The Pains Of Being Pure At Heart – Teenage Angst. Brigade

J’ai treize ans. Bon, je sais, c’est pas tout à fait vrai. Mais ce matin en me levant, je ne sais pas pourquoi, je me suis senti prêt à avaler des Choco Pops et à aller au collège avec mon cartable tout plein d’auto-collants Nirvana. Était-ce le soleil, qui me fait toujours un drôle d’effet [...]

J’ai treize ans. Bon, je sais, c’est pas tout à fait vrai. Mais ce matin en me levant, je ne sais pas pourquoi, je me suis senti prêt à avaler des Choco Pops et à aller au collège avec mon cartable tout plein d’auto-collants Nirvana. Était-ce le soleil, qui me fait toujours un drôle d’effet ? Un vieux reste de gueule de bois de la veille ? Le début de la sénilité ? Le nouvel album des Pains Of Being Pure At Heart ?

Je vais vous dire, c’était sans doute un peu tout ça réuni. Belong, le nouveau Pains, est le genre de disque à vous rendre précocement sénile. Il y a bien des manières de se sentir vieux ou plus trop dans le coup, mais la plus violente et la plus cruelle de toute c’est assurément lorsqu’un groupe de jeunots débarque en jouant la même musique que vous adoriez lorsque vous étiez tout gosse. En l’occurrence, le premier album passait mieux. Il faisait appel à des références un peu plus anciennes. On sentait bien ici ou là des résidus de Pumpkins, de Ride voire de Placebo, mais cela restait suffisamment diffus pour que je ne me dise jamais « merde, voilà qu’on revivalise mon enfance ». Et puis il ne s’agissait pas encore de déterrer Flood, et pas pour faire genre, non non : on sent bien que l’immense producteur de Mellon Collie & The Infinite Sadness et de The Downward Spiral a reçu pour consigne explicite de regarder dans un rétroviseur qui, dans son cas particulier, est orné de diamants.

belong

Le résultat, c’est un album que j’aime parce qu’il est nostalgique et que je déteste parce qu’il est nostalgique. Je sais gré aux Pains Of Being Pure At Heart de ne pas être tombé dans le piège de la superproduction sans âme (Flood a également joué les décorateurs d’intérieur chez U2 et les Killers, ce qui est autrement moins glorieux), d’avoir su trouver un équilibre entre emphase et délicatesse. Belong a beau se composer de dix pop-songs limpides, c’est un album vicieux auquel on n’adhère pas immédiatement, à plus forte raison lorsque l’on a adoré le premier album du groupe et que l’on ne peut donc s’empêcher de noter que son insouciance est passée à la trappe (on s’y attendait, ceci dit). Apprécier des choses comme Even in Dreams (dont le riff rappelle de mauvais souvenirs), Belong ou My Terrible Friend nécessite d’avoir conservé son âme d’adolescent, de ne pas chercher l’intellectualisation et de prendre les choses au premier degré. Ce n’est pas un album pour tous les vieux cons chroniqueurs comme moi, mais il est calibré pour changer des jeunes vies et accompagner des heures de révision d’exams. Selon l’humeur, on le trouve délicieusement candide ou désespérément niais. Selon la personne, il sera adulé ou violemment rejeté, ce qui n’a rien d’étonnant venant d’un groupe qui dès son premier maxi était déjà sur la brèche.

Belong n’arrange rien, écartelé entre splendeur et goût douteux. Mais il est suffisamment chargé en Teenage Angst pour confirmer avec fougue que ses auteurs sont bien l’un des meilleur groupe de sa génération. Qu’importe qu’on sache très bien que cela ne durera pas et qu’ils cédèront un jour ou l’autre à toutes les sirènes.

Pour l’heure, l’édifice tient encore.

Belong, de The Pains Of Being Pure At Heart
Sortie mardi chez Pias
Crédit photo : TPOBPAH

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5 Commentaires

  1. Thierry a ajouté ces quelques mots le mars 25, 2011 | Permalien

    2 écoutes pour l’instant, et vraiment pas accroché du tout :-(

  2. Thomas Sinaeve a ajouté ces quelques mots le mars 26, 2011 | Permalien

    En même temps j’ai jamais vu personne avoir un ado en lui qui s’appelle… « Thierry » :-D

  3. lyle a ajouté ces quelques mots le mars 26, 2011 | Permalien

    En gros un peu la même chose que le premier mais sans la fraîcheur quoi ?

  4. Thomas Sinaeve a ajouté ces quelques mots le mars 26, 2011 | Permalien

    La prod est très différente, tout de même, comme l’indiquaient déjà les EPs parus depuis deux ans.

  5. volfoni49 a ajouté ces quelques mots le mars 29, 2011 | Permalien

    Disque moins inspiré. Le son ne suffit pas

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  2. [...] le nouveau mantra des groupes d’aujourd’hui. Mais à la grande différence d’un Pains Of Being Pure At Heart (au hasard), Big Deal préfère emprunter aux Pumpkins les berceuses neurasthéniques de James Iha [...]

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