Après un trucmuche d’ouverture intitulé Intro, genre « oui manman je range le garage mais en même temps je branche mon walkman avec un micro, ça le f’ra pour le premier morceau de mon CD », on a droit à de la musique. Qui doit être prise morceau par morceau tant l’album A Different Ship, du groupe new-yorkais Here We Go Magic, est éclectique.

Hard To Be Close, tout en rondeur-douceur, part vers la ballade anodine, ne seraient-ce (et c’est quand même une marque de fabrique qui court sur tout le disque) les changements de tons assez agréables. Make Up Your Mind vire country speed sauce scat discret, inattendu au possible, et pas mal du tout. D’autant que ça finit en rotors d’hélicos et plages de synthés qui, n’ayant rien à foutre là, en deviennent savoureux.
Alone But Moving, quatrième morceau lento con brio, rengaine sur trois notes qui promettent de s’écraser dans le rien et pouf, se déploie soudain avec ici une voix background, là un effet d’écho. I Believe In Action, et nous v’là dans du disco, dis donc ! Genre musique de jeu sur Nintendo SuperNes, mais à nouveau, derechef et comme d’hab, ça s’étoffe d’autres sons, d’autres samples, d’autres surprises, et le morceau devient de plus en plus apaisant et beau en n’en finissant pas de mourir. Pause avec Over The Ocean, titre plus anodin sur lequel j’ai pas grand-chose à dire – rien en fait.

Puis arrive Made To Be Old et là, mon Dieu, mais c’est du Paul Mac ! Ah oui mais non, en fait. C’est de la chanson d’aujourd’hui, tricotée de petites choses infimes qui se croisent et se décroisent, voix et basse, sons et souffle, vachement vachement bien ! Et pis tiens, restons dans les héritages des sixties-seventies, le huitième morceau (How Do I Know) n’aurait pas dépareillé sur une face B d’un Billy Joël au mieux de sa forme. On s’approche de la fin, Miracle of Mary, peut-être le plus classic pop mais avec toujours ces arrangements et ces changements subtils. Plage Dix, n’attachez pas vos ceintures mesdames et messieurs, pas besoin, on atterrit sans turbulences excessives sur un long morceau éponyme de l’ensemble, A Different Ship, qui s’éteint très, très lentement après plus de huit minutes.
Au bout des dix morceaux, comme l’illuminé de lucioles sortirait de la nuit, le chroniqueur était conquis. Et se demanda si autant de variétés dans un album n’existait que dans son imagination ou bien réellement. A vous d’essayer.
Here We Go Magic : A Different Ship
Sortie prévue le 8 mai 2012
Crédit photographiques : © daniel C photography









3 Commentaires
Et la chronique sur le dernier Here We Go Magic alors ? Elle se trouve dans quelle partie du site ?
???
Je veux bien qu’on reproche à certains articles de ne pas parler des albums (cela arrive, moins ici qu’ailleurs – mais ici aussi parfois), mais celle-ci évoque tous les morceaux l’un après l’autre. Vous vouliez lire quoi d’autre ?
J’aime bien votre commentaire, DVRGHGTRNYTRBRB (sic). Fin, encourageant et documenté, un régal !..