres grands noms de la MPB de cette époque on peut également citer la grande interprète Maria Bethânia, João Bosco et Djavan.
Le rock brésilien avait longtemps été en retrait par rapport aux autres styles. Le rock existait bien mais mélangé avec les musiques brésiliennes dans le tropicalia ou la MPB. Les années 60 avaient été marquées par la légère et joyeuse jovem garda. Dans années 70, le rock fut entravé par le pouvoir qui refusait tout ce qui n’était pas national. Des groupes de rock marquent néanmoins la décennie comme Secos e Molhados avec son chanteur Ney Matogrosso, à côté du mystique et provocateur Raul Seixas. Après 1984 et la fin de la dictature, le rock revient plus populaire que jamais. Le pionnier de cette vague est Blitz, avec un premier album dès 1982 qui rencontre un immense succès. Il est suivi rapidement par de nombreux jeunes groupes plein d’énergie et de rage, désabusé par l’économie sinistrée malgré la fin de la dictature. Legião Urbana, inspiré par U2 et the Cure devient le fer de lance d’une new wave brésilienne. Les Paralamas do Succeso mélangent rock, musique brésilienne et styles caribéens. Dans cette génération des années 1980 il faut aussi mentionner des groupes comme Barão Vermelho (avec Cazuza), Titãs et Ira !

Une samba toujours vivante
Le retour de la samba
La samba classique avait été plutôt en retrait dans les années 50-60, distancée par le baião et la bossa nova, même si de grandes sambas étaient toujours composées comme le Trem das Onze d’Adoniran Barbosa en 1964. La fin des années 60 et le début des années 70 sont marqués par un certain retour en grâce du genre. C’est d’abord la (re)découverte tardive de grands sambistes, qui s’ils avaient eu leur heure de gloire dans les années 30, étaient injustement tombés dans l’oubli depuis. Zé Keti, Clementina, Nelson Cavaquinho et Cartola reviennent sous les feux de l’actualité grâce à des reprises de leurs titres par la nouvelle génération (Beth Cavalho, Nara Leão, Gal Costa). Ils enregistrent pour la première fois d’incroyables albums sous leur nom ! Il faut dire un mot particulier de Cartola, un musicien de la génération de Noel Rosa qui avait composé quelques classiques de la samba pour des chanteurs des années 30 et créé la célèbre école de samba Estação Primeira de Mangueira. Après avoir disparu de la vie artistique de Rio pendant une quinzaine d’années, brisé par divers malheurs, il publie son premier album à l’âge de 66 ans. A un âge où la plupart des artistes sont déjà encroutés, il chante parmi les belles sambas jamais composées d’une beauté et d’une fraicheur inégalées. A la même époque, Baden Powell et Vinicius de Moraes insufflent des rythmes afro-bahianais dans la samba avec les géniales afro-sambas. Dans la jeune génération, Paulinho da Viola fait vivre la samba traditionnelle, tandis que Jorge Ben l’enrichit brillamment du funk et du rock.
De la samba-reggae à l’axé
La samba connait d’autres mutations venues cette fois de Bahia. A Salvador, un nouveau mouvement se forme autour du carnaval, mettant en valeur la culture afro-brésilienne, sous influence notamment du Black power américain et du reggae. Ce dernier est extrêmement populaire au Brésil avec d’excellents groupes locaux plus tardifs comme O Rappa. Le bloco (groupe défilant lors du carnaval) Ilê Aiyê créé en 1974 se distingue en refusant les Blancs et les métisses. Ils jouent une samba particulière, plus lente et grave que celle de Rio, sans autres instruments que la voix et les percussions et un contenu politique et social très marqué. Ils inspirent musicalement de nombreux autres blocos avec lesquels ils développent ce style caractéristique.
