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	<title>Interlignage</title>
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	<description>L&#039;anti-zapping culturel</description>
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		<title>Air – L’espace leur va si bien</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Feb 2012 08:30:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nekkonezumi</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On ne peut pas dire que l’intérêt du groupe Air pour les voyages, les planètes, les satellites, la science-fiction et le cinéma soit vraiment une nouveauté. Il n’y a qu’à jeter un œil et une oreille à sa discographie : on y avait déjà vu une étroite collaboration avec la réalisatrice Sofia Coppola, grâce à la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On ne peut pas dire que l’intérêt du groupe <a title="Le site web du groupe" href="http://fr.aircheology.com/" target="_blank">Air</a> pour les voyages, les planètes, les satellites, la science-fiction et le cinéma soit vraiment une nouveauté. Il n’y a qu’à jeter un œil et une oreille à sa discographie : on y avait déjà vu une étroite collaboration avec la réalisatrice Sofia Coppola, grâce à la composition de la bande originale de <em>Virgin Suicides</em>, mais aussi avec l’utilisation du titre <em>Alone in Kyoto</em> dans <em>Lost In Translation</em> ; on y avait déjà décroché la lune avec l’album <em>Moon Safari</em> et croisé çà et là une <em>Venus</em>, un <em>Vagabond</em>, de l’ <em>African Velvet</em>,  de l’ <em>Heaven’s Light</em> et un <em>Universal Traveler</em>. Plutôt bien inspirés dans <strong><em>Le Voyage dans la lune</em></strong>, Nicolas Godin et Jean-Benoît Dunckel nous font oublier la facilité (un peu trop gnan-gnan à mon goût) dans laquelle ils étaient tombés avec leur précédent album, <em>Love 2</em>, opus que j’avais pour ma part remisé au placard après une écoute seulement.</p>
<p>Hasard du calendrier ou Méliès-mania ? La sortie de l’album <strong><em>Le Voyage dans la lune</em></strong> intervient moins de deux mois après celle de <em><a title="La fiche du film sur l'IMDB" href="http://www.imdb.com/title/tt0970179/" target="_blank">Hugo Cabret</a></em> de Martin Scorcese, dont un des personnages principaux est justement Georges Méliès, réalisateur du <a title="La fiche du film sur l'IMDB" href="http://www.imdb.fr/title/tt0000417/" target="_blank">film éponyme</a>. En l&#8217;occurrence, c’est le projet de restauration de la version couleur de ce mythe du cinéma (souvent considéré comme le premier film de science-fiction), projetée à l’occasion du dernier Festival de Cannes, qui a attiré le tandem de Versaillais dans ce projet de composition. Le résultat final – la pellicule rénovée dans son entier avec la musique originale de Air &#8211; est donc offert avec l’album, et c’est un bien bon moment de science-poésie-fiction hallucinogène que voilà ! Flashy, enfumé, bizarre, magique, c’est un film où les savants explorateurs se comportent comme des c(ol)ons, où les extra-terrestres sont déjà verts (on est en 1902) et où les parapluies se transforment en champignons géants (impossible de ne pas penser à Tintin et son <em>Étoile mystérieuse</em><em> !)</em>. La majorité des titres uniquement instrumentaux de l’album a été exploitée pour la bande originale, à savoir <em>Astronomic Club</em>, <em>Décollage</em>, <em>Homme Lune</em>, <em>Lava</em>, <em>Sonic Armada</em>, <em>Retour Sur Terre</em> et <em>Parade</em>, avec en prime quelques transitions à mon avis dispensables car beaucoup trop faciles.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-16800" title="Le Voyage dans la lune CD" src="http://interlignage.fr/images/2012/02/Air-Le-Voyage-dans-la-lune.jpg" alt="Le Voyage dans la lune CD" width="400" height="400" /></p>
<p>Mais la vision du <strong><em>Voyage dans la lune</em></strong> ne devient pas pour autant un élément essentiel à l’écoute du disque : la musique est globalement assez réussie pour se suffire à elle-même. Car si l’agencement des titres choisi par le groupe fait que cette trop courte écoute se finit un peu en queue de poisson (<em>Lava</em> fait partie avec <em>Parade</em>, dont les sonorités sont un peu trop indochiniennes et bateau, des éléments faibles de l’album), le plaisir est bien réel. Air renoue avec la créativité et l’énergie qu’on avait appréciées dans les essentiels de sa discographie que sont <em>Moon Safari</em> et <em>10 000 Mhz Legend</em>. <em>Seven Stars</em> (avec la présence vocale de Victoria Legrand) nous replonge avec bonheur dans l’ambiance spatiale des vidéos aux hommes bleus de Daft Punk. Le groupe joue avec les sonorités du Mellotron¹ à coup de chorus funky  dans <em>Sonic Armada</em>, il fait guincher son <em>Cosmic Trip</em> sur fond de voix d’hôtesse de l’air, il nous fait défiler sur le tambour de l&#8217;<em>Astronomic Club</em> (une très bonne plongée dans l’ambiance du disque) et quitter les vapeurs industrielles de la terre avec… <em>Décollage</em> (forcément).</p>
<p>Mais les atmosphères les plus planantes et surprenantes (les oiseaux du <em>Retour sur terre</em> alors que la fusée s’engloutit dans les flots) sont celles qui auront mes faveurs. Entre autres parce que Air sait aussi prendre des risques harmoniques et créer des tensions grâce à des frictions plutôt inhabituelles dans le monde sonore de la pop. Oui, il y a des tics sonores, des boucles, des ostinatos, mais on adore des moments comme <em>Moon Fever</em> , son motif doux fait d&#8217;intervalles un peu crus (quartes et quintes) qui se répète encore et encore&#8230; oui, c&#8217;est du déjà-vu, mais il se trouve que le résultat est un petit bijou d’hypnose par le rêve. Et surtout <em>Who Am I Now</em>, une berceuse chromatique en quintes (encore) où la voix ingénue et éthérée des <a title="Le site web du groupe" href="http://aurevoirsimone.com/" target="_blank">Au Revoir Simone</a> crée un malaise/plaisir étrange un peu inquiétant, le genre à vous plonger dans des visions à la Tim Burton.</p>
<p>Le principal défaut de ce <strong><em>Voyage dans la lune</em></strong> auditif étant au final sa courte durée, on saura donc sans problème se contenter de sa diversité, de son exotisme spatial vintage et de ses séduisantes bizarreries électroniques. Et puis surtout, on se réjouit vraiment que Air se montre de nouveau capable de nous vendre autre chose que du rêve teinté de rose bonbon.</p>
<p><strong><em>Le voyage dans la lune</em>, de Air<br />
Paru le 6 février 2012 chez EMI</strong>²</p>
<p>1. Le <a title="Wikipédia" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mellotron" target="_blank">mellotron</a> sonne-t -il encore plus vintage et ringard que le Minimoog, en voilà une bonne question ?</p>
<p>2. On recommande au passage très chaudement d&#8217;en profiter pour acheter l&#8217;édition limitée qui comprend un DVD du film de Georges Méliès dans sa version couleur.</p>
