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	<title>Interlignage</title>
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	<description>L&#039;anti-zapping culturel</description>
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		<title>Star Wars &#8211; The Old Republic : le jeu online qui se joue mieux tout seul</title>
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		<pubDate>Sun, 27 May 2012 12:00:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>RV</dc:creator>
				<category><![CDATA[Surlignage]]></category>
		<category><![CDATA[Jeux vidéo]]></category>

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		<description><![CDATA[Star Wars &#8211; The Old Republic (SWTOR, ainsi que le surnomment ses fans et pratiquants) est sorti depuis quelques mois déjà. Je l&#8217;ai essayé en mars dernier, profitant d&#8217;un week-end de découverte gratuite. Puis je me suis abonné au jeu, après m&#8217;être acquitté de son prix relativement raisonnable (une trentaine d&#8217;euros, pour environ cinq heures [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Star Wars &#8211; The Old Republic </em></strong>(SWTOR, ainsi que le surnomment ses fans et pratiquants) est sorti depuis quelques mois déjà. Je l&#8217;ai essayé en mars dernier, profitant d&#8217;un week-end de découverte gratuite. Puis je me suis abonné au jeu, après m&#8217;être acquitté de son prix relativement raisonnable (une trentaine d&#8217;euros, pour environ cinq heures de téléchargement si vous l&#8217;achetez en ligne). Tout ça pour expliquer que, n&#8217;étant pas d&#8217;une actualité brûlante ou imminente, ce jeu figure ici en surlignage et non en critique.</p>
<p>J&#8217;ai déjà, dans ces colonnes, évoqué plusieurs MMORPG, ces jeux massivement multijoueurs en ligne qui attirent habituellement des joueurs friands d&#8217;expéditions communes avec d&#8217;autres bipèdes connectés. SWTOR me donne l&#8217;occasion de montrer qu&#8217;un solitaire (et même, je l&#8217;avoue sans barguigner, un léger misanthrope) comme moi peut trouver un plaisir infini sans avoir à échanger ne serait-ce qu&#8217;une phrase avec un de ses congénères.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17812" title="SWTOR_14" src="http://interlignage.fr/images/2012/05/SWTOR_14.jpg" alt="SWTOR_14" width="400" height="257" /></p>
<p>Le parcours scripté du MMORPG est toujours le même :<br />
1. création de son avatar, qu&#8217;il faut bichonner en matière de look et même de patronyme, vu qu&#8217;en général on se le fade durant des centaines d&#8217;heures.<br />
2. on parcourt le jeu en tous sens à la recherche de quêtes qui vous font progresser en gagnant de l&#8217;expérience (c&#8217;est-à-dire une capacité à être de plus en plus fort au combat) et du matériel.<br />
3. on se confronte aux autres joueurs humains, soit en parcourant des instances (= donjons) où l&#8217;on se bat en groupe contre des monstres de valeur épique, soit en se bastonnant sauvagement avec ces mêmes humains dans des lieux spéciaux appelés &laquo;&nbsp;JcJ&nbsp;&raquo;, Joueurs contre Joueurs.</p>
<p>Or SWTOR est absolument bluffant en ce qui concerne les parties 1 et 2 mais tout-à-fait dispensable pour la partie 3. Démonstration.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17805" title="SWTOR_13" src="http://interlignage.fr/images/2012/05/SWTOR_13.jpg" alt="SWTOR_13" width="400" height="400" /></p>
<p>Les visuels ci-dessus parlent d&#8217;eux-mêmes, la création de son avatar est d&#8217;un jouissif rarement atteint. A priori on a l&#8217;impression d&#8217;un choix limité, 5 races du côté République, 5 du côté Sith, et 4 classes seulement. Mais la personnalisation de son personnage est très poussée et l&#8217;on obtient des personnages vraiment très différents &#8211; surtout si l&#8217;on choisit un alien à la peau colorée. Ajoutez à volonté cicatrices, coupes de cheveux, piercings, tatouages, cyber-trucmuches implémentés en plein visage, cornettes et cornouillers sur certains crânes et vous aurez une très forte chance d&#8217;arborer un look unique, au contraire de nombreux MMORPG où tout le monde ressemble à tout le monde. Ci-dessous, je vous présente Zennaka, chevalière Jedi orientée &laquo;&nbsp;force lumineuse&nbsp;&raquo; de ma composition, que j&#8217;ai poussée au niveau 20 pour le moment. Elle est bêêêêlle hein, tu trouves pas lecteur ?..</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17794" title="SWTOR_5" src="http://interlignage.fr/images/2012/05/SWTOR_5.jpg" alt="SWTOR_5" width="400" height="353" /></p>
<p>Allez, zou, étape 2, c&#8217;est là qu&#8217;il y a le plus à dire, à vivre, à s&#8217;émerveiller. Grande classe pour l&#8217;univers graphique d&#8217;abord, chapeau aux développeurs. Sobres mais crédibles de bout en bout, les décors passent de la planète à demi-sauvage aux bases spatiales plus gadgétisées que l&#8217;inspecteur du même nom. Ne cédant en rien à la &laquo;&nbsp;violetisation&nbsp;&raquo; maladive d&#8217;un <em>World of Warcraft</em>, SWTOR se pare de couleurs sobres, dominées par les bruns, les ocres et les gris, mais au service d&#8217;une unité visuelle remarquable.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17798" title="SWTOR_9" src="http://interlignage.fr/images/2012/05/SWTOR_9.jpg" alt="SWTOR_9" width="400" height="257" /></p>
<p>Souvent les joueurs de MMORPG se plaignent de la monotonie des quêtes proposées : hélas, elles se résument à massacrer telles quantité de streums ou à récupérer/voler/apporter un objet plus ou moins magique. Que nenni ici, chaque quête est totalement imbriquée dans l&#8217;histoire de votre personnage, de sa classe ou de sa race, de la planète ou de la base spatiale sur laquelle vous êtes. Les cinématiques sont nombreuses mais pour ainsi dire jamais trop bavardes ni trop laconiques. Elles s&#8217;insèrent idéalement dans l&#8217;action, ne présentant aucune différence graphique avec le jeu lui-même (on est bien loin des cinématiques sublimes insérées dans un jeu tout pixelisé comme on en connaissait il y a encore peu). Variées, lucratives en termes d&#8217;expérience (les fameux XP qui, s’accumulant, renforcent votre personnage) et en &laquo;&nbsp;crédits&nbsp;&raquo; (la monnaie du jeu) qui vous permettent de mieux vous équiper, ces quêtes sont également très fidèles à l&#8217;univers<em> Star Wars</em>. Même si l&#8217;histoire du jeu est située des centaines d&#8217;années avant la Prologie et la Trilogie de George Lucas, tout est bien là : droïdes, puissance de la Force, hiérarchie Jedi, République et Siths, humains et aliens, vaisseaux, planètes parcourues, marchands, et même combats spatiaux.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17813" title="SWTOR_15" src="http://interlignage.fr/images/2012/05/SWTOR_15.jpg" alt="SWTOR_15" width="400" height="258" /></p>
<p>Oui, à partir du niveau 18 environ, vous aurez accès à votre propre  navire de combat et pourrez participer à des missions. Mieux encore,  vous pourrez booster les capacités défensives et offensives de votre  bijou afin de profiter au mieux de ces joutes interstellaires.  L&#8217;essentiel des missions se passe néanmoins sur les différentes planètes  que les connaisseurs de <em>Star Wars</em> connaissent bien : Tatoine, Aldorande  ou encore Coruscant, en tout plus de 15 astres truffés d&#8217;aventures à découvrir. Puisque chaque classe a une histoire et un destin particulier, les zones de départ sont différentes et l&#8217;enchaînement des missions aussi. Autant dire que la rejouabilité du jeu est très forte. Par exemple, j&#8217;ai débuté avec Zennaka présentée plus haut, mais j&#8217;ai aussi commencé à explorer le jeu sous la forme d&#8217;une chasseuse de primes affiliée à l&#8217;empire &#8211; ce qui actuellement m&#8217;amène à bosser pour un répugnant clone de Jabba The Hutt, perverse limace démesurée jouant les <em>capo </em>mafieux dans les bas-fonds de Hutta. Quatre classes équivalentes, en gros,  à Paladin, Mage, Chasseur et Guerrier ont proposées au départ. La progression permet d&#8217;affiner ses capacités, notamment par un système de talents qui rappelle plus que fortement celui de WoW.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17801" title="SWTOR_12" src="http://interlignage.fr/images/2012/05/SWTOR_12.jpg" alt="SWTOR_12" width="400" height="244" />La solitude des quêtes à accomplir sera bien vite brisée par un ajout simple et génial : celui d&#8217;un partenaire, un acolyte capable de vous assister au combat et de vous donner aussi accès à l&#8217;un des nombreux métiers disponibles. Droïde ou humain ou alien, fidèle ou fantasque, bourrin ou défensif, ce compagnon changera la face des combats et même celle du jeu, puisque les métiers disponibles vous permettront d&#8217;accumuler ressources et objets divers afin d&#8217;étoffer encore soit votre bourse, soit votre équipement. Libre à vous de plus ou moins négliger ces compagnons (ils s&#8217;accumulent au fil de l&#8217;histoire et il faudra apprendre à utiliser leurs capacités respectives), mais il sera possible (et conseillé) d&#8217;entretenir avec eux de bonnes relations, notamment par les choix de réponses dans les dialogues du jeu. Se mettre à dos un padawan par exemple ne sera pas du plus bel effet en plein combat contre un gros boss, car il risquera de vous planter là pour aller voir ailleurs si l&#8217;herbe est plus grasse&#8230;</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17796" title="SWTOR_7" src="http://interlignage.fr/images/2012/05/SWTOR_7.jpg" alt="SWTOR_7" width="400" height="270" /></p>