A partir de 1986, la musique de ces afro-blocos est influencée par le reggae, notamment le groupe Olodum qui développe la samba-reggae. Plus généralement, c’est l’essor de l’axé : un terme yoruba (comme Olodum et Ilê Aiyê d’ailleurs) signifiant « force de vie ». Un style composé de samba, enrichi de rythmes afro-brésiliens (ijexa, frevo) de reggae et d’autres genres caribéens (merengue, salsa). L’axé devient un des genres les plus populaires au Brésil dans les années 1980 et 90. Outre Olodum, on peut citer Luiz Caldas, Chiclete com Banana et Banda Mel. Le musicien bahianais le plus important et complet de cette époque est sans conteste Carlinhos Brown et son groupe Timbalada. Dans la popularisation des musiques bahianaises, il faut également mentionner Daniel Mercury et Margareth Menezes.
Enfin, toujours à Bahia, c’est le succès du pagode. Un sous genre de samba créé sous l’impulsion de Fundo de Quintal, Beth Carvalho et Clara Nunes et de musiciens comme Zeca Pagodinho, Jovelina Perola Negra et Almir Guineto. Le genre devient plus commercial dans les années 90, fusionnant notamment avec le sertanejo (Raça negra, É o Tchan) et désigne aujourd’hui surtout de façon péjorative la samba la plus commerciale.
Si la samba-reggae, l’axé et le pagode venaient de Bahia, le Nord du Brésil, de Belém à Recife a également produit plusieurs courants musicaux influents durant ces décennies.
Des sons venus du Nord
Le forró
Le forró désigne les différents genres de musique populaire typiques du Nordeste. Il regroupe dans son sens large, le baião mais aussi le xote, l’arrasta-pé et le xaxado. Si les groupes traditionnels sont en général composés de tambours zabumba, de triangle et d’accordéon, les groupes modernes incorporent, pour le pire et le meilleur, guitares et synthétiseur. On peut citer des groupes ou artistes comme Mastruz com Leite, Catuaba com Amendoim, Alceu Valença et Elba Ramalho.
La Lambada
La lambada naît à Belem à la fin des années 70, à partir de la combinaison de musiques du Nordeste (carimbó, forró) et des proches Caraïbes (merengue dominicain, plena portoricaine). Il s’agit d’une musique très rapide et syncopée à laquelle est associée une danse très sensuelle. La lambada gagne en popularité jusqu’à conquérir Rio et São Paulo à la fin des années 80. Mais le succès international n’arrive qu’encore plus tard, en 1989 avec la découverte du titre
Chorando se foi par les producteurs français Jean Karakos et Olivier Lorsac. Il s’agit d’une célèbre lambada chantée par Márcia Ferreira. Sentant le potentiel commercial de la chanson, ils forment Kaoma, un groupe composé de musiciens latino-américains vivant en France pour l’interpréter. Pour être précis, le titre était déjà un tube pan-américain, étant au départ une saya du groupe bolivien Los Kjarkas, reprise notamment en cumbia par le groupe péruvien Cuarteto Continental ! Appuyé par une importante campagne de pub parrainée par Orangina, et d’un clip jouant sur l’image fantasmée du Brésil (jeunesse, plage, métissage) la chanson devient un gigantesque tube mondial, incarnant le tube de l’été éphémère par excellence.
Le mangue-beat
Le mangue-beat est un mouvement musical né à Recife (Pernambouc) au début des années 1990. Comme son nom qui est l’association de mangue (c’est-à-dire la mangrove, l’écosystème particulièrement riche qu’on trouve à Recife) et bit (l’unité informatique, plus tard transformée en beat), le mouvement associe le rythme traditionnel régional, le maracute à des styles américains modernes : rock alternatif, metal, funk et rap. Le mouvement débute avec le manifeste de Fred04, chanteur de Mundo Livre S/A et de Chico Science, fondateur du groupe Nação Zumbi. Le nom de ce groupe « nation Zumbi » en hommage au célèbre chef Noir qui tient tête à la royauté portugaise à la tête d’un groupe d’esclaves rebelles, reflète bien l’engagement révolté du mouvement. Outre les deux groupes piliers Mundo Livre S/A et le Nação Zumbi qui continuera de sortir des albums après la mort précoce de Chico Science, on peut citer Mestre Ambrósio, Sheik Tosado et le musicien Otto (percussionniste de Mundo Livre). La fusion des rythmes du Permambouc et du metal inspire directement Max Cavalera, qui reprend l’idée avec les célèbres Sepultura (notamment sur l’album Roots) et Soulfly (qui comprend deux musiciens de Nação Zumbi).