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		<title>Zita Swoon Group &#8211; Boutures</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Feb 2012 08:00:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas Sinaeve</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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		<description><![CDATA[Comme elle semble lointaine, l&#8217;époque où les genres s&#8217;opposaient, se superposaient, où les esthétiques s&#8217;affrontaient&#8230; le Net, la mondialisation musicale et plus généralement artistique ont balayé tout cela d&#8217;un revers de main, en l&#8217;espace de quelques années. On a vu progressivement disparaître les courants musicaux forts, désormais éclatés, dilapidés entre les petites chapelles sans grand [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comme elle semble lointaine, l&#8217;époque où les genres s&#8217;opposaient, se superposaient, où les esthétiques s&#8217;affrontaient&#8230; le Net, la mondialisation musicale et plus généralement artistique ont balayé tout cela d&#8217;un revers de main, en l&#8217;espace de quelques années. On a vu progressivement disparaître les courants musicaux forts, désormais éclatés, dilapidés entre les petites chapelles sans grand intérêt (l&#8217;un des grands paradoxes du Web) d&#8217;un côté, et la fusion des genres, des sons et des âmes de l&#8217;autre.</p>
<p>Le nouveau projet de <a title="Site officiel" href="http://www.zitaswoongroup.be">Zita Swoon</a>, expert en la matière depuis près de vingt ans maintenant, s&#8217;inscrit de plain-pied dans cette étrange époque où un artiste est devenu inclassable presque par définition, et où l&#8217;hybridation est le dernier bastion de ceux qui ne veulent pas s&#8217;enfermer dans des formules de plus en plus rigides et éculées. Même le nom du collectif emmené par Stef Kamil Carlens a fini, avec le temps, par muter. Le voici désormais réinventé en Zita Swoon Group, et en pleine exploration de nouvelles terres via l&#8217;intégration presque parfaite d&#8217;Awa Démé (au chant) et de Mamadou Diabaté Kibié (au balafon), deux griots originaires du Burkina Faso.</p>
<p><a href="http://interlignage.fr/images/2012/01/zitaswoongroup-waitforme.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-16675" title="zitaswoongroup-waitforme" src="http://interlignage.fr/images/2012/01/zitaswoongroup-waitforme.jpg" alt="zitaswoongroup-waitforme" width="400" height="273" /></a></p>
<p>L&#8217;album s&#8217;appelle <strong><em>Wait for Me</em></strong> et semble s&#8217;être donné pour première règle de ne ressembler à rien d&#8217;autre qu&#8217;à lui-même. C&#8217;est l&#8217;un des traits les plus marquants de Zita Swoon depuis longtemps, que de réinventer le présent en partant de bases traditionnelles et/ou intemporelles. Ici, la musique mandingue rencontre le blues funky cher au groupe belge, et le résultat sonne comme une évidence.</p>
<p>A mille lieues &#8211; mais est-il réellement nécessaire de le préciser ? &#8211; de la <em>world-music</em> consensuelle et entendue qui pénètre généralement les ondes, les rythmes madingues, connus pour leur répétitivité, mutent en une pop incroyablement légère et dynamique (<em>Tasuma/Ji</em>, <em>Nègèn</em>) ; chacun semble trouver une place naturelle au sein de l&#8217;édifice, à commencer par le balafon, vif, et les voix, qui pour n&#8217;avoir pas grand-chose à voir l&#8217;une et l&#8217;autre (celle de Démé est un rugissement ; celle de Carlens un feulement) se marient à merveille. Mais il est vrai qu&#8217;avant d&#8217;être une rencontre musicale, <strong><em>Wait for Me</em></strong> est le récit d&#8217;un voyage et de rencontres humaines. Une histoire de partage autant que d&#8217;engagement (les textes &#8211; pour ceux que l&#8217;on a compris &#8211; traitent largement de la situation complexe de l&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest en général et du Burkina Faso en particulier), même si l&#8217;aspect dansant des rythmes et la jovialité des mélodies a très souvent tendance à le faire oublier. Énergisant, empreint d&#8217;humour (on le sent y compris lorsque le passage est chanté en dioula), l&#8217;ensemble est non seulement probant, mais s&#8217;avère aussi un album dont on se lasse très difficilement, si riche dans les orchestrations que l&#8217;on peut réécouter des dizaines de fois sans jamais éprouver le moindre sentiment de répétition. Une rareté.</p>
<p><strong><em>Wait for Me</em>, du Zita Swoon Group<br />
Sortie le 20 février chez Crammed Discs<br />
En concert au 104 (Paris) le 8 mars prochain<br />
Crédit photo : site des artistes</strong></p>
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		<title>We Need to Talk about Kevin, de Lynne Ramsay – Introspection maternelle</title>
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		<pubDate>Wed, 08 Feb 2012 12:00:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Willy Gilboire</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Eva a mis sa vie professionnelle et ses ambitions personnelles entre parenthèses pour donner naissance à Kevin. La communication entre mère et fils s&#8217;avère d&#8217;emblée très compliquée. À l&#8217;aube de ses 16 ans, il commet l&#8217;irréparable. Eva s&#8217;interroge alors sur sa responsabilité. En se remémorant les étapes de sa vie avant et avec Kevin, elle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Eva a mis sa vie professionnelle et ses ambitions personnelles entre parenthèses pour donner naissance à Kevin. La communication entre mère et fils s&#8217;avère d&#8217;emblée très compliquée. À l&#8217;aube de ses 16 ans, il commet l&#8217;irréparable. Eva s&#8217;interroge alors sur sa responsabilité. En se remémorant les étapes de sa vie avant et avec Kevin, elle tente de comprendre ce qu&#8217;elle aurait pu ou peut-être dû faire.</p>
<p><em><strong>We Need to Talk about Kevin</strong></em> est un film particulièrement dérangeant pour les parents car il traduit à l&#8217;écran leur plus grande hantise, celle de voir grandir un criminel en devenir. Habilement articulé entre passé et présent, ce film de Lynne Ramsay épouse le point de vue d&#8217;une mère plongée dans une tragique et intime introspection. De la conception de son enfant au drame dont il sera l&#8217;acteur principal, cette dernière nous fait découvrir étape par étape les événements qui ont conduit à l&#8217;éclatement de sa cellule familiale.</p>
<p><a href="http://interlignage.fr/images/2012/02/famille.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-16783" title="Eva et Kevin" src="http://interlignage.fr/images/2012/02/famille.jpg" alt="Eva et Kevin" width="400" height="272" /></a></p>
<p>Incarnée par une Tilda Swinton au sommet de son art, Eva est une femme dynamique qui, non sans regrets, a renoncé à sa vie de globe-trotteuse pour fonder un foyer. Malheureusement, en dépit de ses efforts et de son investissement dans ce nouveau mode de vie, Eva réalise peu à peu que son fils Kevin n&#8217;est pas comme les autres.</p>
<p>Insupportable (bébé), insolent (bambin), jusqu&#8217;à devenir franchement inquiétant (pubère), Kevin va imposer une relation complexe et ambiguë à sa mère. De l&#8217;incompréhension (Kevin la provoque) jusqu&#8217;à une certaine forme de rejet (Eva fait un autre enfant), cette dernière subit crescendo la montée en puissance et en violence d&#8217;un fils prêt à tout pour la pousser à bout.</p>
<p><a href="http://interlignage.fr/images/2012/02/kevin.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-16784" title="Kevin (Ezra Miller)" src="http://interlignage.fr/images/2012/02/kevin.jpg" alt="Kevin (Ezra Miller)" width="400" height="400" /></a></p>
<p>Pas plus que son nigaud de mari (John C. Reilly dans toute sa bonhomie), Eva ne parviendra véritablement à comprendre son propre fils. En revanche – et c&#8217;est toute la force du film de Lynne Ramsay – l&#8217;introspection d&#8217;Eva met à jour l&#8217;échec total de la cellule familiale de son foyer, à travers le déni et le refus total d&#8217;aborder de front le problème que représente la folie palpable et grandissante de son fils.</p>