<p>Un mot sur les combats. Ils sont dynamiques, bruités à la perfection (tirs de blasters, sons des sabres jedi dont on peut même changer la couleur, grognements des bébêtes plus ou moins dégénérées croisées dans l&#8217;aventure, etc.) et d&#8217;une difficulté en général parfaitement bien dosée. Si la barre de vie a tendance a baisser vite, soigner son personnage entre deux combats est facile et rapide, et si la mort vous frappe, vous pourrez ressusciter sans dommages excessifs dans une station médicale proche, voire même sur le lieu de votre défaite. Avant d&#8217;oublier, la musique symphonique reprenant les principaux thèmes de <em>Star Wars</em> est bien entendu très présente.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17797" title="SWTOR_8" src="http://interlignage.fr/images/2012/05/SWTOR_8.jpg" alt="SWTOR_8" width="400" height="257" /></p>
<p>Étape 3 maintenant (si vous avez décroché, remontez plus haut pour reprendre ma logique explicative, espèce de cancre !). Premier constat, les serveurs proposés sont pour la plupart vides. Je n&#8217;arrive d&#8217;ailleurs pas à comprendre pourquoi il y en a tant, une centaine en Amérique du Nord et autant en Europe, Trois en Asie pacifique. erreur stratégique ou énorme prétention ? Difficile donc de trouver des compagnons pour s&#8217;inscrire dans une guilde ou partir en donjon. Et comme je vous l&#8217;ai déjà dit, cette partie-là ne m&#8217;intéresse pas. En revanche, aller se peigner la tronche en JcJ avec ceux d&#8217;en face (les SIth ou la République selon votre affiliation de départ) est très accessible et les combats, acharnés et dynamiques, peuvent rapporter gros. Pour l&#8217;instant, l&#8217;ambiance y est neutre, c&#8217;est à dire sympathique par rapport au JcJ de WoW qui est devenu franchement puant tant les donneurs de leçons gorgés de morve et de morgue y pullulent.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17800" title="SWTOR_11" src="http://interlignage.fr/images/2012/05/SWTOR_11.jpg" alt="SWTOR_11" width="400" height="234" /></p>
<p>Vous aurez donc compris que SWTOR est mon jeu PC culte de 2012. Ce que j&#8217;investissais mensuellement pour <em>World of Warcraft</em> y a été transféré, soit un abonnement d&#8217;environ treize euros mensuels. Au vu du faible nombre de joueurs ça ne m&#8217;étonnerait pas d’ailleurs que le jeu adopte un modèle <em>Free-to-play</em>, comme avant lui <em>Age of Conan</em>, <em>Aïon </em>ou <em>Rift</em>, tous MMORPG ayant dû renoncer à faire obligatoirement payer leurs joueurs pour survivre. En attendant, ce chef-d’œuvre (ben oui, c&#8217;est un qualificatif qui est la conclusion logique de ce qui précède après tout) est idéal pour tout amateur de RPG en solo, qu&#8217;il aime l&#8217;univers Star Wars ou pas d&#8217;ailleurs, même si se sentir des médichloriens frétiller dans les veines ajoute au plaisir. Je ne finirai ni en vous révélant que je suis votre père, ni en souhaitant que la Force soit avec vous, mais en vous disant que je vais becqueter après mon labeur, et que je l&#8217;ai bien mérité. Oh, quoi encore ? Pfff, Junior a encore laissé traîner son sabre laser près du chien et c&#8217;est plein de boyaux et de sang, oui, bon, allez on va pas en faire un drame, on te paiera un petit chien Salky de contrebande.</p>
<p><em><strong>Star Wars &#8211; The Old Republic</strong></em><br />
<strong>Uniquement sur PC</strong><br />
<strong>Jeu payant + abonnement obligatoire, jouable uniquement sur internet</strong><br />
<strong>Développé par BioWare</strong><br />
<strong>Edité par Electronic Arts</strong><br />
<strong>Sorti en France le 20 décembre 2011</strong><br />
<strong>Déconseillé aux moins de 16 ans</strong><br />
<strong>Crédits photographiques : ©EA et BioWare. Cependant toutes les images présentées ici sont des captures d&#8217;écran personnelles.</strong></p>
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		<title>Cucumber &#8211; Space-opera gustatif</title>
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		<pubDate>Thu, 24 May 2012 07:00:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas Sinaeve</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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		<description><![CDATA[Au terme d&#8217;une longue enquête qui nous entraîna aux quatre coins du globe pour finir par nous envoyer consulter le grand (?) Cyril Lignac (lequel en sortit pour le moins troublé), la rédaction d&#8217;Interlignage est en mesure d&#8217;afficher ce constat net et sans appel : il n&#8217;existe aucune recette à base de concombre qui soit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Au terme d&#8217;une longue enquête qui nous entraîna aux quatre coins du globe pour finir par nous envoyer consulter le grand (?) Cyril Lignac (lequel en sortit pour le moins troublé), la rédaction d&#8217;<em>Interlignage</em> est en mesure d&#8217;afficher ce constat net et sans appel : il n&#8217;existe aucune recette à base de concombre qui soit en quoi que ce soit à l&#8217;image du premier album de <a title="Myspace (titres en écoute)" href="http://www.myspace.com/cucumberexperience">Cucumber</a>.</p>
<p>Ce fut finalement un autre consultant, <a title="Biographie" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Luc_Grosroger">Jean-Luc Grosroger</a><strong><sup>1</sup></strong>, qui parvint à éclairer notre lanterne. Fan de Blaxploitation, de Zappa et des mauvais James Bond avec Roger Moore<strong><sup>2</sup></strong>, le célèbre gastronome, réputé pour ses provocations musico-culinaires<strong><sup>3</sup></strong>, se montra catégorique : &laquo;&nbsp;Votre disque, là, c&#8217;est une ratatouille mayonnaise.&nbsp;&raquo; Euh&#8230; oui, mais encore ? Interview.</p>
<p><a href="http://interlignage.fr/images/2012/05/thefrenchjob.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-17734" title="thefrenchjob" src="http://interlignage.fr/images/2012/05/thefrenchjob.jpg" alt="thefrenchjob" width="400" height="395" /></a></p>
<p><strong>Jean-Luc bonjour. Vous qui êtes connu pour être un fin spécialiste de rock psychédélique américain et de cuisine franchouillarde, quel est votre sentiment sur <em>The French Job</em>, premier album de Cucumber que l&#8217;on serait tenté de situer à la jonction de vos deux domaines d&#8217;expertise ?</strong></p>
<p><strong>J-L. G. :</strong> Je dirais que c&#8217;est un bel effort, malgré un net déficit en sucre. L&#8217;absence de chant, sans doute.</p>
<p><strong>A la première écoute, on n&#8217;est pas sûr de tout à fait comprendre le rapport avec le concombre&#8230;</strong></p>
<p>Non, il est certain que le groupe a cherché à se montrer elliptique. Ou peut-être à doper la popularité du <em>cucumis sativus</em>, cucurbitacée assez négligé par les Français, le plus souvent cantonné aux entrées ou aux périodes de régime.</p>
<p><strong>De ce point de vue, ne peut-on pas dire que la mission est accomplie ? Après cet album, l&#8217;image du concombre ne sera jamais plus la même&#8230;</strong></p>
<p>Si telle était la mission, elle est en effet grandement remplie. Bien sûr, il n&#8217;est pas à exclure que le groupe ait poursuivi d&#8217;autres buts, disons&#8230; moins nobles&#8230;</p>
<p><strong>Que voulez-vous dire ?</strong></p>
<p>Je le soupçonne &#8211; mais ce n&#8217;est qu&#8217;une hypothèse &#8211; d&#8217;avoir surtout voulu publier un disque fun et coloré, plein d&#8217;énergie et de second degré. Sans se poser de questions.</p>
<p><strong>C&#8217;est plutôt réussi aussi, de ce point de vue&#8230; non ?</strong></p>
<p>Sans le moindre doute. <em>Était-ce souhaitable ?</em>, c&#8217;est un autre débat.</p>
<p><strong>Ça ne fait pas de mal, en tout cas. Ça change, même. Pour ne pas dire que le résultat est assez jouissif&#8230;<br />
</strong></p>
<p>Pas de mal, c&#8217;est vite dit. Ce qui est jouissif&#8230; c&#8217;est de cela, justement, que nous devons nous méfier. Imaginez que tous les groupes se mettent à faire ce genre de disques qui conquièrent l&#8217;auditeur en trois notes et s&#8217;écoutent avec le ventre et les fesses&#8230; nous serions au chômage, vous et moi. Le Rock et la Pop sont tout de même une affaire sérieuse. Le Funk aussi, au demeurant. Et je ne vous parle pas du concombre.</p>
<p><strong>Ah ? C&#8217;est une affaire sérieuse, le concombre ?</strong></p>
<p>Moins que l&#8217;aubergine, mais plus que la courgette.</p>
<p><strong>Merci Jean-Luc pour cet éclairage.</strong></p>
<p><strong><em>The French Job</em>, de Cucumber<br />
Sortie le 1er juin chez Cosmic Groove<br />
Crédit photo : Kimi Kimoki</strong></p>
<p><strong>1.</strong> Sans déconner ? Tu as vraiment cliqué, lecteur ?<br />
<strong>2</strong>. QUI A DIT <em>PLÉONASME</em> ?!<br />
<strong>3</strong>. On lui doit notamment &#8211; faut-il le rappeler ? &#8211; la tartiflette aux noix de cajou et tabasco, &laquo;&nbsp;<em>réponse savoyarde au nu-metal </em>».</p>
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		<title>Les 1001 BD qu’il faut avoir lues dans sa vie : un coup de cœur !</title>
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		<pubDate>Wed, 23 May 2012 07:00:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Otaku Sama</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Bandes dessinées]]></category>

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		<description><![CDATA[Le concept est clair, accessible à tous : réunir au sein d’un même ouvrage les plus grandes bandes dessinées de ces dernières décennies en mettant l’accent sur sa grande diversité : romans graphiques, mangas, comics…
Le lecteur n’est pas noyé sous un flot d’informations inutiles et dispose pour chaque œuvre d&#8217;un résumé synthétique mais accrocheur ainsi que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le concept est clair, accessible à tous : réunir au sein d’un même ouvrage les plus grandes bandes dessinées de ces dernières décennies en mettant l’accent sur sa grande diversité : romans graphiques, mangas, comics…</p>