Du funk au rap, une nouvelle Consciência Black
Funk & Soul des années 1970
Le funk et la soul ont rapidement rencontré leur public au Brésil, s’appuyant sur le groove irrésistible des chansons de James Brown, mais aussi sur l’identification des populations afro-brésiliennes marginalisées avec le mouvement Black power américain. De nombreux artistes Brésiliens s’essaient au funk et à la soul. Tim Maia publie des bouleversantes chansons d’amour soul. Le funk plus énergique peut compter sur le culte Banda Black Rio, qui publie une série d’album instrumentaux entre 1977 et 1980. On peut aussi citer Cassiano, Sandra de Sá, Toni Tornado et Gerson King Combo.
Mais les années 70, c’est également l’avènement des bals funk organisés dans les favelas. Au Club Renascença, ou lors des soirées Les nuits de Shaft du nom du film américain, les plus grands bals funk (baile funk), rassemblent des milliers de personnes ! Comme aux États-Unis, le funk et ces bals permettent l’affirmation de revendications et d’une « fierté Noire ». Une affirmation assez originale sinon subversive au Brésil où le métissage est généralisé et même loué comme fondement de l’identité brésilienne.
S’appuyant sur la popularité du funk, le hip hop s’implante assez rapidement au Brésil dès le début des années 1980. Si les meilleurs groupes de rap brésilien viennent des banlieues et des favelas de São Paulo, le hip-hop donnera lieu à l’apparition d’un nouveau genre inédit à Rio, le funk carioca, plus connu en Europe sous le nom de baile funk.
São Paulo, capitale du rap brésilien
Dans le hip hop, c’est le breakdance qui se développe en premier avec les rencontres de danseurs à la station de métro São Bento puis sur la place Roosevelt de São Paulo. Le rap suit de près avec un certain nombre de danseurs se mettant au rap. Un hit précoce du rap brésilien est Katia Flavia de Fausto Fawcett (1987). L’apparition d’une véritable scène locale se manifeste surtout avec la parution en 1988 et 1989 de deux compilations historiques, Hip Hop Culture Street et Consciência Black, Vol. I. Elles contiennent les premiers enregistrements de pionniers tels Thaíde & DJ Hum et des Racionais Mc’s. En 1991, les Racionais Mc’s ouvrent pour Public Enemy, groupe qui aura une influence prépondérante sur la scène rap dans le son et l’approche contestataire. Deux ans plus tard, ils publient le Raio X Brasil qui marque véritablement l’essor du rap brésilien qui se trouve un chef de file dans l’icône underground Mano Brown. Les singles sont diffusés à la radio ; une première pour du rap brésilien « alternatif ». Symbole de l’appropriation brésilienne du rap, le magnifique titre Homen na Estrada est construit sur un sample du grand chanteur de soul brésilien Tim Maia.
Parallèlement à la très créative scène de São Paulo dont émergent de nombreux talents (Facção Central, RZO, Rappin Hood, Realidade Cruel), le rap se répand dans les autres régions du Brésil, à Brasilia (Câmbio Negro, GOG), Recife (Faces do Subúrbio) et Rio de Janeiro (Planet Hemp, le groupe de Marcelo D2, Black Alien).
