The Airborne Toxic Event – They Need a Holiday, a Nuclear Holiday

Si The Airborne Toxic Event laisse un jour une trace dans l’histoire de l’indie rock, il y a fort à parier que sera essentiellement parce qu’il aura apporté la preuve qu’on peut encore connaître un certain succès (il fallait voir la horde de jeunes filles entourant le chanteur un soir de concert parisien) sans le soutien et même avec une franche hostilité de la part du quasi-tout puissant site de référence (le groupe doit en avoir ultra-marre de voir ressortir ça à chaque nouvel article…).

Si The Airborne Toxic Event laisse un jour une trace dans l’histoire de l’indie rock, il y a fort à parier que sera essentiellement parce qu’il aura apporté la preuve qu’on peut encore connaître un certain succès (il fallait voir la horde de jeunes filles entourant le chanteur un soir de concert parisien) sans le soutien et même avec une franche hostilité de la part du quasi-tout puissant site de référence (le groupe doit en avoir ultra-marre de voir ressortir ça à chaque nouvel article…). Mais soyons franc : si The Airborne Toxic Event tenait bien la route avec ses textes pour adolescents déchirés et sa horde de hits pour college radios, il n’apportait strictement rien musicalement, à part peut-être le clou final, dix ans après ses débuts, au nouveau rock dont il semblait chercher à émuler quelques membres plus ou moins éminents (Strokes, Hot Hot Heat, Stills) tout en lorgnant un peu vers les phénomènes du moment (Arcade Fire, Broken Social Scene) et en donnant une petite patine nostalgique style 70’s.

allatonce

On n’attendait donc pas spécialement grand-chose de ce nouvel opus, et en tout cas sûrement pas qu’il se tourne vers le bon vieux rock de stade qui tache des 80’s. Pourtant le concert évoqué précédemment aurait dû nous mettre la puce à l’oreille rien que par le changement de look de Mikel Jollett, passé du look dandy fragile avec mèche et costume au look chauffeur de poids lourd en marcel et aux muscles saillants, mais n’est pas Bruce Springsteen qui veut. Et si cette influence est bien présente dans All at Once (elle se trouvait d’ailleurs déjà de façon plus diffuse dans le précédent), on ne peut pas dire qu’on pense à sa meilleure période (artistiquement, pas commercialement), mais surtout ce sont essentiellement les poids lourds (très lourds) d’un certain rock FM qui viennent immédiatement à l’esprit (alors que franchement on aurait préféré ne pas avoir à y repenser), genre U2, Simple Minds ou INXS. On a donc droit à ce genre de synthés baveux et ridicules dont on a cru, jusqu’à il y a deux/trois ans, qu’ils avaient été interdits par la convention de Genève, avant qu’un inconscient ne croie bon de les ressortir de la naphtaline ou d’une compilation « le pire de la new-wave » (pas très souvent il est vrai). A beaucoup de gros grosses guitares grasses et primaires semblant jouer au concours de celui qui pissera le plus loin. A des mélodies rock balourdes et macho puant la sueur et le cambouis. Et à force de pousser sa voix virile mais fragile comme s’il était le Boss, ce bon Mikel finit plutôt par nous faire penser à Davey Macmanus (The Crocketts puis The Crimea) (on ne vous recommande pas forcément de chercher à en savoir plus, mais c’est vous qui voyez), mais sans l’humour.

Et pourtant l’album passe bien, et plutôt très bien même. Est-ce dû au côté à la fois mâle et torturé du chant, du genre homme moderne qui exprime ses sentiments et pourrait même pleurer (genre aussi dit du « cocker triste ») (ça expliquerait les hordes de jeunes filles, non ce n’est pas du tout une réflexion macho) avec un petit grain bien reconnaissable, pourvu d’une légère pointe rauque ? A la capacité du groupe à user, sans trop en abuser, de l’alternance de rock surtestostéroné et plein d’emphase avec des ballades langoureuses et un poil larmoyantes (All for a Woman), sans jamais tomber dans la parodie ou le too much ? A cette sorte de joie simple de jouer ensemble qui transpire à chaque seconde ? Au fait que si sa musique ne déborde par d’originalité, il y a quelque chose dans le son qui la rend immédiatement reconnaissable et différente des innombrables combos nageant dans les mêmes eaux ? Ou tout simplement le fait que bien qu’éculés et ayant parfois largement franchi les frontières du mauvais goût, les onze titres qui composent All at Once soient d’une immédiateté et d’une efficacité implacables ? Car on peut les trouver pompeux ou vulgaires, mais Changing, Half of Something Else ou It Doesn’t Mean a Thing (entre autres) sont indéniablement des tubes en puissance. Alors, si après la sortie de son deuxième album, The Airborne Toxic Event n’a toujours aucune bonne raison de figurer dans les livres d’histoire et risque de continuer de se faire taxer d’opportuniste pompeur, il y a cependant de bonnes chances que sa nouvelle orientation lui permette de continuer d’accroître son public et de squatter les ondes. Et que les intégristes d’une certaine pseudo-ambition musicale laissent donc ceux qui le souhaitent profiter d’un disque simple mais savoureux. Et oublier l’affreux (jusque dans ses paroles) Welcome to Your Wedding Day

All at Once, de The Airborne Toxic Event
Sortie aujourd’hui chez Mercury
Crédit photo : site du groupe

(*) Vétéran blogueur, spécialiste de la peinture et de la musique de merde, Lyle est le vénérable rédacteur en chef de Dans le mur… du son, concurrent et néanmoins ami de la famille.

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3 Commentaires

  1. lyle a ajouté ces quelques mots le avril 25, 2011 | Permalien

    Mais qu’est ce que tu entends par « Vétéran blogueur » ?

    Un vétéran, blogueur ou un blogueur vétéran ? :-)

  2. Thomas Sinaeve a ajouté ces quelques mots le avril 26, 2011 | Permalien

    Dans ton cas, j’ai bien peur qu’il s’agisse des deux ;)

  3. lyle a ajouté ces quelques mots le avril 26, 2011 | Permalien

    C’est malheureusement bien ce que je pensais…

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