<p>Le lecteur n’est pas noyé sous un flot d’informations inutiles et dispose pour chaque œuvre d&#8217;un résumé synthétique mais accrocheur ainsi que de données essentielles, telles la couverture et quelques planches, la date de parution, le nom de la BD, de l’auteur et du dessinateur (si celui-ci est différent), etc.</p>
<p>Pour faciliter son utilisation, les œuvres sont classées chronologiquement depuis l’avant années 30 jusqu’à nos jours. Ainsi on retrouve avec plaisir les séries qui ont bercé notre enfance – <em>Candy Candy, Tintin</em> &#8211; ou bien celle de nos parents et grands-parents – <em>Bécassine, Betty Boop,</em> <em>Captain America, Flash Gordon &#8211; </em>tout comme les incontournables du genre : <em>Blake et Mortimer, Boule et Bill, Batman, Nana</em><strong>1</strong><em>, Persépolis…</em> Cette anthologie donne aussi l’occasion de découvrir des œuvres insolites ou parfois méconnues du grand public comme <em>Sur les pas de Samuel, </em>du finlandais Tommi Musturi, qui met en scène, sans utiliser de texte mais exclusivement l&#8217;image, les aventures surréalistes d&#8217;un humanoïde blanc.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17656" title="Les 1101 BD qu'il faut voir lues dans sa vie, couverture" src="http://interlignage.fr/images/2012/05/1101-BD.jpg" alt="Les 1101 BD qu'il faut voir lues dans sa vie, couverture" width="400" height="400" /></p>
<p>Mais cette anthologie ne se contente pas de résumer brièvement les œuvres choisies, on apprécie tout particulièrement l’approche des rédacteurs, véritables experts, qui grâce à une analyse technique et percutante parviennent à susciter l’envie de lire et c’est bien là l’essentiel !</p>
<p>Ce qui pouvait être un pari difficile donne un résultat plus que convaincant. On pourrait croire que ce bel ouvrage se destine seulement aux amateurs de bandes dessinées, point du tout car il peut permettre de découvrir l’univers de la BD ou bien être utilisé pour une approche pédagogique, au sein d’une classe par exemple.</p>
<p><strong><em>Les 1001 BD qu’il faut avoir lues dans sa vie paru en mars 2012<br />
<a title="Site de l'éditeur" href="http://editions.flammarion.com/">Éditions Flammarion</a><br />
Beaux livres Flammarion, collection les 1001<br />
Préface de Benoît Peeters, sous la direction de Paul Gravett, coordonné par Nicolas Finet</em></strong></p>
<p><strong><em>1. </em></strong>Manga à succès de Ai Yazawa (4o millions d&#8217;exemplaires vendus) qui raconte les aventures amoureuses de deux jeunes amies sous fond de musique rock.<strong><em><br />
</em></strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Friday Night Lights (saison 5) &#8211; Last Stop : This Town</title>
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		<pubDate>Tue, 22 May 2012 09:39:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas Sinaeve</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Coffret]]></category>
		<category><![CDATA[DVD]]></category>
		<category><![CDATA[Séries TV]]></category>

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		<description><![CDATA[J&#8217;ai grandi à Dillon, Texas. Je ne vous en parle jamais car c&#8217;était il y a longtemps et je n&#8217;ai pas aimé ça, mais j&#8217;ai grandi à Dillon et j&#8217;ai bien connu Buddy Garrity, Billy Riggins lorsqu&#8217;il n&#8217;était qu&#8217;un loser, j&#8217;ai fait des barbecues sur la terrasse d&#8217;Angela Colette, je suis même brièvement sorti avec [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;ai grandi à Dillon, Texas. Je ne vous en parle jamais car c&#8217;était il y a longtemps et je n&#8217;ai pas aimé ça, mais j&#8217;ai grandi à Dillon et j&#8217;ai bien connu Buddy Garrity, Billy Riggins lorsqu&#8217;il n&#8217;était qu&#8217;un loser, j&#8217;ai fait des barbecues sur la terrasse d&#8217;Angela Colette, je suis même brièvement sorti avec Julie Taylor en quatrième. J&#8217;ai grandi à Dillon, Texas mais ce n&#8217;était pas tout à fait au Texas. C&#8217;était beaucoup plus à l&#8217;est et il faisait beaucoup moins beau. Mais ça ressemblait beaucoup au Texas. Il y avait les mêmes braves gens et je ne voyais pas toujours qu&#8217;ils étaient braves. Leurs mentalités me paraissaient étriquées et leur générosité, je ne la voyais pas vraiment.</p>
<p>J&#8217;ai grandi à Dillon, Texas et en cinq saisons, il n&#8217;est pas un seul épisode de <strong><em>Friday Night Lights</em></strong> qui ne me l&#8217;ait pas rappelé d&#8217;une manière ou d&#8217;une autre. On a beaucoup écrit &#8211; à commencer par ici &#8211; à quel point la fiction créée par Peter Berg se lovait au creux d&#8217;une Amérique que l&#8217;on ne voyait jamais ailleurs, une &laquo;&nbsp;vraie&nbsp;&raquo; Amérique, à tout le moins une autre, pas nécessairement celle que les Européens préfèrent regarder en face. Une Amérique d&#8217;ouvriers, de<em> rednecks</em>, de paysans que l&#8217;imaginaire collectif méprisait ou ignorait, et à laquelle la série donnait des visages (celui du Coach Eric Taylor, celui du fascinant Tim Riggins, celui de Grand-Ma Saracen), des voix et surtout des actes (car cette Amérique-là préfère les actes à la parlote). On a souvent écrit, à tort et de manière schématique, que c&#8217;était la seule série dont les personnages pourraient être Républicains, et sympas de surcroît, alors que la vérité est plutôt qu&#8217;elle s&#8217;attarde sur la masse silencieuse des indécis ou des abstentionnistes, attachés à la famille et à la religion en tant que valeurs plus qu&#8217;en tant qu&#8217;idéologies, faisant si peu de cas des grands chants politique que lorsqu&#8217;arrivent les élections municipales elles ne provoquent qu&#8217;un vague frémissement dans la population, gentillette petite brise en regard du raz-de-marée qui submerge la ville les soirs de match. On n&#8217;a pas assez dit &#8211; mais c&#8217;était une évidence &#8211; qu&#8217;a contrario des séries piétinant avec jubilation les valeurs de l&#8217;Amérique, celle-ci les rappelait et leur redonnait des couleurs, sans angélisme, avec des nuances, mais sans ironie.</p>
<p><a href="http://interlignage.fr/images/2012/05/fnls5e3.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-17757" title="fnls5e3" src="http://interlignage.fr/images/2012/05/fnls5e3.jpg" alt="fnls5e3" width="400" height="272" /></a></p>
<p>Tout cela a été dit et bien dit, c&#8217;est pourquoi j&#8217;avais envie de vous révéler que j&#8217;avais grandi à Dillon, Texas. Résumer <strong><em>Friday Night Lights</em></strong> à un portrait naturaliste de l&#8217;Amérique censément profonde (ce qu&#8217;elle est aussi, bien sûr, c&#8217;est même LA série<em> americana</em> par excellence), c&#8217;est déjà la limiter et faire fi de son incroyable universalité. <strong><em>FNL</em></strong> pourrait aussi bien se dérouler au fin fond de la Normandie ou de l&#8217;Auvergne, elle serait foncièrement la même, parce que même à des milliers de kilomètres de distance les âmes des peuples ne sont pas si différentes. Nous aspirons somme toute aux mêmes choses : liberté, amour, réussite sociale. Nous souffrons des mêmes maux : désillusions, difficultés économiques, incommunicabilité, individualisme. Le talent de<strong><em> Friday Night Lights </em></strong>et le génie d&#8217;Eric Taylor, c&#8217;est de rappeler dès le premier épisode que ce qui réunit les hommes est plus fort que ce qui les divise. La série a souvent pu être sombre, tendue, ou tout simplement triste. Mais jamais malgré cela Peter Berg et Jason Katims (le showrunner et principal auteur de la série depuis ses débuts) ne se sont départis de cet humanisme quasi maladif qui irriguait déjà le pilote du show. Au fil des années et de coups de barres de <em>networks</em> n&#8217;ayant jamais su comprendre leur démarche, ils n&#8217;ont fait que slalomer entre les contraintes, pour mieux s&#8217;en affranchir au final.</p>
<p><a href="http://interlignage.fr/images/2012/05/fnls5.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-17755" title="fnls5" src="http://interlignage.fr/images/2012/05/fnls5.jpg" alt="fnls5" width="242" height="400" /></a></p>
<p>Ainsi l&#8217;ultime saison contient-elle moins que jamais une histoire donnée, et se contente définitivement de ne filmer que la vie, comme elle vient et comme elle passe, avec une tendresse et une empathie si profondes pour les caractères que l&#8217;on ne peut s&#8217;empêcher, parfois, d&#8217;avoir les larmes aux yeux devant des scènes complètement anodines. La plus forte de toutes, dans cette saison 5, aura sans doute été celle, au milieu de l&#8217;épisode cinq, où le coach s&#8217;allonge discrètement sur la terrasse de l&#8217;hôtel où l&#8217;équipe est logée et où il écoute, sans mot dire et sourire aux lèvres, ses gamins discuter sur le balcon du dessus. Ils rient, s&#8217;enthousiasment, s&#8217;excitent et fraternisent. Moins d&#8217;un an plus tôt ils n&#8217;étaient rien, des gamins paumés et surtout pas une équipe, et ce soir les voilà profondément liés alors que tout oppose un Vince, un Luke ou un Chris. Communiant dans une même passion et un même espoir. Toute la série pourrait tenir dans cette scène, et il n&#8217;est pas forcément besoin d&#8217;en dire plus. Au moment où résonne l&#8217;ultime &laquo;&nbsp;<em>Texas for ever&nbsp;&raquo;</em>, on n&#8217;a plus vraiment envie d&#8217;évoquer certains défauts (toutes les saisons en ont) ou de pinailler sur telle ou telle<em> storyline</em> plus ou moins convaincante (disons juste que celle sur Epyck n&#8217;apporte pas grand-chose, que celle sur Julie est un brin poussive, que celle sur le Tim Riggins post-prison est poignante mais aurait gagné à être plus approfondie). Série populaire par essence invraisemblablement reléguée au rang de série culte, <strong><em>Friday Night Lights </em></strong>aura récolté pendant cinq ans des audiences faméliques mais marqué profondément et durablement tous ceux qui eurent la chance de la voir et qui, tous, sans le moindre doute, auront versé une petite larme au moment de la toute dernière scène. Il suffisait de lire les réactions des gens après la diffusion du final, en février 2011 : rarement série aura été à ce point aimée par ses (rares) spectateurs. Qui, depuis son arrêt, sont tous un peu orphelins, comme s&#8217;ils avaient laissé quelque chose d&#8217;eux-mêmes à Dillon, Texas. Ou un patelin qui lui ressemble.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Les gens aiment Friday Night Lights parce que ce sont des histoires qu&#8217;ils connaissent. Ils savent ce qu&#8217;il va se passer mais ils adorent quand même regarder et y trouver des échos dans leurs propres vies. Parce qu&#8217;ils les connaissent, ces mecs. Ils ont grandi avec eux.</em>&nbsp;&raquo; (Brad &laquo;&nbsp;Buddy Garrity&nbsp;&raquo; Leland)</p>