En 1998, les Racionais MCs publient ce qui constitue peut-être le premier grand album du rap brésilien, Sobrevivendo no Inferno. Un album sans concession ni sur la forme ni sur le fond qui rencontre pourtant un immense succès public et séduit la classe moyenne blanche : un million d’albums vendus sans compter la diffusion pirate, et un vidéoclip élu clip de l’année par… MTV ! Ce succès offre une nouvelle couverture médiatique au rap brésilien et annonce un âge d’or avec une série de grands albums dans un laps de temps très réduit : Marcelo D2 sort Eu Tiro É Onda (1998) et A Procura da Batida Perfeita (2003) où il fusionne rap et samba, Sabotage sort Rap É Compromisso (2001) avant sa mort précoce. De même, les excellents rappeurs 509-E, Rappin Hood et MV Bill sortent leurs premiers albums.
L’aboutissement de cette effervescence créative est la sortie en 2002 de Nada como um Dia Após o Outro Dia, des Racionais MC’s, unanimement considéré comme le chef-d’œuvre du rap brésilien. Le rap est aujourd’hui malgré une réputation qui reste sulfureuse, bien intégré à la MPB. En témoignent les collaborations de rappeurs avec d’éminents artistes : MV Bill avec Caetano Veloso, Mano Brown avec Jorge Ben jr, ou encore Marcelo D2 avec Sérgio Mendes.
Du Miami bass au funk de Rio
A Rio de Janeiro, si comme on l’a vu, le rap a fini par se développer, c’est presque une tout autre histoire du hip hop qui peut être contée. Alors qu’à São Paulo, tout est parti du rap sombre de Public Enemy, à Rio la fièvre hip hop a pris avec l’explosion en 1982 de l’electro funk Planet Rock d’Africa Bambataa. Le titre du MC américain rencontre un succès extraordinaire et déclenche une passion pour l’electro funk, puis pour son dérivé, le Miami Bass. Les chansons de 2 Live Crew, Egyptian Lover, Trinere et Stevie B. sont massivement jouées dans les bals funk qui ont lieu dans les quartiers populaires. En 1989, DJ Malboro produit un remix d’un des tubes de l’époque, Doo Wah Diddy de 2 Live Crew, avec des paroles chantées en portugais par Abdulah sur l’album Funk Brasil. La première chanson de Miami bass brésilienne était née, ouvrant la voie au funk de Rio.
Après quelques années dans l’underground au début des années 1990, le funk carioca acquiert une visibilité et une véritable identité. Les DJs et Mcs adaptent le miami bass aux goûts brésiliens, que ce soit par les rythmes particuliers ou les paroles parlant de la vie dans les favelas. Les bals funk commencent à avoir une mauvaise réputation. Des bagarres éclatent régulièrement entre membres de communautés différentes. Des gangs comme le Comando Vermelho passent des commandes à des rappeurs pour composer des titres à leur gloire, donnant naissance au funk dit proibidão (interdit). Cette image d’un funk gangréné par la drogue et les armes conduit à l’interdiction de nombreuses chansons et de bals.
Parmi les meilleurs Mc’s de cette époque, on peut citer, Junior & Leonardo (Rap das Armas), MC Marcinho (Rap do Solitario), Mr Catra, Bob Rum, Cidinho & Doca, et également William & Duda, Mc Galo, Teco & Buzunga, Força do Rap, Mc Pixote… Un des grands classiques de cette époque est le Rap da felicidade (Eu só Quero é Ser Feliz ) de Cidinho & Doca dans lequel ils chantent : Je veux juste être heureux / Marcher tranquillement dans la favela où je suis né / Et je pourrai être fier /Et conscient que les pauvres ont leur place.
Dans les années 2000, le funk carioca quitte les favelas et devient populaire dans les classes moyennes. De nouveaux groupes et MCs apparaissent comme Bonde Do Tigrão. Certains sont autant des groupes de danseurs (Os Magrinhos, Os Havaianos, Os Ousados) tandis que d’autres gardent une approche plus underground (Mc Serginho, Mc Colibri). A la même époque, les beats évoluent vers un son très particulier, le tamborzão. Un rythme composé sur ordinateur ou sur boîte à rythme, mais qui dérive du rythme traditionnel maculele. Si le reggaeton a le dem bow, le funk de Rio a désormais le tamborzão.

