Sleeping Beauty, de Julia Leigh – Beauté glacée

Une jeune étudiante intègre un étrange réseau de beautés endormies. Elle s’endort. Elle se réveille. Et c’est comme si rien ne s’était passé…
Présenté en compétition officielle au festival de Cannes 2011, réalisé par Julia Leigh, un écrivain à succès dont le livre The Hunter a récemment été adapté pour le grand écran1, Sleeping Beauty est [...]

Une jeune étudiante intègre un étrange réseau de beautés endormies. Elle s’endort. Elle se réveille. Et c’est comme si rien ne s’était passé…

Présenté en compétition officielle au festival de Cannes 2011, réalisé par Julia Leigh, un écrivain à succès dont le livre The Hunter a récemment été adapté pour le grand écran1, Sleeping Beauty est un film intriguant qui ne vous laissera absolument pas indifférent.

L’histoire suit Lucy, une étudiante qui, pour arrondir ses fins de mois, se prostitue dans des réseaux privés. La personnalité de la jeune femme semble insaisissable, ce qui n’est pas le cas en revanche de son physique angélique qu’elle vend (à loisir presque) aux plus offrants.

Préparations

Loin de toute étude psychologique ou sociologique de ce qui est une sordide réalité urbaine, Sleeping Beauty se révèle être une approche purement esthétique du corps. Lorsque la jeune femme intègre un étrange réseau de beautés endormies, c’est dans toute sa frontalité et sa crudité que la nudité des habitués est montrée à l’écran.

Certes, certains plans du film de Julia Leigh font évidemment référence à Buñuel (Belle de jour, 1967) et à Pasolini (Salò ou les 120 Journées de Sodome, 1976), mais c’est surtout à Kubrick et son traitement particulièrement clinique de la nudité dans Eyes Wide Shut (1999) auquel Sleeping Beauty fait penser.

Les pervers passeront donc leur chemin avec ce film qui n’est en aucun cas une incitation à la prostitution ou une célébration du voyeurisme. Point d’érotisme ici, mais une mélancolie palpable à la vision de ces corps qui s’exposent sans aucune retenue. L’écart entre la beauté juvénile de l’héroïne et le physique usé des octogénaires contribue en outre au malaise ambiant.

Inspection

En blu-ray, et dès l’apparition du menu interactif, le film de Julian Leigh est sublimé par les qualités techniques du disque. D’une précision chirurgicale, l’image renforce l’aspect glacé de la nudité telle qu’elle est dépeinte par la réalisatrice dans son film.Uniquement proposé en version originale sous-titrée, le film propose un 5.1 DTS HD discret et économe en effets.

Outre la bande-annonce du film, il sera enfin possible de s’attarder sur les interviews de la réalisatrice et de son actrice, l’occasion d’être encore un peu plus perdu quant à l’interprétation que vous vous ferez du personnage principal du film. En effet, on y découvre deux visions différentes du personnage énigmatique de Lucy, décidément insaisissable jusqu’au bout…

Porté par l’interprétation époustouflante d’Emily Browning, une actrice prometteuse qui se livre sans retenue pour le projet esthétique de la réalisatrice Julia Leigh, Sleeping Beauty est une œuvre atypique, subtile et exigeante pour spectateur avertis.

Sleeping Beauty, de Julia Leigh

Sleeping Beauty, scénario et réalisation de Julia Leigh
Musique : Ben Frost
Photographie : Geoffrey Simpson
Avec Emily Browning (Lucy)
Caractéristiques techniques : Australie ; 2011 ; 102 mn ; version originale 5.1 DTS HD Master Audio, sous-titrée français
Sortie prévue le 20 mars 2012 aux éditions ARP Sélection
Crédit photographique : © ARP Sélection

1. Un film de Daniel Nettheim sorti en 2011, avec Sam Neil et Willem Dafoe.

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