<p><strong><em>Friday Night Lights</em> (saison 5), créée par Brian Grazer, David Nevins et Peter Berg, d’après le film de ce dernier<br />
Disponible depuis mars dernier chez Universal Pictures<br />
Avec Kyle Chandler, Connie Britton, Michael B. Jordan, Matt Lauria…<br />
Caractéristiques techniques : États-Unis ; 13 x 43 minutes (4 DVDs);  format 1.78:1 – compatible 16/9 ; version originale sous-titrée stéréo  et dolby digital 5.1<br />
Crédit photographique : Universal</strong></p>
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		<title>Pony Taylor : l&#8217;album et l&#8217;entretien</title>
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		<pubDate>Sun, 20 May 2012 07:00:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>RV</dc:creator>
				<category><![CDATA[Surlignage]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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		<description><![CDATA[Ils sont français et même d&#8217;Avignon. Ils adorent la musique pop des années 60 et 70. Ils sortent un album franc et carré comme un titre d&#8217;Undertones (en moins &#171;&#160;punk&#160;&#187; sans doute mais quand même). Ils, ce sont les garçons de Pony Taylor. Et ce How to Fold Paper in Half Twelve Times qui n&#8217;est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ils sont français et même d&#8217;Avignon. Ils adorent la musique pop des années 60 et 70. Ils sortent un album franc et carré comme un titre d&#8217;Undertones (en moins &laquo;&nbsp;punk&nbsp;&raquo; sans doute mais quand même). Ils, ce sont les garçons de <a title="Site Myspace du groupe" href="http://www.myspace.com/ponytaylorband" target="_blank">Pony Taylor</a>. Et ce <strong><em>How to Fold Paper in Half Twelve Times</em></strong> qui n&#8217;est que leur deuxième album a tout pour séduire. Attends, je la refais parce que là, ma dernière phrase ça fait critique de moulinet à truites dans le <em>Chasseur français</em> de septembre 1984 : cet album est un bijou, voilà c&#8217;est dit.</p>
<p><strong><em>How to Fold Paper in Half Twelve Times </em></strong>vous donnera de la pop, encore de la pop et toujours de la pop, comme un hommage permanent à la scène british des 60&#8217;s et 70&#8217;s. C&#8217;est presque un jeu de piste que de reconnaître ici l&#8217;influence transparente des Beatles, là celle des Kinks, plus loin celle des Animals&#8230; sans que la voix du chanteur ne ressemble vraiment à l&#8217;un de ses aînés d&#8217;ailleurs, et tant mieux. Une démarche, toutes proportions gardées, qui rappelle celle des Irlandais de  The Thrills, ces derniers étant un peu plus disco sur les bords&#8230; Mais ne les croyez pas monomaniaques dans leurs goûts, ils ne le sont nullement. Ils mettent simplement leur passion première au service de leur musique.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17709" title="pony_taylor2" src="http://interlignage.fr/images/2012/05/pony_taylor2.jpg" alt="pony_taylor2" width="288" height="400" /></p>
<p>Même si cette influence, ce pedigree britannique plutôt, colle à la peau du groupe comme le sabre laser accompagne un Jedi, les musiciens s&#8217;en amusent et en jouent. Il faut voir (et d&#8217;ailleurs vous voyez, la photo est juste là, au-dessus) leurs dégaines de supporters anglais paumés entre deux bus sur la route d&#8217;un derby de football entre Everton et Liverpool, Sunderland et Newcastle ou West Bromwich Albion et Aston Villa.</p>
<p>Car on ne se prend pas au sérieux dans ce groupe de potes, né en 2006 et baptisé suite à une blague vaseuse à propos de Bonnie Tyler. Tout ce que l&#8217;on peut lire sur eux (et suite à leur premier album sorti en 2009 la presse spécialisée ne tarissait déjà pas d&#8217;éloges) montre des gars attachants, très professionnels et pas préoccupés pour deux ronds de Hype ou de posture. Facile de dire ensuite que cette simplicité pourtant riche s&#8217;entend dans leur album, et pourtant je le crois vraiment.</p>
<p>Obligé aussi de s&#8217;arrêter quelques instants sur le look choisi pour habiller l&#8217;album. Irrésistibles bonhommes de papier (ouaip, là aussi vous pouvez le voir dans cet article !) aux couleurs des papiers peints de mon enfance, rockers d&#8217;origami dont on rêve qu&#8217;ils sortiront un jour en figurines collector d&#8217;un épisode de Guitar Hero. Le tout confectionné par Cyril, l&#8217;organiste du groupe &#8211; celui avec une barbe rousse sur les visuels.</p>
<p>Des gars modestes, cultivés musicalement, pas manches du tout (et c&#8217;est une litote de chez Mme Litote) ni en musique ni en design, ben quoi, qu&#8217;est-ce que vous attendez pour  vous procurer l&#8217;album ?&#8230; Ah oui, mince, il ne sort que demain 21 mai&#8230;</p>
<p>Hé bien, pour patienter, les musiciens ont accepté de répondre à mes quelques questions par la voix de Christophe , chanteur et guitariste.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17710" title="pony_taylor3" src="http://interlignage.fr/images/2012/05/pony_taylor3.jpg" alt="pony_taylor3" width="400" height="361" /></p>
<p><strong><em><span style="text-decoration: underline;">Entretien avec Christophe Vaillant, chanteur et guitariste de Pony Taylor</span></em></strong></p>
<p><strong>Interlignage : une question beubeu qui me brûle les lèvres : comment devient-on musicien dans votre cas ? Je précise : c&#8217;est de famille, études musicales, ou simplement la passion et la vie qui suit derrière ?</strong></p>
<p>Christophe Vaillant : Pas de règles particulières &#8211; Nos parents ne sont pas musiciens du tout et seul le père de Laurent (basse) avait un lien avec le monde de la musique par le biais de son travail. Nous n&#8217;avons pas fait d&#8217;études musicales sauf Alex (guitare) qui a fait une école de guitare quelques années. Nous avons tous commencé vers 17/18 ans et nous avons directement fait des concerts sans savoir vraiment jouer en fait. C&#8217;est vraiment une question de passion qui nous suit depuis.</p>
<p><strong>La presse spécialisée a déjà décortiqué beaucoup de vos influences british pop des sixties et seventies. N&#8217;y revenons pas (quoique, grâce à vous, ma culture musicale s&#8217;est étoffée d&#8217;au moins 15 groupes que je ne connaissais pas avant !), mais ce qui m&#8217;a frappé dans l&#8217;une de vos interviews, c&#8217;est que vous semblez n&#8217;avoir que fiche d&#8217;être classé ici ou là. On peut s&#8217;attendre à des évolutions musicales futures ou votre créneau restera celui de la pop ?</strong></p>
<p>Il est vrai que des influences 60&#8217;s / 70&#8217;s sont très présentes dans notre musique mais en effet nous écoutons énormément de trucs différents qui vont aller de la soul 60&#8217;s a des trucs très actuels. Le coté mod revivaliste coincé dans les années 62/67 nous le mettons naturellement un peu de côté car cela nous suit depuis notre adolescence. Il n&#8217;est pas exclu que nous changions un peu musicalement parlant mais nous faisons quand même le même style de musique pop et ce depuis nos premiers groupes. Le style de morceau reste le même, c&#8217;est juste le son qui change. Après il est vrai que nous ne cherchons pas à entrer spécialement dans une case particulière, on ne réfléchit pas trop à ça. Nous cherchons juste à faire les disques que nous aimerions entendre et nous n&#8217;avons pas plus de prétention que cela.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17708" title="pony_taylor1" src="http://interlignage.fr/images/2012/05/pony_taylor1.jpg" alt="pony_taylor1" width="400" height="400" /></p>
<p><strong>Beaucoup de &laquo;&nbsp;déchet&nbsp;&raquo; avant d&#8217;arriver à 12 chansons pour </strong><em><strong>How to Fold Paper in Half Twelve Times</strong>?</em></p>
<p>Non aucun en fait. Nous avons composé et enregistré les 12 morceaux directement et nous les avons tous gardés.</p>
<p><strong>Ce qui frappe à l&#8217;écoute de votre dernier album, c&#8217;est la variété des chansons, des mélodies mais aussi des arrangements. On dirait que vous avez composé et enregistré avec un souci permanent de ne pas endormir l&#8217;auditeur en lui proposant &laquo;&nbsp;seulement&nbsp;&raquo; une bonne pop. Vous confirmez ?</strong></p>
<p>Oui il est vrai que nous souhaitons mettre un peu tout ce qui nous plait dans nos disques ce qui peut  parfois donner l&#8217;impression que nous partons dans des directions différentes. Le fait que tout le monde compose des morceaux (ou des bouts de morceaux&#8230;) et donne des idées d&#8217;arrangements etc&#8230; apporte peu être aussi une certaine variété, du moins on l&#8217;espère. Nous ne calculons pas vraiment tout cela en fait : on s&#8217;amuse entre vieux copains c&#8217;est tout !!!</p>
<p><strong>Pony Taylor</strong> <strong>: Alex Nollet (guitare), Christophe Vaillant (guitare et chant), Cyril Jean (claviers), Laurent El Fassy (basse), Olivier Jean (batterie)</strong><br />
<strong><em>How to Fold Paper in Half Twelve Times</em></strong><br />