<p>Avec une musique qui souligne le décalage grandissant entre parents et enfant, une succession de scènes où les provocations du fils tranchent avec l&#8217;attentisme ambiant, <em><strong>We Need to Talk about Kevin</strong></em> laisse traîner un certain malaise chez le spectateur, sans tomber dans le piège facile de la condamnation moraliste de ses personnages.</p>
<p><a href="http://interlignage.fr/images/2012/02/eva.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-16785" title="Eva (Tilda Swinton)" src="http://interlignage.fr/images/2012/02/eva.jpg" alt="Eva (Tilda Swinton)" width="400" height="272" /></a></p>
<p>Édité en DVD (et disponible en VOD) chez Diaphana Édition Video, le film bénéficie d&#8217;une copie irréprochable sur un plan technique. L&#8217;interactivité, limitée, se réduit à un seul supplément contenant des entretiens avec l&#8217;équipe du film (19 mn) dans lesquels les acteurs principaux du film y dévoilent des interprétations assez pertinentes de leurs personnages. Des bandes-annonces (du film et du catalogue actuel de l&#8217;éditeur) complètent enfin l&#8217;ensemble.</p>
<p><a href="http://interlignage.fr/images/2012/02/dvd.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-16786" title="We Need to talk about Kevin, de Lynne Ramsay" src="http://interlignage.fr/images/2012/02/dvd.jpg" alt="We Need to talk about Kevin, de Lynne Ramsay" width="400" height="400" /></a></p>
<p><strong><em>We Need to Talk about Kevin</em>, réalisation de Lynne Ramsay<br />
Scénario : Lynne Ramsay et Rory Stewart Kinnear, d&#8217;après le roman de Lionel Shriver<br />
Avec Tilda Swinton (Eva), John C. Reilly (Franklin) et Ezra Miller (Kevin)<br />
Caractéristiques techniques : 2011 ; 107 mn ; 16/9 compatible 4/3 ; couleurs, format 2.35 ; versions originale et française Dolby Stéréo et Dolby Digital 5.1, sous-titres français<br />
Sorti le 01 février 2012 en DVD et VOD aux éditions Diaphana Vidéo</strong></p>
<p><strong>Crédit photographique : © Diaphana Édition Vidéo</strong></p>
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		<title>A Place to Bury Stangers &#8211; Evidemment excellent.</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Feb 2012 08:00:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas Sinaeve</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[EP]]></category>
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		<description><![CDATA[Parce que tout ce qui est rare est précieux, parce que les plus courtes sont les meilleures et parce qu&#8217;un tiens vaut mieux que deux tu l&#8217;auras, c&#8217;est un EP que publie la semaine prochaine A Place To Bury Strangers. Cinq petits titres et puis s&#8217;en va, pour faire suite à l&#8217;un des tous meilleurs [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Parce que tout ce qui est rare est précieux, parce que les plus courtes sont les meilleures et parce qu&#8217;un <em>tiens</em> vaut mieux que deux <em>tu l&#8217;auras</em>, c&#8217;est un EP que publie la semaine prochaine <a title="Site officiel" href="http://www.aplacetoburystrangers.com/">A Place To Bury Strangers</a>. Cinq petits titres et puis s&#8217;en va, pour faire suite à l&#8217;un des tous meilleurs albums des dernières années ? Voilà un groupe au moins que l&#8217;on ne pourra pas soupçonner de capitaliser sur ses acquis. Quoique. On peut aussi se dire à l&#8217;inverse que quand on est l&#8217;un des tous meilleurs groupes de rock en activité, on n&#8217;est pas forcément obligé de s&#8217;épuiser en studio et de publier des disques à la chaîne &#8211; il suffit d&#8217;un EP pour faire de vos cinq nouvelles chansons les seize minutes et quarante-trois secondes les plus attendues de l&#8217;année.</p>
<p><a href="http://interlignage.fr/images/2012/02/onwardstothewall.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-16760" title="onwardstothewall" src="http://interlignage.fr/images/2012/02/onwardstothewall.jpg" alt="onwardstothewall" width="400" height="400" /></a></p>
<p>En attendant que voie le jour l&#8217;album entier (actuellement en préparation, nous souffle-t-on dans l&#8217;oreillette), <strong><em>Onwards to the Wall</em></strong> s&#8217;occupe d&#8217;enfoncer le clou et de rappeler au monde qui sont les patrons dans un registre noise/shoegaze/new wave largement balayé par la concurrence depuis (si ce n&#8217;est dans la foulée de) l&#8217;atomique <em>Exploding Head</em> de 2009. Trois secondes d&#8217;<em>I Lost You</em> suffisent à remettre les morveux noisy à leur place : aucun groupe du genre n&#8217;arrive  à la cheville d&#8217;A Place To Bury Strangers, aucun groupe ne sonne comme lui et aucun groupe ne sait bâtir une si parfaite harmonie entre bruit, fureur et <em>songwriting</em>. Puissant quand les autres sont gueulards, chirurgical quand les autres sont brouillons, et élégant, bien sûr, dans sa production, dans les mélodies sublimes qui se planquent derrière l&#8217;électricité diluvienne&#8230; A Place To Bury Strangers n&#8217;a toujours aucun concurrent sérieux en 2012.</p>
<p>Ce constant posé en trois secondes, donc (fou ce qu&#8217;on peut aligner comme pensées dans ce laps de temps), <strong><em>Onwards to the Wall</em></strong>, littéralement <em>droit dans le mur</em> (du son, on l&#8217;imagine <strong><sup>1</sup></strong>), n&#8217;a plus qu&#8217;à dérouler : l&#8217;auditeur est déjà conquis. Rien n&#8217;y est de toute façon surprenant, au sens où ces cinq nouveaux morceaux sont prévisiblement énormes, et s&#8217;inscrivent dans la droite ligne d&#8217;un <em>Exploding Head</em> dont ils pourraient aussi bien constituer les chutes. Deux morceaux dans le registre new wave (<em>So Far Away</em>, hanté ; <em>Onwards to the Wall</em>, décharné), un relent hardcore bienvenu (<em>Nothing Will Surprise Me</em>, bien nommé) et un final, <em>Drill It up</em>, typique du trio de Brooklyn. On aura le droit de trouver l&#8217;ensemble un brin convenu, même si la qualité intrinsèque des compos n&#8217;est aucunement en cause. Il est si difficile de nos jours de tomber sur des groupes aussi complets que celui-ci, capables de convoquer les ténèbres avec une aisance remarquable, de discipliner le chaos, d&#8217;emprisonner l&#8217;auditeur dans d&#8217;improbables tunnels soniques&#8230; que l&#8217;on se voit mal faire la fine bouche. Mais on attend quand même avec d&#8217;autant plus d&#8217;impatience le prochain album, histoire de voir si A Place To Bury Strangers nous offre un <em>Exploding Head vol. 2</em> ou bien s&#8217;il en a encore sous la pédale d&#8217;effets.</p>
<p><strong><em>Onwards to the Wall</em>, d&#8217;A Place To Bury Strangers<br />
Sortie le 13 février chez Dead Oceans<br />
Crédit photo : Dead Oceans</strong></p>
<p><strong>1.</strong> J&#8217;en <a href="http://www.danslemurduson.com/">connais</a> qui vont passer à la caisse.</p>
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		<title>Christine and the Queens &#8211; Mac Abbey</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Feb 2012 08:00:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>RV</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Auto-production]]></category>
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		<description><![CDATA[Ça aurait pu être le coup de cœur de l’année. Tout pour : une personnalité ravageuse, une voix admirable, des rythmes un peu étranges de vieux synthés Starwars seventies. Mais non en fait. En tout cas pas complètement. Alors pourquoi ce désamour ou plutôt ce non-amour fou pour la belle Christine &#38; the Queens ?
