Bilan du Japan Expo 12e impact : Nani ??

2011 est une année particulière pour le pays du soleil levant après les terribles conséquences du séisme du 11 mars dernier dans la côte Pacifique du Tôhoku. Alors que des actions de soutien (le projet Ganbare Japan! par exemple) se sont multipliés au Japan Expo pour sensibiliser le public et récolter des fonds, nous avons [...]

2011 est une année particulière pour le pays du soleil levant après les terribles conséquences du séisme du 11 mars dernier dans la côte Pacifique du Tôhoku. Alors que des actions de soutien (le projet Ganbare Japan! par exemple) se sont multipliés au Japan Expo pour sensibiliser le public et récolter des fonds, nous avons été frappés par la tournure mercantile qu’a définitivement pris le salon. C’est donc avec un sentiment de déception que nous sortons de ces quatre jours consacrés à la culture japonaise.

Samourais

C’est même dès le premier jour que nous avons senti une différence avec la précédente édition du festival. Les cosplayers1 semblaient tout d’abord peu inspirés puisque l’on ne voyait que des déguisements issus de One Piece ou Naruto. Croiser quinze Monkey D. Luffy dans une même allée finissait par lasser… Rares étaient les cosplayers qui s’étaient risqués à venir avec des costumes originaux comme cet impayable Seiya que nous avons croisé.

Seiya ?

Du côté des exposants, c’est la contrefaçon qui régnait dans les très nombreuses boutiques du salon. Les figurines, les peluches et autres costumes de piètre qualité abondaient entre les pseudos maillots de foot issus de Captain Tsubasa et les chapeaux de paille de Luffy – le tout à des prix exorbitants. Ajoutons à cela des vendeurs parfois peu aimables et vous imaginez le malaise qui pouvait nous habiter. Il n’y a guère qu’auprès des stands de créateurs que nous avons véritablement pu trouver chaleur, sérieux et convivialité.

Stand Jeunes createurs

Pour les dédicaces et les grandes rencontres, le Japan Expo ne nous a par contre pas déçu avec ses trois invités prestigieux que sont le character designer2 Nobuteru Yûki (Lodoss War, Legend of Mana, etc), le compositeur Akira Yamaoka (Silent Hill) et la dessinatrice Yumiko Igarashi (Candy et Georgie). Une question cependant : sont-ils véritablement connus des jeunes qui composent 90% des visiteurs du salon ?

Capsule Corp.

Du côté des jeux vidéo, nous avons été surpris par la place plus réservée qui leur était consacrée. Pas de grands tournois sur Street Fighter IV, peu de bornes d’arcade et même aucun shoot’em up3 sur le stand Neo-Arcadia. Une vrai disette pour les gamers qui s’étaient déplacés pour jouer ou se mesurer à des adversaires. Il n’y a que sur le stand des Coréens Samsung que nous avons pu affronter le champion européen du jeu Marvel Vs. Capcom 3.

Stand Nintendo

Certains ont pourtant tiré leur épingle du jeu. Avec des stands qui ont rivalisé en taille et en originalité, Nintendo, Namco Bandai, Sega et surtout Ankama ont profité de l’absence notable des poids lourds que sont Sony et Microsoft pour présenter leurs toutes dernières nouveautés.

Soucieux de rattraper un lancement raté de sa 3DS, Nintendo proposait pléthore de valeurs sûres dans ses allées. Nous avons par exemple pu essayer l’excellent Star Fox 3D et le bouillonnant Kid Icarus Uprising. Des cartes de réalité augmentée étaient même distribuées par les aimables hôtesses. De leur côté, Namco Bandai ont lâché l’artillerie lourde avec des bandes-annonces monstrueuses de Dragon Ball Z : Ultimate Tenkaichi et Naruto Shippuden : Ultimate Ninja Storm Generation. Moins convaincant et limite risible, le beat’em all4 Saint Seiya : Sanctuary Battle s’est dévoilé en avant-première mondiale avec une séquence in game. Le jeu s’est révélé rigide et osons le dire : moche.

Dans un stand voisin, l’éditeur Sega célébrait joyeusement les vingt ans de sa mascotte Sonic avec des bornes de jeu rétro, un musée et même un gâteau d’anniversaire. Avec une aire de jeu particulièrement imposante et même centrale dans la partie Jeux vidéo du salon, Ankama en a enfin profité pour présenter son nouveau jeu Boufbowl prévu cette année, ainsi que le MMO5 Wakfu.

Le stand Ankama

Pour résumer, chers lecteurs et lectrices, cette décevante douzième édition du Japan Expo sonne comme un étrange essoufflement. Manque de renouvellement ? Une organisation perturbée par les tragiques récents événements ? Que dire aussi de l’absence de Mouloud Achour (Canal+) qui n’a même pas fait le déplacement pour les Japan Expo Awards qu’il était censé présider. Le Japon et cette riche culture que nous apprécions tant en France méritaient mieux que ça. On espère, l’année prochaine, un retour des inénarrables Gamushara Oendan pour relancer le salon !

Les Gamushara Oendan

Crédits photographiques : © Willy Gilboire – L’Oeil averti © 2010 SEFA EVENT – tous droits réservés © Aurore © GAMUSHARA OENDAN ALL RIGHTS RESERVED.

1. Le cosplay fait parti de la sous-culture japonaise. Il consiste à se déguiser en son héros favori.
2. Le character design est la représentation graphique des personnages.
3. Un shoot’em up est un type de jeu dans lequel le joueur dirige un véhicule ou un personnage devant détruire un grand nombre d’ennemis à l’aide d’armes de plus en plus puissantes, au fur et à mesure des niveaux, tout en esquivant leurs projectiles pour rester en vie. Parmi les plus notables : Gradius, Espgaluda, DeathSmiles
4. Un beat’em all est un type de jeu opposant un ou deux joueurs à un nombre important d’ennemis. Parmi les plus célèbres : Double Dragon, Final Fight, Devil May Cry
5. Un MMO est un jeu de rôle massivement multijoueur en ligne

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