Pro Cycling Manager 2012

Nous avions laissé la saga PCM, sur PC, à son millésime 2010. Cette critique fera donc essentiellement le point sur les nouveautés ajoutées par les développeurs durant ces deux dernières années.
Pour rappel, Pro Cycling Manager est depuis plus de dix ans, la seule et la meilleure (pas par défaut, loin de là) simulation de courses [...]

Nous avions laissé la saga PCM, sur PC, à son millésime 2010. Cette critique fera donc essentiellement le point sur les nouveautés ajoutées par les développeurs durant ces deux dernières années.

Pour rappel, Pro Cycling Manager est depuis plus de dix ans, la seule et la meilleure (pas par défaut, loin de là) simulation de courses cyclistes. Dans cette version 2012, le jeu propose donc, comme toujours, de s’emparer d’une équipe professionnelle (existante ou créée) et de la conduire vers le succès tout en gérant l’ensemble des paramètres sportifs : les effectifs, les entraînements, les programmes de courses, les stages, le repos, les finances, mais aussi la stratégie en course. Un peu comme si cohabitaient en un seul jeu, mais pour le vélo bien sûr, Fifa 12 et Foootball Manager.

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Cavendish se grattant le popotin, c'est "priceless, don't you think ?.."

Si l’on devait trouver un mot « fil rouge » pour évoquer Pro Cycling Manager 2012, ce serait : le réalisme. Graphiquement le jeu n’a jamais été aussi beau, à condition toutefois d’avoir un ordinateur puissant. Sinon, impossible d’obtenir le rendu visuel des captures d’écran ici présentes. Si le clipping, c’est à dire un effet visuel de « construction » du décor au fur et à mesure de la progression, est toujours présent, les effets d’eau, les champs fleuris, les arbres et autres objets bucoliques sont remarquables. Certaines étapes ou classiques sont époustouflantes de beauté, comme Paris-Roubaix ou l’arrivée du Tour aux Champs Elysées. Quelques améliorations bienvenues ont vu le jour depuis 2010 : les podiums sont plus crédibles, le vainqueur agitant un bouquet et/ou embrassant les hôtesses ; on « traverse » moins souvent les motos éclaireuses ou les voitures qu’avant. Les paysages sont également choisis en fonction du lieu, paysage méditerranéen plutôt sec ou forêts typiques de lieux plus continentaux. La limite étant les lieux exotiques, comme par exemple le Tour de Malaisie, qui utilise les paysages de Castille en lieu et place des mangroves et autres rizières de l’Asie du Sud-Est.

Pour un certain nombre de détails, il y a encore une marge de progression. Les maillots de leaders, par exemple, sont invariablement calqués sur ceux du Tour de France dans les petites courses par étapes (jaune du leader, vert des points, rouge et blanc de la montagne, blanc du meilleur jeune). Or, la diversité est en réalité bien plus grande. Les visages des plus grandes vedettes devaient par ailleurs avoir été individualisées. Las, les membres du peloton se ressemblent tous, comme avant. Pire, les rares coureurs noirs apparaissent aussi blancs que la laitière de Vermeer ; Kevin Réza, Yohan Gène et Daniel Teklehaimanot sont pourtant bel et bien là. Mentionnons en outre les défauts de licence dont Cyanide souffre toujours, ce qui les oblige à renommer quelques équipes et leurs coureurs. On a donc droit à Carbonara pour Cancellara, Gillou pour Gilbert ou encore Fourure pour Tyler Farrar. Remarquez cela en est quasiment poétique… Mais heureusement, la formidable communauté de fans a les solutions pour réparer ces défauts : databases, maillots, skins, tout sera modifiable. Vous trouverez même de très bons tutoriaux en ligne expliquant comment gagner les sprints, isoler un leader en montagne ou même débuter dans le jeu.

Note postérieure à la publication de cet article : il semble que les problème de visages uniformes et de couleur de peau soient dûs à la database que j’ai utilisée pour mon test, et non au jeu lui-même, qui corrige ces défauts. Dont acte.