Difficile [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ça aurait pu être le coup de cœur de l’année. Tout pour : une personnalité ravageuse, une voix admirable, des rythmes un peu étranges de vieux synthés Starwars seventies. Mais non en fait. En tout cas pas complètement. Alors pourquoi ce désamour ou plutôt ce non-amour fou pour la belle <a title="site myspace de Christine" href="www.myspace.com/christineandthequeens" target="_blank"><em><strong>Christine &amp; the Queens</strong></em></a> ?</p>
<p>Difficile d’abord de ne pas être séduit par la chanteuse tellement inspirée par Klaus Nomi et Julie Cruise (enfin, à mon avis). <a title="site officiel de l'artiste" href="http://www.christineandthequeens.com/crbst_6.html" target="_blank">Ce lien</a> aux multiples ramifications vous en dira bien plus long sur une jeune femme torturée et joueuse, schizophrène et terre à terre, louvoyante et carrée, menteuse et sincère ; bref, une collection vivante d’oxymores vit en elle. Sans compter ses Queens, dont chacune est l&#8217;éponyme d&#8217;un album ou EP, comme ici <em><strong>Mac Abbey</strong></em>, selon elle la plus détestable des cinq Queens dont les noms commencent tous par M.</p>
<p>J’imagine sans peine que ses concerts doivent donner une dimension vraiment spéciale à ses chansons, tant la belle Christine suinte l’excentricité brillante et glamour (et non pas la vieille crasse d’un corps jamais récuré, comme ses jolis mensonges nous le laissent croire, voir le dossier de presse inclus dans le site cité plus haut).</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-16716" title="C&amp;TQ_1" src="http://interlignage.fr/images/2012/02/CTQ_1.JPG" alt="C&amp;TQ_1" width="327" height="400" /></p>
<p>Alors qu’est-ce qui cloche ? La monotonie des mélodies d’abord, les unes ressemblant inexorablement aux autres, et sur cinq morceaux, ça fait vite ritournelle voire rabâchage. Non pas que les morceaux soient mauvais, loin de là, mais ils laissent comme une impression d’inachevé. La faible ampleur musicale aussi, sympathique au départ, finit par lasser. On voudrait du cuivre, de la corde et du souffle, en un mot de l’orchestre, et l’on a du Bontempi. De luxe certes, mais du Bontempi. J’ose ? Allez, j’ose : bon, tant pis.</p>
<p>Trêve de plaisanterie lamentable, il me semble que Christine et son univers forment un diamant brut, pour l’instant assez grossièrement taillé, mais qui pourrait nous donner à entendre et à voir des choses formidables. Et je lui souhaite ardemment, car en s&#8217;étoffant elle pourrait devenir la nouvelle Elizabeth Fraser, inoubliable chanteuse des <em>Cocteau Twins</em>.</p>
<p><strong><em>Mac Abbey</em>, par Christine and the Queens</strong><br />
<strong>EP cinq titres autoproduit</strong><br />
<strong>Déjà disponible (janvier 2012)</strong><br />
<strong>Crédits photographiques : site de l&#8217;artiste</strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>La Taupe, de Thomas Alfredson</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Feb 2012 10:00:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nolan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>

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		<description><![CDATA[La Taupe est un film antispectaculaire se déroulant sur un faux rythme assez déstabilisant. Pourtant il ne manque pas d'intérêt en mettant l'accent sur la solitude des membres du MI-6, siège d'un univers grisâtre, et en réussissant à donner de l'épaisseur à un casting pléthorique. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Étonnant blockbuster qu&#8217;est <em><strong>La Taupe</strong></em>. Adaptation d&#8217;un best-seller de John Le Carré (La Taupe, 1974), réalisé par Thomas Alfredson – qui a acquis une certaine notoriété grâce à <em>Morse</em> (2009) – et doté d&#8217;un casting <em>british</em> quatre étoiles, le film ne veut ni épater le spectateur, ni provoquer l&#8217;ennui. L&#8217;histoire en elle-même est simple mais prenante : le MI-6 (les services secrets britanniques), appelé aussi le <em>Circus</em>, serait infiltré par une taupe soviétique tout en haut de la hiérarchie. John Smiley (Gary Oldman), alors fraîchement débarqué du <em>Circus</em>, se voit embauché par le ministre de la Défense pour débusquer le fouineur.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-16727" title="La Taupe 1" src="http://interlignage.fr/images/2012/02/Taupe-1-Interlignage.jpg" alt="La Taupe 1" width="400" height="275" />Alfredson et ses scénaristes ont fait le choix de prendre le moins possible la main du spectateur. Aussi faut-il un peu de temps pour bien assimiler l&#8217;organisation des services – qui fait quoi ? ; à quoi servent-ils ? – alors que, déjà, la traque a commencé. La progression est certes linéaire mais est trouée de flashbacks en fonction des témoignages recueillis ou des souvenirs de Smiley.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-16728" title="La Taupe 2" src="http://interlignage.fr/images/2012/02/La-Taupe-2-Interlignage.jpg" alt="La Taupe 2" width="400" height="286" /></p>
<p>Anti-spectaculaire au possible le film est même construit autour d&#8217;un axe sentimental peu glamour : la fête de Noël du personnel du MI-6. Étrange, le souvenir de cette soirée revient à plusieurs reprises pour souligner la trajectoire presque identique des personnages quelque soit leur fonction : la solitude. C&#8217;est avant tout cet aspect qui est travaillé – comme dans le précédent opus du réalisateur qui faisait se croiser deux marginaux et mélangeait habilement conte de fées et film de vampires. Ici, le conte de fées n&#8217;existe pas et l&#8217;amour que peuvent rencontrer les espions est voué à l&#8217;échec. C&#8217;est bien le seul point commun que l&#8217;on pourra trouver avec la saga <em>James Bond</em>. Ainsi, Smiley et les autres ne nourrissent que des regrets mais font preuve d&#8217;un dévouement envers leur patrie. A tort ou à raison, dans le petit jeu de chat et de souris qu&#8217;ils mènent avec les autres nations ou entre eux, n&#8217;entre quasiment jamais en ligne de compte un intérêt ou la possibilité d&#8217;un enrichissement personnel.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-16729" title="La Taupe 3" src="http://interlignage.fr/images/2012/02/La-Taupe-3-Interlignage.jpg" alt="La Taupe 3" width="400" height="275" /></p>