Enfin à partir de 2002, le funk carioca, renommé baile funk (c’est à dire bal funk), acquiert droit de cité sur les dancefloors hype internationaux, alors même qu’il était royalement méprisé par les branchés et les rappeurs brésiliens. Il est notamment popularisé par des compilations de la Favela Chic, de Sublime Frequencies et de Daniel Haaksman. On retrouve même le son du funk en 2005 dans des chansons comme le Buck Done Gun de M.I.A produit par Diplo. Sa diffusion ne se fait pas sans heurts, notamment avec des compilations n’indiquant pas le nom des artistes, aucune contextualisation ou des commentaires plus fascinés par la violence des favelas que par présenter sérieusement la musique.
La musique brésilienne aujourd’hui
A l’international et en particulier en France, rares sont les artistes des années 2000 à avoir percé, à part quelques bons musiciens mais néanmoins mineurs (Céu, Cibelle, CSS…) qui ont eu la chance d’avoir un label non brésilien derrière eux. Sans parler des reprises sans âme de vieux tubes brésiliens par des stars internationales : Sergio Mendes qui s’associe avec les Black eyed peas sur le Mas que Nada de Jorge Ben, le funk carioca Rap das Armas remixé à l’infini !
Pour revenir au Brésil, de nombreux styles sont aujourd’hui populaires et intéressants. Le funk carioca peut compter sur les tubes de MC Marcinho et les mixes de DJ Sandrinho. Si les Racionais MC’s sont séparés et que Sabotage est mort, de nombreux rappeurs talentueux sont actifs comme MV Bill, GOG ou Realidade Cruel. Le rock « indépendant » est particulièrement passionnant avec des groupes à la frontière de la MPB voir plus MPB que rock. Los Hermanos est sans doute le groupe qui fait l’unanimité, autant dans l’underground que dans le quasi-grand public. Hurtmold délivre un post-rock instrumental avec un batteur passionnant. On peut également citer les excellents groupes Vanguart et Móveis Coloniais de Acaju mais le plus intéressant même si peut-être le moins connu est à mon avis les géniaux Cidadão Instigado. Par ailleurs, le mangue-beat ou tout du moins le rock joué à Recife reste vivace et créatif, avec Mombojo, Nação Zumbi toujours actifs ou Otto. La samba-funk a sa jeune star avec l’excellent Seu Jorge. On peut enfin mentionner des groupes assez inclassables comme Graveola e o lixo polifonico et Curumin.
Conclusion
Cet article a essayé de montrer l’importance de la musique brésilienne, et que si la musique brésilienne est sans doute marquée par le rythme, elle ne se limite pas à la musique festive. La richesse et la variété des styles nous a même obligé malgré la taille conséquente de l’article à occulter une trop grande part ! De nombreux genres traditionnels et la musique savante auraient mérités d’amples développements, tout comme le brega, le frevo, le sertanejo ou le jazz brésilien.
Mais pour conclure je voudrais plutôt insister sur l’importance de la musique au Brésil. C’est un pays où la musique populaire est prise au sérieux. Si bien sûr le Brésil a son lot de cochonneries commerciales, qui peuvent atteindre un niveau de vulgarité fascinant, la musique populaire est d’une étonnante qualité. Que ce soit dans le choro, la samba ou la MPB, on trouve toujours un degré d’exigence et d’ambition réjouissant. Il y a d’abord une fructueuse proximité entre musique savante et musique populaire. Par exemple, Heitor Villa Lobos s’inspirait du choro, et aujourd’hui une artiste populaires par excellence comme Maria Bethânia chante son grandiose Melodia Sentimental. Plus généralement de nombreux grands musiciens populaires composent des œuvres qui n’ont rien à envier aux grands compositeurs brésiliens classiques. Sans parler de l’importance accordée aux paroles qui me rappelle celle de la chanson française et qui fait que des génies musicaux comme Noel Rosa, Vinicius de Morais, Chico Buarque ou Cartola sont plus loués au Brésil comme poètes que comme musiciens. Autant dire, que même pour le passionné non lusophone de musique brésilienne, elle reste entièrement à découvrir.