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Bucolique randonnée en bord de mer avec zolies fleurs et peloton encore groupé.

Pendant que j’en suis aux reproches, j’en ai un tout-à-fait personnel, et j’ose croire qu’il a chatouillé l’ego de quelques autres joueurs : il est impossible d’être un manager né avant 1970 dans ce jeu. Moi qui arbore fièrement 1968 à ma vignette de 4L vintage (c’est une métaphore, rassurez-vous), j’en suis limite marri. Un patch « âge du capitaine » est donc formellement requis, please !

Le mode « carrière » n’est pas le seul disponible. Depuis quelques années, divers épreuves de cyclisme sur piste sont jouables. Amusantes quelques minutes, elles ne satisferont cependant pas les otaku du pédalier. Pour les plus pressés, il est aussi possible de ne courir qu’une seule étape, ou une classique, ou un Tour choisi dans la longue liste des épreuves présentes. Une  augmentation d’ailleurs bienvenue, surtout lorsqu’on décide de jouer aux commandes d’une toute petite équipe en espérant la faire grandir et prospérer, cela permet d’accéder à un nombre bien plus élevé d’épreuves.

Plus novateur est le mode online « Armada », sorte d’Ultimate Team à la EA sports, qui vous invite à composer une équipe cycliste et à l’utiliser pour affronter en ligne d’autres adversaires. Bien fichu, ce mode de jeu est néanmoins limité par son principe puisqu’il faudra débourser du vrai pognon pour acquérir de bons coureurs. Enfin, non, pas obligatoirement. Il est possible d’acheter des cartes avec de l’argent factice gagné en course. Mais la difficulté de gagner avec une équipe faible au départ pousse à utiliser de vrais euros pour étoffer son effectif. Pour 4,95 €, on peut acheter dix cartes « or » et vingt « argent », par exemple. Pas sûr du tout que la chose soit appréciée par la communauté cyclingo-managérante… Mais l’idée des cartes est à garder. Pourquoi ne pas conditionner leur acquisition à des objectifs précis ? Genre gagner le Giro, remporter le maillot blanc du Tour de France, celui de grimpeur de la Vuelta, faire un top 3 sur le Tour des Flandres, etc…

Une gestion des courses et des coureurs bien plus accessible qu’auparavant.

Une gestion des courses et des coureurs bien plus accessible qu’auparavant.

Comme il est tout à fait possible de simuler systématiquement toutes les courses, de deux façons en plus (rapide et détaillée), PCM 2012 peut être joué sous le seul angle de la gestion. Là aussi des progrès appréciables ont été réalisés. Les écrans sont plus clairs tout en gardant une profondeur de gameplay très importante. L’organisation des stages et la programmation des courses sont désormais bien plus lisibles. Les exigences des sponsors sont plus fines, elles ne sont plus uniquement tournées vers des victoires mais demandent aussi d’avoir un certain nombre de coureurs de tel ou tel pays, et d’assurer la présence de leaders reconnus sur certaines courses. Dommage qu’on ne puisse pas emprunter aux banques (surtout pour acheter du matériel en début de saison) ni chercher d’autres sponsors, mais c’est bien secondaire. Au niveau du recrutement, il faudra attendre début juillet pour discuter avec d’éventuels renforts venus d’autres équipes ou sans contrat. Mais le reste du temps, on peut envoyer des éclaireurs dans de très nombreuses parties du globe à la recherche de la perle rare de moins de 21 ans, et une fois découverte, la faire signer pour être sûr de la conserver. Nerf de la guerre vélocipédique également, l’argent permet de gagner plus facilement : de meilleurs cyclistes, de plus belles courses mieux dotées en récompenses, la possibilité d’engager les meilleurs entraîneurs qui feront progresser bien plus vite les jeunes talents, les médecins les plus qualifiés qui feront gagner jusqu’à un mois sur le temps de guérison des divers bobos, l’achat du meilleur matériel pour avoir de meilleures chances de victoires et la possibilité d’envoyer vos poulains dans des stages grand luxe pour le repos, l’entraînement de pré-saison ou l’entraînement spécifique. Finalement, débuter le mode carrière à la tête, par exemple, de la modeste équipe Endura Racing (pour laquelle court un gars que j’aime beaucoup, Alexander Wetterhall, c’est pour ça que je la cite) sera un défi bien plus grand que de le faire en tant que manager de l’équipe Sky…