<p>Que dire du faux rythme du film ? Les contempteurs y verront une préciosité ou un hommage à quelques séries allemandes des années quatre-vingt. Ce serait, à notre sens, plutôt injuste. Ainsi, la scène d&#8217;ouverture diffuse-t-elle une véritable angoisse et constitue une parfaite entrée en matière pour dérouler l&#8217;histoire. Plus globalement, Alfredson arrive à relever le défi d&#8217;instaurer un suspense dans une scène de vol de dossier aux antipodes des casses alambiqués des films <em>Mission : Impossible</em>. Enfin, nous saluons également l&#8217;effort pour éviter toute scène narrative superflue, ce qui demande certes un peu de concentration, provoque un peu de frustration dans cette administration fort stoïque, mais permet de donner un certain mystère et une épaisseur à l&#8217;ensemble des personnages. Nous pourrons remarquer que le film évite l&#8217;humour de peur peut-être d&#8217;exprimer une certaine joie de vivre. Le réalisateur glisse tout de même un moment de rigolade (jaune) lorsque Jim Prudeaux (Mark Strong) éclate, à la batte de cricket, une chouette en feu (!).</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-16730" title="La Taupe 4 " src="http://interlignage.fr/images/2012/02/La-Taupe-4-Interlignage.jpg" alt="La Taupe 4 " width="400" height="273" /></p>
<p>En matière de photographie, à la recherche d&#8217;une lumière souvent blafarde, on évolue dans des tonalités beiges et marrons ternes. Le film incruste littéralement les protagonistes dans le décor. Il y a bien quelques scènes romantiques avec une voiture décapotable mais elle se situe dans un port industriel rempli de containers. La réalisation est très soignée et aussi minutieuse que Smiley, serrant les cadres, étouffant au maximum les individus, servie par des acteurs souvent justes en particulier le pool de &laquo;&nbsp;chasseurs de scalps&nbsp;&raquo; (Benedict Cumberbatch, Tom Hardy, Mark Strong), pas encore complètement détruits mais pas loin quand même. Nous avons même été surpris par la note d&#8217;espoir située à la fin qui montre Smiley retrouver sa femme. A tel point que son absence durant l&#8217;enquête nous paraîtrait presque suspecte…</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-16731" title="La Taupe 5" src="http://interlignage.fr/images/2012/02/La-Taupe-5-Interlignage.jpg" alt="La Taupe 5" width="400" height="273" /></p>
<p><em><strong>La Taupe</strong></em> est un divertissement étrange, jurant avec le tout venant hollywoodien voire même les films policiers britanniques du moment, rythmés, sales et violents. L&#8217;œuvre constitue une fort belle alternative aux <em>James Bond </em>dont nous restons tout de même amateurs.</p>
<p><strong><em>La Taupe (Tinker, Tailor, Soldier, Spy)</em> de Thomas Alfredson, avec Gary Oldman, Colin Firth, Mark Strong, Tom Hardy, Benedict Cumberbatch, John Hurt, Toby Jones, Ciriàn Hinds, …<br />
Grande Bretagne, Allemagne, France, 2011.<br />
Couleur – 35 mm – DTS, Dolby Digital – 2.35:1 Cinemascope</strong></p>
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		<title>Mondrian – Flood of Kool</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Jan 2012 08:00:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>RV</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Auto-production]]></category>
		<category><![CDATA[EP]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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		<description><![CDATA[Si vous rêvez d’une vieille branlée de pop violente à vous décoller rétine et cervelet histoire de décompresser en terre de crassouillerie après une journée infernale de sue-le-burnous, Mondrian n’est point fait pour vous. Ambiance bougie aux senteurs d&#8217;agrumes, causerie entre amis et romantisme non décadent au programme. Et, ma foi, pourquoi pas ? C’est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Si vous rêvez d’une vieille branlée de pop violente à vous décoller rétine et cervelet histoire de décompresser en terre de crassouillerie après une journée infernale de sue-le-burnous, Mondrian n’est point fait pour vous. Ambiance bougie aux senteurs d&#8217;agrumes, causerie entre amis et romantisme non décadent au programme. Et, ma foi, pourquoi pas ? C’est également délassant, dans un autre genre.</p>
<p>Car <strong><em>Flood of Kool</em></strong>, album autoproduit, en écoute libre et/ou en téléchargement pour pas cher (comme les deux précédents EPs du groupe, écoutables et <a href="http://popmondrian.bandcamp.com/" target="_blank">téléchargeables aussi sur leur site</a>) a des qualités. La première étant sa sincère candeur. Une pop toute simple, de petites chansons effleurées d’une voix sans grand relief mais juste, batterie très très discrète, claviers omniprésents.  Beaucoup de petits breaks vaguement casse-gueule, mais ça passe. Il faut dire aussi que tous les titres se ressemblent un peu. Des mélodies sérieuses et tranquilles, en somme.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-16682" title="Mondrian_couv" src="http://interlignage.fr/images/2012/01/Mondrian_couv.jpg" alt="Mondrian_couv" width="380" height="400" /></p>
<p>Les textes, généreusement disponibles sur le site, entr’ouvrent les portes de l’univers des trois compères soudés sous le parrainage éponyme du grand peintre néerlandais. Je n’irai pas jusqu’à vouloir trouver des ressemblances entre les tableaux de Piet Mondrian et les chansons de notre parisien de groupe, mais il serait intéressant de connaître la raison de ce choix. Bref, pour en revenir aux textes, uniquement écrits (et chantés, bien entendu) en anglais, ils dessinent un univers doux-amer, &laquo;&nbsp;rive gauche plurielle&nbsp;&raquo; si j’ose dire. Être joyeux d’être déprimé, déprimé devant la joie de vivre, hésiter entre prendre le monde à bras le corps par ses dessous de bras ou le laisser pourrir au loin entre deux Martinis-olive en terrasse… Ah ben oui hein, on est à <em>Paris</em> <strong><sup>1</sup></strong>, faut tenir le rang&#8230; Mais bon, il y a aussi quelques jolies tournures inattendues et moult références culturelles, la plupart m’ayant semblé d’ailleurs plutôt relever de la <em>private allusion </em>que de la volonté d’éduquer le peuple par l’émancipation de la connaissance…</p>
<p>Du fait de sa (encore) modeste notoriété, Mondrian exploite assez joliment réseaux sociaux et niches internet pour loger ses petits œufs musicaux. On vous encouragera donc sans vergogne à visiter <a href="http://fr-fr.facebook.com/pages/MONDRIAN/20977964986" target="_blank">leur page fascebook</a>, plus à jour que <a href="http://www.myspace.com/popmondrian" target="_blank">leur page myspace</a>.</p>