Un lecteur présentant les titres les plus emblématiques des principaux artistes de musique brésilienne cités dans l’article.
Discographie conseillée de musique brésilienne
Albums originaux
João Gilberto – Chega de Saudade (bossa nova, 1959), João Gilberto (1973)
Antônio Carlos Jobim, Stan Getz & João Gilberto – Getz/Gilberto (bossa nova, 1964)
Baden Powell & Vinicius de Moraes – Os Afro-sambas (samba, 1966)
Antônio Carlos Jobim Jobim & Elis Regina – Elis & Tom (1974)
Gilberto Gil – Gilberto Gil (1968)
Gilberto Gil, Caetano Veloso, Gal Costa, Os Mutantes – Tropicalia ou Panis Et Circencis (tropicalia, 1968)
Tim Maia – Tim Maia (soul, 1970), Racional (1974)
Caetano Veloso – Caetano Veloso (1969), Transa (1972)
Vinicius de Moraes - En la Fusa con Maria Creuza y Toquinho (1970)
Paulinho da Viola – Foi um Rio que Passou em Minha Vida (1970)
Os Mutantes – A Divina Comedia ou Ando Meio Desligado (tropicalia, 1970)
Chico Buarque – Construção (MPB, 1971), Chico Canta (1973), Meus Caros Amigos (1976), Chico Buarque (1978)
Secos & Molhados – Secos e Molhados (rock, 1973)
Novos Baianos – Acabou Chorare (MPB, 1972)
Nelson Cavaquinho – Nelson Cavaquinho (samba, 1972)
Cartola - Cartola (samba, 1974) et Cartola (1976)
Maria Bethânia – Álibi (MPB, 1976)
Raul Seixas – Novo Aeon (rock)
Jorge Ben – O Bidu – Silêncio no Brooklyn (1967), A Tábua de Esmeralda (1974), Africa Brasil (1976)
Legião Urbana – Dois (rock, 1986)
Titãs – Cabeça Dinossauro (rock, 1986)
Cazuza – Ideologia (1988)
Paralamas do Sucesso – Bora-Bora (rock, 1988)
Mundo Livre S/A – Samba Esquema Noise (mangue beat, 1994),
Cidinho e Doca – Eu Só Quero É Ser Feliz (funk carioca, 1995)
Sepultura – Chaos A.D. (metal, 1993), Roots (1996)
Chico Science & Nação Zumbi – Da lama ao caos (mangue beat, 1994), Afrociberdelia (1996)
Racionais Mcs – Sobrevivendo no Inferno (rap, 1997), Nada como um Dia Após o Outro Dia (2002)
Sabotage – Rap é Compromisso! (rap, 2000)
Los Hermanos - Bloco do Eu Sozinho (rock, 2001), Ventura (2003)
Seu Jorge – Samba esporte fino (samba funk, 2001)
Hurtmold – Mestro (rock, 2004)
Cidadão Instigado – O pobre dos dentes de ouro (rock, 2005)
Curumin – Japan pop show (2008)
Moveis Coloniais de Acaju – Sem palavras (2009)
Otto – Certa Manha Acordei De Sonhos (2009)
Graveola e o lixo polifônico – Graveola e o lixo polifônico (MPB, 2009)
Compilations de musique brésilienne
Pixinguinha (Iris Music, 2002)
Choro – Anthologie 1906-1947 (Frémeaux et Associés)
Les précurseurs de la bossa nova (1948-1957) (Frémeaux et Associés)
Samba (1917-1947) : Batuque – Partido Alto – Samba Canção (Frémeaux et Associés)
Rio Baile Funk : Favela Booty Beats & More Favela Booty Beats (Nascente, 2005, 2006)
Rap Brasil (vol. 1, 2 et 3) ( Som Livre, funk carioca, 1995-6)
Bibliographie sur la musique brésilienne
Il existe plusieurs ouvrages de qualité en français sur la musique brésilienne, notamment pour les genres anciens (choro, samba, bossa nova, MPB). En revanche à partir des années 80, que ce soit pour le rock, le rap, le funk, ou la MPB la plus récente, on est obligé de se référer à internet.