<strong>Superhomard Records</strong><br />
<strong>Sortie : 21 mai 2012</strong><br />
<strong>Crédit photographique : © Pony Taylor</strong></p>
<p><em><br />
</em></p>
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		<title>Jef Barbara &#8211; Loving the Alien</title>
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		<pubDate>Thu, 17 May 2012 14:02:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas Sinaeve</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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		<description><![CDATA[Écouter de la synth-pop en 2012, est-ce bien raisonnable ? Aimer de la synth-pop en 2012, est-ce tout à fait sain ? Magie des vagues, insondable poésie des reflux, ce qui était absolument ringard il n&#8217;y a pas si longtemps paraît désespérément cool aujourd&#8217;hui. Le chroniqueur musical, lorsqu&#8217;il n&#8217;est pas une pute bouffant à tout [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Écouter de la synth-pop en 2012, est-ce bien raisonnable ? Aimer de la synth-pop en 2012, est-ce tout à fait sain ? Magie des vagues, insondable poésie des reflux, ce qui était absolument ringard il n&#8217;y a pas si longtemps paraît désespérément cool aujourd&#8217;hui. Le chroniqueur musical, lorsqu&#8217;il n&#8217;est pas une pute bouffant à tout les râteliers, est décidément une belle girouette.</p>
<p>À sa décharge, la première rencontre avec le premier album de Jef Barbara a de quoi déboussoler. Hybride de tout ce qui a fait les années 80 reforgé à la mode Tricatel, le jeune homme (qui d&#8217;ailleurs est peut-être vieux, comment savoir avec les aliens ?) fait passer par à peu près tous les états : admiration, perplexité, excitation, rejet&#8230; dans son manuel des formules toutes faites, le chroniqueur musical a trouvé la bonne : &laquo;&nbsp;<em>Voici un album qui ne laissera personne indifférent.</em>&nbsp;&raquo; À sa décharge là aussi, il aura raison : on imagine facilement <strong><em>Contamination</em></strong> irriter les mêmes oreilles qu&#8217;il chatouillera deux titres plus tard, avec son excentricité sur-affirmée, son maniérisme vocal, son romantisme acide. Autant de motifs de détestation qui sont autant de raisons pour lesquelles on l&#8217;aime.</p>
<p><a href="http://interlignage.fr/images/2012/05/contamination.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-17683" title="contamination" src="http://interlignage.fr/images/2012/05/contamination.jpg" alt="contamination" width="400" height="400" /></a></p>
<p>Grand génie brassant les influences les plus contraires ou bien grand gamin s&#8217;amusant à appuyer sur tous les boutons à la fois, on l&#8217;ignore, mais Barbara parvient à réconcilier les versants les plus brouillés de ce qui fut la pire et (?) la meilleure des décennies musicales. Une époque de contraires, de paradoxes et d’ambiguïtés que l&#8217;on retrouve transcrite à la (quasi) perfection sur ce premier opus. En plus radical. On pouvait donc à la fois sonner comme Roxy Music <em>et</em> George Michael, comme Boy George <em>et</em> Prince, comme Joy Division <em>et</em> Visage. Pourquoi personne n&#8217;a-t-il pris ce parti plutôt ? Parce qu&#8217;il n&#8217;avait pas les chansons ? Parce qu&#8217;il n&#8217;avait pas la cyber-prod idéale ? <strong><em>Contamination</em></strong>, c&#8217;est un peu le meilleur des deux mondes : la pop underground et le <em>mainstream</em> le plus puissant se roulant des galoches dans une même danse discoïde. Il y a le <em>songwriting</em> élégant que l&#8217;on attend de la première (<em>Caresses interdites</em>, <em>Cocaine Love</em>) et le génie tubesque du second (<em>Les Homosexuelles</em>, l&#8217;imparable <em>Sébastien</em>). Il y a une atmosphère, et il y a une cohérence, aussi, qui ne trompe pas.</p>
<p>Car si le mélange des noms suscités peut laisser supposer un disque baroque et démesuré, louchant volontiers vers le kitsch, de ces choses qui font parfois basculer un album du côté du plaisir coupable&#8230; il n&#8217;en est rien. Plus intimiste que l&#8217;on pourrait le croire sur le papier, <strong><em>Contamination</em></strong> n&#8217;a rien de <em>too much</em> et ne commet quasiment aucune faute de goût<strong><sup>1</sup></strong>. Une fois dissipé le nuage de paillettes, on découvrira surtout un album sensuel et d&#8217;un grand raffinement, dont la mélancolie lancine pour finalement imprégner. Lorsque l&#8217;on se trouve à repasser <em>Sébastien</em> en boucle, des dizaines de fois, en se sentant chaque fois plus troublé par cette love-song humanoïde&#8230; on se dit qu&#8217;elle est là, la <strong><em>Contamination</em></strong> annoncée.</p>
<p><strong><em>Contamination</em>, de Jef Barbara<br />
Disponible depuis mars chez Tricatel<br />
Crédit photo : 2Fik</strong></p>
<p><strong>1.</strong> Une prouesse lorsqu&#8217;on se revendique de George Michael, nous sommes d&#8217;accord.</p>
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		<title>Illegal Traffic (Reykjavik &#8211; Rotterdam), de Óskar Jónasson</title>
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		<pubDate>Wed, 09 May 2012 07:00:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Willy Gilboire</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Blu-ray]]></category>
		<category><![CDATA[DVD]]></category>

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		<description><![CDATA[Renvoyé des docks pour contrebande d’alcool, Christopher se voit obligé d&#8217;organiser un ultime trafic vers Rotterdam pour sauver son beau-frère. Ce dernier a saboté involontairement le deal d&#8217;un des plus gros contrebandiers de Reykjavik. Le trafiquant en question n&#8217;étant autre que l&#8217;ex-mari d&#8217;Iris, la femme de Christopher, qui cherche à tout prix à le faire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Renvoyé des docks pour contrebande d’alcool, Christopher se voit obligé d&#8217;organiser un ultime trafic vers Rotterdam pour sauver son beau-frère. Ce dernier a saboté involontairement le deal d&#8217;un des plus gros contrebandiers de Reykjavik. Le trafiquant en question n&#8217;étant autre que l&#8217;ex-mari d&#8217;Iris, la femme de Christopher, qui cherche à tout prix à le faire tomber et l&#8217;envoyer en prison pour le reste de ses jours. En proie à des problèmes d&#8217;argent et soucieux de l&#8217;avenir de son beau-frère, Christopher va reprendre du service pour régler ses dettes, au risque de tout perdre ; famille, amis, travail, liberté&#8230;</p>
<p><a href="http://interlignage.fr/images/2012/05/baltasar.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-17642" title="Baltasar Kormákur" src="http://interlignage.fr/images/2012/05/baltasar.jpg" alt="Baltasar Kormákur" width="400" height="220" /></a></p>
<p>Bientôt à l&#8217;affiche le 16 mai sous la forme d&#8217;une adaptation U.S. avec Mark Wahlberg, <strong><em>Illegal Traffic</em></strong> (<em>Reykjavik &#8211; Rotterdam</em>) est édité ce mois-ci en DVD et Blu-ray par Aventi. Candidate de l&#8217;Islande pour l&#8217;Oscar du Meilleur film étranger en 2010, cette réalisation d&#8217;Óskar Jónasson nous fait suivre les mésaventures d&#8217;un trafiquant en liberté conditionnelle incarné par Baltasar Kormákur.</p>
<p>Célèbre acteur en Islande et réalisateur de Contrebande (2012), l&#8217;adaptation américaine d&#8217;<em><strong>Illegal Traffic</strong></em>, Baltasar Kormákur est la révélation  de ce film qui met en lumière les combines des trafics illégaux effectués entre l&#8217;Islande et la Hollande. Dans le rôle d&#8217;un homme rattrapé par ses dettes, l&#8217;acteur impose progressivement son jeu et son charisme dans une intrigue sur fond de machination et de contrebande d&#8217;alcool. On finirait presque par se croire dans un film de Guy Ritchie période <em>Arnaques, Crimes et Botanique</em> (1998), tant <em><strong>Illegal Traffic</strong></em> exprime sa sympathie pour les voyous.</p>
<p><a href="http://interlignage.fr/images/2012/05/banditisme.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-17643" title="Banditisme" src="http://interlignage.fr/images/2012/05/banditisme.jpg" alt="Banditisme" width="400" height="273" /></a></p>
<p>Certes prévisible et sans surprises, <em><strong>Illegal Traffic</strong></em> reste un excellent divertissement. Ce film d&#8217;Óskar Jónasson ne démérite pas grâce à son ambiance de petit banditisme maritime et cette austère mer du Nord que nous découvrons sous un autre jour. Justement, le DVD édité par Aventi se révèle techniquement à la hauteur pour assurer ce spectacle dans votre salon. Pour les bonus malheureusement, il n&#8217;y a rien à l&#8217;horizon&#8230;</p>
<p><a href="http://interlignage.fr/images/2012/05/illegal.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-17644" title="Illegal Traffic, de Óskar Jónasson" src="http://interlignage.fr/images/2012/05/illegal.jpg" alt="Illegal Traffic, de Óskar Jónasson" width="400" height="400" /></a></p>
<p><strong><em>Illegal Traffic</em> (<em>Reykjavik &#8211; Rotterdam</em>), réalisation de Óskar Jónasson<br />
Avec : Baltasar Kormákur (Christopher)<br />
Caractéristiques techniques : Islande, Allemagne, Pays-Bas ; 2008 ; 88 min ; couleurs ; 16/9 compatible 4/3 ; versions originale et française Dolby Digital 5.1, sous-titres français<br />
Sorti le 3 mai 2012 aux éditions <a title="Site officiel" href="http://www.aventi-dvd.com/">Aventi</a></strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Crédit photographique : Aventi</strong></p>
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		<title>Meeting&#8230; Marie France</title>
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		<pubDate>Sun, 06 May 2012 07:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas Sinaeve</dc:creator>