<p><strong><em>Flood of Kool</em>, de Mondrian</strong><br />
<strong>EP autoproduit</strong><br />
<strong>Disponible sur leur site : <a href="http://popmondrian.bandcamp.com/">http://popmondrian.bandcamp.com/</a></strong><br />
<strong>Crédit photographique : site des artistes</strong></p>
<p><strong>1.</strong> Ville des artistes mais aussi premier titre de l&#8217;EP</p>
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		<title>True Legend, de Yuen Woo-Ping – Maïeutique du kung fu</title>
		<link>http://interlignage.fr/2012/01/true-legend-de-yuen-woo-ping/</link>
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		<pubDate>Thu, 26 Jan 2012 08:00:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Willy Gilboire</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[DVD]]></category>

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		<description><![CDATA[Général au service de la dynastie Qing, Su Can décide d’interrompre sa brillante carrière pour se consacrer à son rêve ultime : la création d’un art martial unique qui se transmettrait de génération en génération. Mais le destin de Su bascule lorsque son fils est kidnappé par son demi-frère. Il perfectionne alors sa technique pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Général au service de la dynastie Qing, Su Can décide d’interrompre sa brillante carrière pour se consacrer à son rêve ultime : la création d’un art martial unique qui se transmettrait de génération en génération. Mais le destin de Su bascule lorsque son fils est kidnappé par son demi-frère. Il perfectionne alors sa technique pour devenir le légendaire &laquo;&nbsp;Prince des Mendiants&nbsp;&raquo;, un combattant prêt à tout pour sauver sa famille et son honneur.</p>
<p><a href="http://interlignage.fr/images/2012/01/can.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-16649" title="Su Can" src="http://interlignage.fr/images/2012/01/can.jpg" alt="Su Can" width="400" height="232" /></a></p>
<p><em><strong>True Legend</strong></em> est un film d&#8217;arts martiaux particulièrement ambitieux. Pour la Chine tout d&#8217;abord puisque le film compte un solide budget estimé à 20 millions de dollars. Pour Yuen Woo-Ping, un chorégraphe inégalé condamné à se surpasser à chacune de ses nouvelles réalisations. Pour le cinéma d&#8217;arts martiaux en général puisque <em><strong>True Legend</strong></em> est le premier film chinois à bénéficier de la technologie 3D.</p>
<p><a href="http://interlignage.fr/images/2012/01/punch.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-16650" title="Iron fist" src="http://interlignage.fr/images/2012/01/punch.jpg" alt="Iron fist" width="400" height="232" /></a></p>
<p>Entièrement articulé autour du tragique destin de Su Can, un général d&#8217;armée respecté mais jalousé par son traître de demi-frère, <strong><em>True Legend</em></strong> aurait pu être le film de la consécration pour son interprète principal Vincent Zhao (Chiu Man-Cheuk à Hong-Kong). Acteur mésestimé, à l&#8217;ombre des superstars locales que sont Jet Li, Jackie Chan ou Donnie Yen, Vincent Zhao s&#8217;était illustré comme le pivot de deux films majeurs du cinéma hong-kongais avec <em>Once Upon a Time in China V</em> (1994) et <em>The Blade</em> (1995), réalisés par Tsui Hark. Malheureusement, au regard de l&#8217;échec commercial injuste que fut <em><strong>True Legend</strong></em>, le travail de cet acteur n&#8217;est pas prêt d&#8217;être reconnu par le grand public.</p>
<p><a href="http://interlignage.fr/images/2012/01/entrainement.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-16651" title="Vincent Zhao" src="http://interlignage.fr/images/2012/01/entrainement.jpg" alt="Vincent Zhao" width="400" height="274" /></a></p>
<p><em><strong>True Legend</strong></em> est pourtant un film important dans le genre où il s&#8217;illustre. En suivant la destinée de son personnage principal, Su Can, c&#8217;est pratiquement l&#8217;histoire même du cinéma asiatique d&#8217;arts martiaux qui nous est indirectement et subtilement retracée à l&#8217;écran. Aventure et Wu Xia Pian<sup><strong>1</strong></sup>  lorsque le héros affronte une secte, fantastique et onirisme lorsque ce dernier s&#8217;entraîne auprès des dieux du combat (Gordon Liu et Jay Chou)&#8230; Le film évolue au gré des genres tout en faisant surgir à l&#8217;esprit les plus grands classiques de la Shaw Brothers comme <em>L&#8217;hirondelle d&#8217;or</em> (King Hu, 1966) ou <em>La Rage du tigre</em> (Chang Cheh, 1971).</p>
<p><a href="http://interlignage.fr/images/2012/01/demi.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-16652" title="Vengeance" src="http://interlignage.fr/images/2012/01/demi.jpg" alt="Vengeance" width="400" height="274" /></a></p>
<p>Justement, plus subtile encore se révèle être la citation de ce film pilier du genre Wu Xia Pian. En exil forcé après avoir été blessé par son demi-frère, le héros de <strong><em>True Legend</em></strong> doit surmonter son doute et l&#8217;infirmité dans laquelle il a été plongé. De la déchéance physique (Su Can boit et ne peut plus se servir que d&#8217;un bras) à l&#8217;impuissance sexuelle (il se détourne de son épouse) avant la renaissance salvatrice dans le combat (non sans maîtriser de nouvelles techniques)&#8230; Tout le cheminement convoque celui parcouru par le héros de <em>La Rage du tigre</em>.</p>
<p><a href="http://interlignage.fr/images/2012/01/epouse.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-16653" title="Zhou Xun" src="http://interlignage.fr/images/2012/01/epouse.jpg" alt="Zhou Xun" width="400" height="232" /></a></p>
<p>Quant à la dernière partie du film, c&#8217;est cette fois tout un pan moderne du cinéma d&#8217;arts martiaux dont Yuen Woo-Ping réalise un savant pastiche. Alors que Su Can, désormais clochard et ivrogne, erre dans une société nouvellement ouverte à l&#8217;occident, ce dernier s&#8217;éveille au Zui quan (ou la boxe de l&#8217;homme ivre) avant de la mettre en pratique lors d&#8217;un tournoi chaotique. Des ressorts comiques (soit l&#8217;ère Jackie Chan) aux démonstrations physiques (l&#8217;ère Van Damme), Su Can et ses adversaires successifs se livrent à des affrontement qui nous renvoient à l&#8217;engouement du public occidental pour ces aspects du cinéma d&#8217;arts martiaux. La présence de l&#8217;acteur américain David Carradine est donc loin d&#8217;être anodine dans ce passage.</p>