Ouvrages
Par ordre décroissant de préférence :
Cité de la musique, MPB – Musique populaire brésilienne, 2005 (ouvrage collectif).
Chris McGowan, Ricardo Pessanha, Le Son du Brésil, éditions lusophones 1999.
Gérard Béhague, Musiques du Brésil, de la cantoria à la samba-reggae, Cité de la musique / Actes Sud, 1999.
Jean-Paul Delfino, Brasil: a música, Editions Parenthèses, 1998.
Articles en ligne
Musica do Brasil (pt) et les articles associés sur la version portugaise de wikipedia, La Musique populaire brésilienne par C. Wavelet, Le phénomène lambada : globalisation et identité, par Leonardo García et History of Choro (en).
Sur le rap: Hip-Hop Brasileiro: Brazilian Youth and Alternative Black Consciousness Movements (en), História do rap brasileiro (pt), Globalize This!?: A Place for Brazilian Rap in “Afro-Beat” (en).
Sur le funk: A Short Story of Baile Funk sur The Rio Times (en), Historia do funk carioca (pt), batidao do funk (pt).
Blogs et autres sites
En français, trois très bons blogs: L’elixir du dr Fukathus (fr) et Bossa nova brasil (fr) et Histgeobox (fr).
En anglais ou portugais: Global groovers (en) Brasilian nuggets (en) , J Thyme…KIND, Flabbergasted Vibes et Brazilian Nuggets (pt) sont des blogs incontournables qui offrent de merveilleux raretés et classiques (plutôt orientés années 1960-70). A voir également, Forró em Vinil (pt), Rio Baile Funk (en) par un DJ finlandais et Bossa-brasileira (pt).
Forum francophone fort sympathique sur toutes les musiques du brésil.
Portails : Clique music (pt), Almanaque (pt), Slipcue (en), Portal de Educação Musical do Colégio Pedro II (pt).
Agência Olhares, avec de superbes photos du Brésil.
Sélection de top musicaux
Top d’albums et de chansons par l’édition brésilienne de la revue Rolling Stone. Top de Luiz Americo, top de Slipcue. Tops années 2000 : MTV bis, Scream yell, Revista cult, Movin up. Top années 1980 sur O fim da varzea. Top de la région de São Paulo (musique caipira).
1. Cette richesse musicale alliée à un swing délicat, des arrangements et une voix très sobre et l’approche assez intellectuelle n’est pas sans rappeler la manière dont Georges Brassens avait révolutionné la chanson française quelques années plus tôt.
Mots-clefs :Musique















Un Commentaire
wow, merci
Un Rétrolien
[...] A cette même époque, la ville de Rio de Janeiro se modernise. Les anciens quartiers populaires de l’Estácio de Sá et de la Praça Onze s’embourgeoisent. Les Noirs pauvres qui y habitent migrent peu à peu vers les morros, c’est-à-dire les collines avoisinantes, emportant avec eux la samba. Des musiciens gardent la flamme de la samba vivante dans les morros. Ces grands artistes comme Cartola, Clementina, Nelson Cavaquinho ne peuvent même pas enregistrer car les maisons de disque ne s’intéressent plus à cette samba. Et si la samba reviendra plus forte et belle que jamais à la fin des années 1960, ce sera bien plus tard. Aaprès la déferlante baião venue du Nordeste, après le miracle bossa-nova, et après l’explosion des guitares électriques dans la jovem guarda et le tropicalisme. Tout un nouveau pan de l’histoire de la musique brésilienne que nous verrons dans le prochain volet de ce dossier: La musique brésilienne – Les genres modernes. [...]