				<category><![CDATA[Surlignage]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Meeting...]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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			<content:encoded><![CDATA[<p>La première chose que l&#8217;on remarque, ce sont ses jambes. N&#8217;allez pas vous imaginez des choses. C&#8217;est tout simplement qu&#8217;elle est allongée sur son canapé<strong><sup>1</sup></strong> en train de réaliser un <em>phoner</em> et que, de là où nous sommes, dans l&#8217;entrée, c&#8217;est la seule partie de Marie France que l&#8217;on voit. Et rien que cette partie nous stresse déjà. Mais allons. Les plus grands ayant célébré sa beauté, on se doute bien que l&#8217;avis de Thomas Sinaeve, chroniqueur chauve, bedonnant et râleur, ne lui effleurerait même pas l&#8217;oreille.</p>
<p><a href="http://interlignage.fr/images/2012/05/mariefrance.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-17602" title="mariefrance" src="http://interlignage.fr/images/2012/05/mariefrance.jpg" alt="mariefrance" width="400" height="400" /></a></p>
<p>Entre nous, quelle idée saugrenue de partir à la rencontre d&#8217;un personnage aussi complexe et intimidant que Marie France ? Et chez elle, de surcroît. Et encore à l&#8217;occasion de la sortie d&#8217;un album que l&#8217;on aime peut-être un peu moins que les précédents (même s&#8217;il reste &#8211; <a title="Voir notre article" href="http://interlignage.fr/2012/02/marie-france-les-fantomes-kiss/">nous l&#8217;avons dit dans ces pages</a> &#8211; un disque pop plus que recommandable) ? Encore n&#8217;avait-elle pas alors été faite chevalière des arts et lettres, comme c&#8217;est le cas depuis quelques jours !</p>
<p>Rétrospectivement, tout portait à croire, avant même de descendre la rue<strong><sup>2</sup></strong>, que ce serait une mauvaise interview. Disons-le tout de go : ce fut le cas. En partie par impréparation. En partie parce qu&#8217;à force de voir Marie France jouer de multiples rôles au travers de ses chansons ou de ses performances, on ne savait finalement pas vraiment quelle genre de personne elle était au civil. On n&#8217;est d&#8217;ailleurs pas sûr de le savoir maintenant. De mémoire, on a rarement vu interviewé(e) passer par autant d&#8217;états en un seul entretien. Midinette l&#8217;espace d&#8217;une seconde, d&#8217;une grande froideur l&#8217;instant d&#8217;après, puis basculant dans une forme de séduction hautaine (et exquise), puis encore partant d&#8217;un beau rire franc ou décidant d&#8217;improviser quelques mesures d&#8217;<em>Est-ce que vous avez du feu ?</em>, trois secondes après nous avoir houspillé pour une info (effectivement) incomplète&#8230; ces quarante minutes de Marie France furent un étrange condensé de toutes les facettes que l&#8217;on croise sur ses albums.</p>
<p><strong>Marie France est une star</strong>. Peut-être la plus grande qui se soit jamais invitée dans ces pages. Lorsqu&#8217;on lui demande qui elle est, elle répond qu&#8217;elle est &laquo;&nbsp;<em>l&#8217;artiste</em> ». Ce n&#8217;est sans doute pas faux au sens où elle l&#8217;entend. Mais elle parle comme une star, pense comme une star et bouge comme une star. Elle était probablement déjà une star bien avant d&#8217;être une star. Que 90 % de la population du pays ne connaît pas, mais star quand même, star presque quintessentielle. C&#8217;est une évidence qui semble avoir frappé toutes les personnes qui ont croisé sa route. Elle-même ne le formule évidemment pas ainsi, mais lorsqu&#8217;elle raconte ses débuts, en 69 à l&#8217;Alcazar, c&#8217;est exactement ce qui en ressort. Aussi bien dans la manière dont <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Marie_Rivi%C3%A8re">Jean-Marie Rivière</a> va lui faire confiance que dans sa façon de rapidement devenir, de son propre aveu, &laquo;&nbsp;<em>un peu capricieuse, un peu princesse</em>&nbsp;&raquo; (vous m&#8217;en direz tant).</p>
<p><a href="http://interlignage.fr/images/2012/05/39defievre.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-17597" title="39defievre" src="http://interlignage.fr/images/2012/05/39defievre.jpg" alt="39defievre" width="400" height="398" /></a></p>
<p><strong>Marie France est une star, et comme toute vraie star, elle n&#8217;a pas d&#8217;âge</strong>. Même si elle prend la peine de préciser celui qu&#8217;elle avait en 1969, même si on n&#8217;est pas trop mauvais en maths et même si sa date de naissance est connue&#8230; l&#8217;information se perd rapidement dans les méandres de la discussion. Elle nous aurait dit sa pointure de chaussures que le résultat eût été le même. La femme qui nous fait face, à califourchon sur cette chaise<strong><sup>3</sup></strong>, ressemble trait pour trait à celle qui, appuyée et tendue contre une voiture, comme prête à bondir, figure sur la pochette de l&#8217;album <em>39 de fièvre</em> (1981). Bien vue d&#8217;ailleurs, cette pose. Ni trop lascive ni trop provocante. Une excellente bande annonce à l&#8217;album (indispensable) qu&#8217;elle introduit (sinon à tous les albums suivants), et qui marque le passage de Marie France à la dimension supérieure, après deux 45 tours brillants parus en pleine épopée punk<strong><sup>4</sup></strong> et quelques années à être &laquo;&nbsp;<em>une petite étoile filante dans Paris</em>. » Ce qui l&#8217;aura amenée, outre à faire causer dans <em>Rock &amp; Folk</em> et <em>Best</em>, &laquo;&nbsp;<em>et aussi ailleurs, puisque j&#8217;avais déjà tourné avec Téchiné et plusieurs réalisateurs d&#8217;avant-garde</em> », à croiser la route de Jacques Duvall et Jay Alanski &#8211; <em>Beautiful Losers</em> autoproclamés et précurseurs du rock chanté français : &laquo;&nbsp;<em>Ils ont cassé leur tirelire pour faire leur premier disque avec moi, et moi mon premier disque avec eux.</em>&nbsp;&raquo; Une rencontre dont c&#8217;est peu dire qu&#8217;elle aura compté, puisque trente-cinq ans après et malgré quelques infidélités, Duvall signe encore l&#8217;intégralité des textes de <strong><em>Kiss</em></strong>, paru en début d&#8217;année. Un second album de Marie France avec &laquo;&nbsp;<em>ses petits fantômes </em>», comme on se rappelle l&#8217;avoir entendue les appeler un jour cinq minutes avant de leur confisquer la scène. On avait alors été subjugué par l&#8217;aisance avec laquelle la performeuse avait métamorphosé ce groupe, qui jouait son propre set (celui de Miam Monster Miam) quelques instants plus tôt, en <em>son groupe</em>. En l&#8217;espace d&#8217;une seconde et le temps d&#8217;une poignée de morceaux, c&#8217;était devenu un concert de Marie France et l&#8217;on ne se rappelait plus qui l&#8217;on était venu voir. &laquo;&nbsp;<em>Ah mais de toute façon quand j&#8217;arrive en scène elle m&#8217;appartient, le groupe qui est là c&#8217;est à moi. Désolée pour ceux qui prendraient la mouche</em> », sourit-elle.</p>
<p><a href="http://interlignage.fr/images/2012/05/phantomfeatmf.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-17605" title="phantomfeatmf" src="http://interlignage.fr/images/2012/05/phantomfeatmf.jpg" alt="phantomfeatmf" width="400" height="397" /></a></p>
<p><strong>Marie France est plusieurs. Comme nous tous, mais un peu plus.</strong> Le plaisir d&#8217;être sous les projecteurs, de jouer avec le public autant que les musiciens &#8211; de <em>jouer</em> au sens d&#8217;<em>interpréter</em>&#8230; on sent bien que cela fait partie des choses qui font courir Marie France, encore aujourd&#8217;hui et sans doute depuis les tout débuts, lorsqu&#8217;à peine sortie de l&#8217;adolescence elle se piquait d&#8217;aller demander à Jean-Marie Rivière ce qu&#8217;elle pourrait bien faire pour quitter les coulisses. &laquo;&nbsp;<em>En fait je savais que je voulais être sur scène, je savais que je voulais chanter&nbsp;&raquo;</em>, confie-t-elle, &laquo;&nbsp;<em>mais je ne savais pas quoi faire.</em>&nbsp;&raquo; (si ça, ce n&#8217;est pas une parole de star-née). Alors forcément, quand un beau jour et une poignée de décennies plus tard, Jacques propose à Marie France de rejoindre ceux qui s&#8217;appellent encore Phantom le temps de jouer <em>Daisy</em> et <em>Déréglée</em>&#8230; difficile de résister, d&#8217;autant qu&#8217;elle &laquo;&nbsp;<em>dit toujours oui pour Duvall</em><em> »</em>. Un <em>special guest</em> qui marque en fait le début d&#8217;un nouveau chapitre palpitant : &laquo;&nbsp;<em>Une semaine plus tard ils me demandaient si je voulais faire un album</em> <em>»</em>. Ce sera <em>Phantom featuring Marie France</em>. Tout simplement l&#8217;un des meilleurs albums de la décennie passée. Une merveille d&#8217;humour et de sensualité, entre garage, pop et blues, où Miam Monster Miam atteint des sommets et dans laquelle Duvall se transcende, enchaînant les petits chefs-d’œuvre aigres doux (<em>Les Nanas</em>, <em>J&#8217;arrête</em>, <em>Que sont-ils devenus ?</em>&#8230; on pourrait quasiment citer tous les morceaux). On sait que l&#8217;expert en désespoir belge écrit pour tout un tas de gens, demeurant reconnaissable même sur les mauvais albums et dans les projets les plus alimentaires. Mais à l&#8217;écoute de <em>Phantom featuring Marie France</em> et donc désormais de <strong><em>Kiss</em></strong>, dont la moindre virgule semble coller à la peau de la chanteuse, on se permettra de légèrement moduler la phrase : Jacques Duvall écrit pour tout un tas de gens <em>et</em> pour Marie France. Ce n&#8217;est certainement pas l&#8217;intéressée qui nous contredira : &laquo;&nbsp;<em>il me connaît très bien, je connais très bien son univers&#8230; pour l&#8217;interprète que je suis c&#8217;est du gâteau, de chanter du Duvall. Et je crois que ça continuera longtemps, tant qu&#8217;il sera aussi inspiré et généreux. C&#8217;est agréable, avec eux. Comme un jeu.