<p><a href="http://interlignage.fr/images/2012/01/tournoi.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-16654" title="Tournoi" src="http://interlignage.fr/images/2012/01/tournoi.jpg" alt="Tournoi" width="400" height="274" /></a></p>
<p>Vous l&#8217;aurez compris, <em><strong>True Legend</strong></em> réussi l&#8217;exploit de synthétiser avec cohérence un genre majeur du cinéma populaire asiatique. Et au delà d&#8217;ailleurs de cet important travail historique et artistique, comment ne pas souligner l&#8217;aspect le plus original du film avec le cheminement personnel du héros Su Can. Expert dans l&#8217;art du sabre comme dans l&#8217;art du Wushu, ce dernier parvient de lui-même à faire surgir un nouveau savoir, et tout cela dans des états les plus seconds. Bref, la folie et le delirium tremens comme états préalables à la naissance d&#8217;un nouvel art.</p>
<p><a href="http://interlignage.fr/images/2012/01/yeoh.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-16655" title="Michelle Yeoh" src="http://interlignage.fr/images/2012/01/yeoh.jpg" alt="Michelle Yeoh" width="400" height="234" /></a></p>
<p>Édité par Universal Picture Video en DVD (et Blu-ray), <em><strong>True Legend</strong></em> est un formidable spectacle à savourer avec son ensemble home cinema. Outre une image et un son au sommet (préparez le caisson de basses), le film s&#8217;accompagne d&#8217;un passionnant making of dans lequel on découvre toute l&#8217;ampleur du projet. Studio et décors immenses, trucages savants (la <em>fly cam</em>) et analyse approfondie du personnage principal&#8230; Les studios chinois n&#8217;ont absolument rien à envier à ceux d&#8217;Hollywood. Enfin, un clip musical interprété par la sublime Zhou Xun est également disponible dans l&#8217;interactivité du DVD ainsi que les bandes annonces de <em><strong>True Legend</strong></em> et de <em>Hero</em> (Zhang Yimou, 2002).</p>
<p>Épique, magnifique et philosophique, <em><strong>True Legend</strong></em> est un film d&#8217;arts martiaux à découvrir de toute urgence en DVD. Malgré une 3D absente sur le disque, le spectacle visuel reste au rendez-vous dans ce concentré de Kung-fu.</p>
<p><a href="http://interlignage.fr/images/2012/01/dvd1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-16656" title="True Legend, de Yuen Woo-Ping" src="http://interlignage.fr/images/2012/01/dvd1.jpg" alt="True Legend, de Yuen Woo-Ping" width="400" height="400" /></a></p>
<p><strong><em>True Legend</em>, réalisation de Yuen Woo-Ping<br />
Avec Vincent Zhao (Su Can), Zhou Xun (Xiao Ying), Michelle Yeoh (soeur Yu), David Carradine, Gordon Liu et Jay Chou<br />
Caractéristiques techniques : Chine ; 2010 ; 114 mn ; 16/9 compatible 4/3 ; couleurs, format 2.35 respecté ; versions originale (mandarin) et française Dolby Digital 5.1, sous-titrées français<br />
Sortie prévue le 31 janvier 2012 en DVD et Blu-ray aux éditions Universal Pictures International France</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Crédit photographique : © Universal Pictures International France</strong></p>
<p><strong>1.</strong> Aussi appelé « film de sabre chinois », le Wu Xia Pian est un genre cinématographique du cinéma d&#8217;action chinois,</p>
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		<title>Retreat, de Carl Tibbetts</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 13:00:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Willy Gilboire</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[DVD]]></category>

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		<description><![CDATA[Afin de se retrouver après une dure épreuve, Kate et Martin se retirent sur une île déserte. Le couple voit sa tranquillité menacée par l&#8217;arrivée d&#8217;un militaire blessé. Cet homme prétend qu&#8217;une pandémie a décimé la majorité de la population et qu&#8217;ils sont les rares survivants. Isolés sur cette île, sans électricité, ni moyens de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Afin de se retrouver après une dure épreuve, Kate et Martin se retirent sur une île déserte. Le couple voit sa tranquillité menacée par l&#8217;arrivée d&#8217;un militaire blessé. Cet homme prétend qu&#8217;une pandémie a décimé la majorité de la population et qu&#8217;ils sont les rares survivants. Isolés sur cette île, sans électricité, ni moyens de communication, ils vont rapidement se faire prendre en otage par cet inconnu qui tente de s&#8217;immiscer dans leur couple.</p>
<p><a href="http://interlignage.fr/images/2012/01/tension.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-16631" title="Thandie Newton et Jamie Bell" src="http://interlignage.fr/images/2012/01/tension.jpg" alt="Thandie Newton et Jamie Bell" width="400" height="234" /></a></p>
<p>Un cottage isolé, un couple en difficulté et un soldat qui s&#8217;incruste sans avoir été invité. Tel est le point de départ de ce tragique huis clos réalisé par Carl Tibbetts. Première réalisation de ce cinéaste et scénariste anglais, <em><strong>Retreat</strong></em> est un modeste mais sympathique hommage au cinéma américain des années 70.</p>
<p><a href="http://interlignage.fr/images/2012/01/pompe.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-16632" title="Cillian Murphy" src="http://interlignage.fr/images/2012/01/pompe.jpg" alt="Cillian Murphy" width="400" height="234" /></a></p>
<p>Derrière une réalisation des plus sobres, à mi-chemin entre théâtre et cinéma, <em><strong>Retreat</strong></em> se révèle être un film traitant de l&#8217;incapacité à communiquer. Habilement traitée comme un mal contagieux, elle est tout d&#8217;abord ce qui conduit le couple Kate et Martin à s&#8217;isoler sur une île afin de se reconstruire. Incapable de communiquer depuis la perte de leur enfant mort-né, le couple se retrouve ensuite confronté au même problème en compagnie d&#8217;un soldat, peu enclin à son tour à échanger.</p>
<p><a href="http://interlignage.fr/images/2012/01/bell.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-16633" title="Jamie Bell" src="http://interlignage.fr/images/2012/01/bell.jpg" alt="Jamie Bell" width="400" height="234" /></a></p>
<p>Prévisible, l&#8217;issue fatale et violente de ce climat de défiance ne nuit pas pour autant à la qualité générale de ce petit film inspiré des <em>Chiens de paille</em> de Sam Peckinpah (1971). Porté par une distribution réduite mais de qualité (Cillian Murphy, Jamie Bell et Thandie Newton), <em><strong>Retreat</strong></em> se laisse regarder sans déplaisir.</p>