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Je préfèrerais que Cyanide inclue dans le prochain PCM des équipes et épreuves féminines plutôt que de ne montrer des femmes qu'en potiches de podium...

Terminons par l’essentiel, les sensations de course. Elles n’ont jamais été aussi réalistes. Concrètement, j’ai par exemple voulu gagner le Tour de Suisse avec Thibaut Pinot. C’est une épreuve courue début juin, avec assez d’étapes montagneuses pour que mon objectif soit réaliste. Sur le contre-la-montre inaugural, j’ai limité la casse en fournissant un gros effort dans la côte, puisque le prodige de la Française des Jeux est un excellent grimpeur, et j’ai ensuite laissé aller dans la 2e partie du CLM en descente. Bien vu, je n’ai perdu que quelques secondes sur le vainqueur. Mais ensuite, sur la première étape de montagne, j’ai complètement foiré la gestion de ma course. Au pied de la dernière bosse, je m’aperçois qu’il n’a plus de bidon. Le temps d’aller en chercher un à l’arrière de ce qui restait du peloton, les cadors avaient placé une attaque. Désemparé, j’ai essayé de les suivre sans avoir récupéré le précieux liquide, mais paf, le coup de fringale m’a scotché sur l’asphalte et j’ai concédé 7 minutes en 12 km !

De manière plus générale, les courses sont vraiment passionnantes à gérer. Si dans une échappée les grosses équipes sont représentées, le peloton ne roulera pas. Si l’on roule avec vent de face, l’énergie s’épuise plus vite. Seul défaut, il est impossible d’inciter un compagnon d’échappée à prendre le relais, et l’on se retrouve quasi systématiquement à rouler seul. Dans ce cas, l’unique solution est de stopper son effort pour laisser les autres le produire, quitte à reprendre le relais plus loin. Et, plaisir ultime, si vous possédez dans votre équipe un bon bataillon de gros rouleurs, il est possible, avec le vent latéral en plaine, de faire un coup de bordure et de laisser la moitié du peloton à 5 mn à l’arrivée. Les spécialistes et passionnés du vélo comprendront. Et d’ailleurs, PCM 2012 est d’abord et avant tout fait pour eux -pour nous.

Pro Cycling Manager 2012
Sorti sur PC Windows le 21 juin 2012
Genre : simulation sportive
Développeur : Cyanide studio
Éditeur : Focus Home Interactive
Crédits photographiques des captures d’écran : Cyanide et Focus Home Interactive.
Merci à Clément Pinget pour sa toujours très grande disponibilité.

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Un Commentaire

  1. MONOD a ajouté ces quelques mots le mars 29, 2013 | Permalien

    Pour courir une belle étape de Montagne sur PCM 2012, tentez votre chance sur la nouvelle Classique du Grand Prix de GAP (200km) 3 cols HC dont 1 qui culmine à 3021m.

    Profil de l’étape :

    http://www.1terre.com/blog/images/pcm_2012/profil_gp_gap_pcm_2012.jpg

    À télécharger gratuitement sur :

    http://www.1terre.com/blog/index.php/?Grand-prix-de-gap-pcm-2012

    Bonne étape !

Un Rétrolien

  1. [...] Je me souviens d’avoir gagné le Tour de France avec Rigoberto Uran en le faisant progresser avec les meilleurs entraîneurs. Mais c’était au jeu Pro Cycling Manager. [...]

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