</em>&nbsp;&raquo; Il vaut mieux, vu que le parolier a tout de même pris &#8211; quasiment depuis le début &#8211; la fâcheuse habitude de dessiner Marie France en vampirella croqueuse d&#8217;hommes et légèrement domina sur les bords, bizarre mélange de Glenn Close et de Marilyn avec qui les histoires d&#8217;amour (ou pas) finissent toujours très mal (pour les mecs). &laquo;&nbsp;<em>Pour moi c&#8217;est presque quelque chose de théâtral. C&#8217;est vrai que ça donne l&#8217;image d&#8217;une fille cruelle &#8211; que je suis peut-être sans m&#8217;en rendre compte. Enfin je lui inspire ça, mais ça va, je le prends comme des rôles de composition. Et ce n&#8217;est pas tout. Comme chanter </em>Bleu<em>&#8230;</em> Bleu<em>, c&#8217;est la fragilité. Ou </em>Ménage à trois<em>, qui est un peu le prolongement de</em> Je ne me quitterai jamais<strong><sup>5</sup></strong><em>. Moi, mon ombre et mon reflet&#8230;&nbsp;&raquo; </em>De toute façon, elle en joue de cette image, sur scène ou en interview (à une ou deux reprises on sentira souffler le vent du boulet, Marie France n&#8217;étant pas du genre à faire semblant d&#8217;être d&#8217;accord avec vous pour avoir l&#8217;air polie, et l&#8217;espace d&#8217;un clignement de  cils, on la verra apparaître &#8211; puis se planquer aussitôt &#8211; cette femme fatale qui fascine tant Duvall). Un peu plus tôt dans la discussion, alors qu&#8217;on lui demandait si elle avait déjà  refusé de chanter une chanson et qu&#8217;elle évoquait une histoire de petit chien renversé par une voiture<strong><sup>6</sup></strong>, l&#8217;anecdote s&#8217;était ainsi logiquement terminée par un mutin &laquo;&nbsp;<em><em>Un garçon qui se ferait écraser, à la limite, mais un petit chien : non.</em></em>&nbsp;&raquo; Ce qui ne l&#8217;empêche pas d&#8217;ajouter, de manière très subite et assez déstabilisante : &laquo;&nbsp;<em><em>Non, c&#8217;est vrai, j&#8217;ai fait pleurer. Mais je paie l&#8217;addition aujourd&#8217;hui</em></em> <em>»</em>. Qu&#8217;ajouter à cela ? Nous choisirons courageusement l&#8217;hypothèse <em><em>rien</em></em>.</p>
<p><a href="http://interlignage.fr/images/2012/05/duvalletmariefrance.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-17598" title="duvalletmariefrance" src="http://interlignage.fr/images/2012/05/duvalletmariefrance.jpg" alt="duvalletmariefrance" width="400" height="400" /></a></p>
<p>Oui, ce fut un entretien bizarre, et cette dernière réflexion n&#8217;est qu&#8217;un exemple parmi d&#8217;autres. Il est toujours plus difficile d&#8217;aborder une star. On sait qu&#8217;il y a peu de chance qu&#8217;on lui tape dans le dos pour lui dire au revoir, et si Marie France sait être tout à fait aimable, elle sait aussi garder une distance suffisante pour que l&#8217;on n&#8217;ose pas les familiarités que l&#8217;on se permet avec tant d&#8217;autres. On la sentira d&#8217;ailleurs un peu piquée au vif après lui avoir demandé &#8211; en toute candeur et sincèrement curieux &#8211; ce qu&#8217;elle faisait entre deux albums, ceux-ci ne paraissant pas, c&#8217;est le moins qu&#8217;on puisse dire, de manière très régulière. &laquo;&nbsp;<em><em>Hé, je prends mon temps mais je travaille quand même !</em></em>&nbsp;&raquo; Et d&#8217;ajouter, sibylline : &laquo;&nbsp;<em>Et puis à part ça, il y a la vie. La vie prend beaucoup de temps.</em>&nbsp;&raquo; Le tout assorti d&#8217;un sourire voulant tant dire qu&#8217;il faudrait quasiment lui consacrer un article entier.</p>
<p><strong>En concert mercredi prochain &#8211; le 09 &#8211; au <a title="Site off" href="http://www.reservoirclub.com/">Réservoir</a> (Paris XI), en compagnie de Benjamin Schoos. <em>Entrée libre</em>.<br />
Nouvel album, <em>Kiss</em>, disponible chez Freaksville<br />
Crédits photos : P. Swric (1), BMG (2), Miam Monster Miam (3), <a href="http://lachanteusemariefrance.fr.gd/">La Chanteuse Marie France.fr</a> (4 &#8211; au demeurant véritable Bible pour tout amateur de l&#8217;artiste qui se respecte)<br />
</strong></p>
<p><strong>1.</strong> Qui était peut-être un sofa ou une méridienne, en fait, je ne me rappelle plus précisément, la rencontre ayant eu lieu il y a plusieurs mois.<br />
<strong>2.</strong> Marie France et moi-même sommes quasiment voisins.<br />
<strong>3.</strong> Quelle curieuse position, quand j&#8217;y pense&#8230;<br />
<strong>4.</strong> <em>Daisy/Déréglée</em> en 1977 et <em>Los Angeles/Marie-Françoise se suicide</em>.<br />
<strong>5.</strong> Deux des chansons les plus étonnantes et émouvantes de Marie France, respectivement présentes sur <em>Phantom featuring Marie</em> (2008) et <em>39 de fièvre.</em><br />
<strong>6.</strong> Précisons d&#8217;ailleurs que bien que n&#8217;apparaissant pas dans cet article, l&#8217;adorable petit chien de Marie France a activement participé à notre discussion.</p>
<div id="_mcePaste" style="position: absolute; left: -10000px; top: 399px; width: 1px; height: 1px; overflow: hidden;">http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Marie_Rivi%C3%A8re</div>
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		<title>Swedish Music Landscape</title>
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		<pubDate>Fri, 04 May 2012 07:00:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>RV</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie]]></category>

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		<description><![CDATA[Oh, un beau livre sur la pop suédoise, et en version PDF, moi qui adore lire sur tablette, chic. Livre d&#8217;un photographe (j&#8217;imagine français vu son nom) qui est parti en Suède rencontrer une bonne trentaine d&#8217;artistes de la scène indie-pop afin de les photographier. But : « révéler un pays et une génération de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Oh, un beau livre sur la pop suédoise, et en version PDF, moi qui adore lire sur tablette, chic. Livre d&#8217;un photographe (j&#8217;imagine français vu son nom) qui est parti en Suède rencontrer une bonne trentaine d&#8217;artistes de la scène indie-pop afin de les photographier. But : « révéler un pays et une génération de musiciens ». On ne trouvera donc pas de littérature musicale ici, pas plus que des liens vers un site où écouter les musiques des auteurs. Heureusement, le livre n&#8217;étant disponible qu&#8217;à l&#8217;achat en ligne, il vous sera proposé plusieurs formules dont une inclut des mp3. De plus, sur le <a href="http://swedishmusiclandscape.fr/" target="_blank">site officiel de ce projet</a>, vous pourrez écouter les artistes tout en parcourant des photographies incluses dans l&#8217;ouvrage. Saluons cette initiative, dans un monde où les éditeurs papier continuent de nous faire passer leurs vessies parcheminées pour des lanternes de résistance à la modernité.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17562" title="SwedishMusicLandscape2" src="http://interlignage.fr/images/2012/05/SwedishMusicLandscape2.jpg" alt="SwedishMusicLandscape2" width="400" height="400" />Mais, hélas, il apparaît bien vite que le seul intérêt du bouquin repose sur les photographies. Fort bonnes, j&#8217;en conviens, dans leur technique. Hélas derechef, elles sont accompagnées de textes, comment dire, de qualité assez médiocre. Voire très médiocre. Je me suis demandé,  après lecture de l&#8217;ouvrage, si le sujet avait une  quelconque importance  tant j&#8217;y ai lus de clichés et de lieux communs, à  la fois sur la  musique, sur les musiciens et sur la Suède. En effet, on y apprend que les artistes suédois, du fait d&#8217;un long hiver et d&#8217;un manque de soleil, souffrent de mélancolie dépressive et cyclique qui affecte forcément toute leur production musicale. L&#8217;héliocentrisme explique tout, messieurs-dames ! C&#8217;est bien connu, rien de plus primesautier et pétillant, voire solaire et lumineux que les musiciens poussés en graine sous les ciels bleus, hein, ça chante là-bas, ça rit pis ça crie ! Tandis qu&#8217;en Scandinavie, ça fait la tronche et ça soupire, ça chante au ralenti sur trois notes de synthé&#8230; et ça se bourre la gueule le vendredi soir jusqu&#8217;à tomber dans le fjord de désespoir romantique.</p>
<p>J&#8217;en ai un peu ma claque de lire de tels poncifs. Autant faire la liste des savons qui piquent les yeux, des frêles esquifs navigant sous une lune improbable et des roses du matin qui évoquent la beauté des femmes épanouies&#8230; Du début à la fin, des clichés. Des banalités poseuses, comme la plupart des artistes d&#8217;ailleurs qui affectent les attitudes rock de rigueur : mine défaite, moue boudeuse, regard affecté, pieds nus genre &laquo;&nbsp;ranafou&#8217;t&nbsp;&raquo;, bien entendu presque aucun mec ne connaît l&#8217;usage du rasoir et aucun celui du sourire, bien entendu aucune fille ne sort du plan &laquo;&nbsp;femme-enfant&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;punkette crado&nbsp;&raquo; ou &nbsp;&raquo; femme fatale mais je-n&#8217;y-pense-pas &nbsp;&raquo; : aucun naturel donc dans tout ça, alors que l&#8217;un des buts (si j&#8217;ai bien compris mais sans doute pas) de l&#8217;auteur est de montrer de  &laquo;&nbsp;vrais&nbsp;&raquo; (et toc moi aussi je tombe dans le cliché) gens dans leur quotidien.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17561" title="SwedishMusicLandscape1" src="http://interlignage.fr/images/2012/05/SwedishMusicLandscape1.jpg" alt="SwedishMusicLandscape1" width="400" height="400" />Au début, dans une sorte d&#8217;introduction là aussi pleine de gentils phototypes sur la Suède, l&#8217;auteur lâche : &laquo;&nbsp;J&#8217;ai partagé des moments avec des gens que je ne connaissais qu&#8217;à travers leur musique, des étrangers qui ont joué le jeu que j&#8217;avais imaginé.&nbsp;&raquo; Aveu indirect qu&#8217;il est arrivé avec tant de boîtes pré-construites à remplir que le résultat ne pouvait être différent. J&#8217;appelle cela céder à la facilité et c&#8217;est marrant, pour revenir à la musique de tous ces artistes, pour le coup ça colle assez à ce que j&#8217;ai entendu, cette facilité. Après avoir écouté plus de la moitié des artistes évoqués, je suis resté vraiment sur ma faim. Outre les photographies, on trouvera trois cartes extrêmement sommaires et donc assez inutiles, l&#8217;une du pays, les deux autres de Stockholm et de Göteborg, les deux métropoles principales. Au total donc, je suis plus que réservé sur ce livre. Mais en même temps je suis ravi qu&#8217;il existe dans ses formes multimédia, et je pense qu&#8217;il trouvera son public. Et qu&#8217;on ne me traite pas de &laquo;&nbsp;suédoisphobe&nbsp;&raquo;, j&#8217;y ai de bons amis. De plus c&#8217;est un des pays, avec le Canada ou la Finlande, où je pourrais m&#8217;installer avec grand plaisir. Ouaip, moi, le manque de soleil, hé ben ranafou&#8217;t !</p>
<p><em><strong>Swedish Music Landscape</strong></em><br />
<strong>Photographies et textes de Julien Bourgeois</strong><br />
<strong>ÉditionsMicrocultures &#8211; Paris, avril 2012 (version ici  chroniquée : textes en anglais, format PDF)</strong><br />
<strong>Sortie du livre papier le 10 mai 2012</strong><br />
<strong>Une version pour Ipad est prévue début juin</strong><br />
<strong>Crédits photographiques : ©Julien Bourgeois</strong></p>
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		<title>Les Crimes de Snowtown, de Justin Kurzel</title>
		<link>http://interlignage.fr/2012/05/les-crimes-de-snowtown-de-justin-kurzel/</link>
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		<pubDate>Thu, 03 May 2012 07:00:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sophie Lenoir</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[DVD]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 20 mai 1999, à Snowtown, en Australie, la police a trouvé huit cadavres dissimulés dans des barils en plastique, dans la chambre forte d’une banque désaffectée. Trois jours plus tard, deux autres corps sont trouvés, dans un jardin de banlieue. Si les crimes sont restés associés à Snowtown, un seul d’entre eux, en réalité, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le 20 mai 1999, à Snowtown, en Australie, la police a trouvé huit cadavres dissimulés dans des barils en plastique, dans la chambre forte d’une banque désaffectée. Trois jours plus tard, deux autres corps sont trouvés, dans un jardin de banlieue. Si les crimes sont restés associés à Snowtown, un seul d’entre eux, en réalité, y a été commis. Et les meurtriers, qui ont sévi entre 1992 et 1999 n’étaient pas non plus originaires de Snowtown, mais d’autres petites villes de la grande banlieue d’Adélaïde. À leur tête, un leader charismatique, John Bunting, considéré comme le pire tueur en série que l’Australie ait jamais connu. Douze ans après les faits, l’Australie est loin d’avoir oublié les crimes de Snowtown. Le réalisateur Justin Kurzel, dans son film, tente une nouvelle approche de cette histoire en prenant le point de vue de Jamie, un adolescent de seize ans qui va trouver en John Bunting son mentor avant de découvrir son vrai visage… En se focalisant sur la relation entre John et Jamie, Kurzel, de son propre aveu, pose cette question séculaire : l’homme naît-il fondamentalement bon ou mauvais, ou est-ce son entourage qui le modèle à son image ?</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17511" title="Snowtown3" src="http://interlignage.fr/images/2012/05/Snowtown3.jpg" alt="Snowtown3" width="200" height="300" />On peut considérer que la question a été largement couverte par les philosophes, d’hier et d’aujourd’hui ; on peut même considérer que les prétentions philosophiques de Kurzel ne sont pas très crédibles, ou du moins pas particulièrement passionnantes. Soit. On ne peut nier, en tout cas, la force des <strong><em>Crimes de Snowtown</em></strong>, et ce, dès les premiers plans du film, où l’on nous emmène dans une banlieue <em>white trash</em> de la plus belle espèce : ici, le ciel comme les bâtiments sont gris, le chômage et les crimes sexuels règnent, sous le regard indifférent de la police. Quoi de plus étonnant, alors, que les habitants parlent de se faire justice eux-mêmes ? Car ils en parlent, le soir, en buvant et fumant dans la cuisine, pendant que les enfants regardent la télé dans le salon. On évoque les tortures qu’on ferait subir aux pédophiles, on parle de castration et de sévices en tout genre, tout en frottant le crâne de la gentille petite tête blonde qui passe par là pour se prendre un soda.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17512" title="Snowtown2" src="http://interlignage.fr/images/2012/05/Snowtown2.jpg" alt="Snowtown2" width="400" height="250" />Dès les premières minutes, donc, on est frappé par la dureté du film, la violence des mots, la pesanteur de l’ambiance. On est ému par le personnage de Jamie, silencieux, effacé. On comprend, assez rapidement, l’attachement que l’adolescent va nourrir pour John, son beau-père, et en quoi il va être séduit par ce personnage fort et charismatique. Il suffit d’une demi-heure de film pour voir l’inéluctable se profiler : le piédestal sur lequel Jamie place John finira par s’effondrer sur l’adolescent. Restent donc 90 minutes pendant lesquelles on ne réfléchit pas à la dimension pseudo-philosophique recherchée par le réalisateur, mais se demande simplement s’il y avait bien là matière à faire un long-métrage. Esthétiquement<em>, <strong>les Crimes de Snowtown</strong></em><strong> </strong>est une réussite : le contraste entre le gris des scènes urbaines et les couleurs éclatantes de la campagne de Snowtown est à couper le souffle, et le réalisme du film, d’une façon générale, lui confère une beauté brute. Rien à redire, non plus sur la performance des acteurs, lesquels, pour la plupart, n’étaient d’ailleurs pas acteurs avant ce film, et ont, on peut le supposer, été remarquablement dirigés.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17513" title="Snowtown1" src="http://interlignage.fr/images/2012/05/Snowtown1.jpg" alt="Snowtown1" width="250" height="300" />Alors, quel est le problème, me direz-vous ?  Le problème, sans doute, c’est tout le reste, tous ces petits défauts qui font que <strong><em>les Crimes de Snowtown </em></strong>n’atteint peut-être, finalement, qu’un dixième de la puissance qu’il pourrait avoir. Certains plans sont longs, beaucoup trop longs, même pour un film aussi lent et pesant que celui-ci ; d’autres, comme la scène où John observe, depuis sa chaise de jardin, le petit Nicholas vêtu d’une robe, debout sur une caisse et portant des briques à bout de bras, paraissent complètement inutiles, voire, dans l’exemple cité, aller <em>a contrario</em> du reste du film (hors cette scène, John ne s’en prend pas aux enfants, mais justement à ceux qui les molestent : c’est l’idée principale, permettant à John de justifier ses actes devant la communauté et à ses propres yeux). À l’inverse, on a l’impression que certaines scènes manquent, qui donneraient au film un peu plus d’intensité. Car, malgré le jeu brillant de Lucas Pittaway et Daniel Henshall, les deux acteurs principaux, on reste perplexe quant aux raisons pour lesquelles l’adolescent continue d’obéir à John, une fois découvert son secret : on a l’impression que Jamie est plus effrayé qu’autre chose et qu’il n’agit que sous la menace. Ce qui peut être vrai, on ne le nie pas, mais qui n’est clairement pas l’effet désiré, si on en croit l’interview de Justin Kurzel dans les bonus.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17514" title="Snowtown4" src="http://interlignage.fr/images/2012/05/Snowtown4.jpg" alt="Snowtown4" width="400" height="280" />Les bonus en question sont la bande-annonce du film ainsi que les interviews (sommaires) de Louise Harris (Elizabeth, la mère de Jamie) et Daniel Henshall (John Bunting), et celle donc, du réalisateur. Ces interviews sont entrecoupées de (très) longs plans sur fond noir présentant la question posée, laquelle question, il faut l’admettre, ne paraît pas toujours des plus pertinentes. En particulier dans le cas de l’interview de Justin Kurzel, laquelle paraît (encore une fois) longue et laborieuse. Sans cynisme aucun (ou alors très peu), il nous semble tout de même que, durant les dix minutes d’interview présentées, Justin Kurzel répète, avec très peu de variations de mots, les mêmes phrases quelle que soit la question. Bien entendu, la plus grande qualité d’un réalisateur ne tient pas dans sa capacité à répondre brillamment à des questions ; aussi, on ne blâmera pas Justin Kurzel de la piètre qualité de son interview, car, malgré ses défauts, <strong><em>les Crimes de Snowtown</em></strong> reste un bon film, un peu long, peut-être (quoi, je l’ai déjà dit ?), mais pas soporifique non plus. Et si on considère qu’il s’agit d’un premier film, on ne peut que croire que les talents du jeune réalisateur iront en s’améliorant. On n’en veut pas à Justin, donc : ce n’est pas de sa faute, après tout, si son interview est un peu chiante. Mais on en veut un peu plus, déjà, à la production, qui a tenu à ajouter ladite interview en bonus sur ce DVD. On s’en serait allègrement passé.</p>
<p><strong><em>Les Crimes de Snowtown</em>, drame de Justin Kurzel</strong><br />
<strong>Avec : Lucas Pittaway, Daniel Henshall et Louise Harris.</strong><br />
<strong>Distribué par : ARP Sélection</strong><br />
<strong>Durée : 115 minutes ; Langues : anglais sous-titré français ; Format : 1.85 &#8211; 16/9 ; Son : Dolby Digital 5.1</strong></p>
<p><strong>Sortie DVD : 03 mai 2012</strong></p>
<p><strong>Crédits photographiques : <a title="Site officiel" href="http://www.arpselection.com">ARP Sélection</a></strong></p>
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