<p><a href="http://interlignage.fr/images/2012/01/murphy.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-16634" title="Cillian Murphy" src="http://interlignage.fr/images/2012/01/murphy.jpg" alt="Cillian Murphy" width="400" height="234" /></a></p>
<p>Disponible en DVD (et Blu-ray), ce film inédit bénéficie d&#8217;une image irréprochable et d&#8217;un son 5.1 Dolby Digital (5.1 DTS HD en blu-ray), ce qui est déjà pas mal pour la mise en scène modeste de Carl Tibbetts. Pour prolonger votre soirée, il sera toujours possible de s&#8217;attarder sur les quelques suppléments présents sur le disque. Plutôt anecdotiques dans l&#8217;ensemble, ces derniers se composent d&#8217;un <em>making of</em> (17 min), d&#8217;une courte vidéo (7 min) derrière la caméra, et enfin de quelques interviews rapides de l&#8217;équipe du film.</p>
<p><a href="http://interlignage.fr/images/2012/01/dvd.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-16635" title="Retreat de Carl Tibbets" src="http://interlignage.fr/images/2012/01/dvd.jpg" alt="Retreat de Carl Tibbets" width="400" height="400" /></a></p>
<p><strong><em>Retreat</em>, réalisation et scénario de Carl Tibbetts<br />
Avec Cillian Murphy (Martin), Jamie Bell (Jack), et Thandie Newton (Kate)<br />
Caractéristiques techniques : Angleterre ; 2011 ; 90 mn ; couleurs ; 16/9 compatible 4/3 ; versions originale et française 5.1 Dolby Digital, sous-titres français<br />
Sortie prévue le 17 janvier 2012 en DVD et Blu-ray aux éditions Entertainment One<br />
Crédit photographique : © Entertainment One</strong></p>
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		<title>Alex Chilton &#8211; Coins de tables</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Jan 2012 08:00:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas Sinaeve</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Compilation]]></category>
		<category><![CDATA[Import]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Réédition]]></category>

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			<content:encoded><![CDATA[<p>En ce mois de janvier un peu morne, légèrement sinistre même compte tenu de la conjoncture actuelle, rien de mieux que se réfugier dans les bras de quelque valeur sûre. De toute façon, à cette période de l&#8217;année et à quelques &#8211; trop rares &#8211; exceptions près, il n&#8217;y a qu&#8217;elles, les valeurs sûres, qui déboulent dans les rayons disques des (derniers) magasins. Entres les rééditions et les soldes, c&#8217;est plus que jamais le moment d&#8217;oublier la fatigante course à la nouveauté et se vautrer paresseusement (mais si lascivement) dans une vague d&#8217;endorphine à la <em>c&#8217;était mieux avant</em>.</p>
<p>Et c&#8217;est vrai qu&#8217;indiscutablement, en matière de pop, c&#8217;était vachement mieux avant. Presque deux ans après la mort d&#8217;Alex Chilton, on voit mal quel artiste contemporain pourrait prétendre lui succéder dans la catégorie poids-lourd-de-la-pop-indé-avant-l&#8217;heure, qui donc pourrait nourrir un tel talent pour les mélodies ciselée ou bien injecter autant de fêlures dans les refrains les plus insouciants.</p>
<p><a href="http://interlignage.fr/images/2012/01/Sans-titre.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-16617" title="Sans titre" src="http://interlignage.fr/images/2012/01/Sans-titre.jpg" alt="Sans titre" width="400" height="400" /></a></p>
<p>Déjà parue il y a quelques années sous le titre <em>1970</em>, rapidement épuisée pour cause de culterie absolue pour tous les fans du Sherlock Holmes (la ressemblance est troublante sur certaines photos), <strong><em>Free Again</em></strong> est un parfait exercice de <em>repackaging</em> &#8211; exercice consistant en gros à faire passer pour une nouveauté un disque que beaucoup connaissait déjà, en changeant le titre et la pochette. Réflexion qui ne devra pas être prise comme un reproche tant le contenu de ces sessions rapidement torchées avec le producteur John Fry (son mentor, qui produira par la suite tous les albums de Big Star <strong><sup>1</sup></strong>), et jamais parues officiellement <strong><sup>2</sup></strong>, recèlent de pépites.</p>
<p>Une phrase facile serait de dire que <strong><em>Free Again</em></strong> est le chaînon manquant entre les Box Tops et Big Star, les deux groupes de Chilton. Facile, puisque les sessions ont été enregistrées pile dans l&#8217;interstice entre son départ des premiers (février 1970) et la formation des secondes (début 71), mais vrai : ces enregistrements plus produits que ce que l&#8217;appellation démo laissera supposer sonnent bel et bien comme un compromis entre les deux combos mythiques, même s&#8217;il faudrait plutôt parler d&#8217;une alternance entre l&#8217;un et l&#8217;autre de ces deux sons (assez différents dans l&#8217;absolu). Sans surprise, c&#8217;est lorsqu&#8217;il se rapproche de la pop incandescente de la grosse étoile (<em>Free Again</em>, <em>All We Ever Got From Them Was Pain</em>) que Chilton impressionne le plus, quand les passages R&amp;B (au hasard : <em>Come on, Honey</em>) sont plus appliqués et parfois un brin maladroits (à sa décharge, Chilton n&#8217;avait pas encore vingt ans). Ironiquement, ce sont les reprises véhémentes et habitées de <em>Jumpin&#8217; Jack Flash</em> et <em>Sugar Sugar</em> qui laissent le meilleur souvenir, comme souvent chez les jeunes artistes, qui se lâchent parfois plus facilement sur le répertoire des autres que sur les leurs.</p>
<p>Inutile de le préciser après cette ultime réflexion : l&#8217;objet s&#8217;adresse principalement aux fans, dont on regrettera toujours qu&#8217;ils ne soient pas plus nombreux. Ceux-là en revanche n&#8217;en reviendront pas de l&#8217;efficacité de certaines mélodies (citons encore l&#8217;étincelante <em>If You Would Marry Me Babe</em> ou <em>The EMI Song</em>) et, pour un peu qu&#8217;il ne possèdent pas déjà <em>1970</em>, se jetteront sur ce disque comme la faim sur le pauvre monde. Pour tous les autres, découvrir Chilton en 2012 ne coûte quasiment rien : il suffit de se procurer la compilation des deux premiers Big Star, disponible à peu près partout à un prix dérisoire.</p>
<p><strong><em>Free Again : The &laquo;&nbsp;1970&#8243; Sessions</em>, d&#8217;Alex Chilton<br />
Disponible depuis le 12 janvier chez Omnivore Records<br />
Crédit photo : Omnivore</strong></p>
<p><strong>1.</strong> Tous les &laquo;&nbsp;vrais&nbsp;&raquo; albums de Big Star, s&#8217;entend. Il va sans dire que celui de la reformation des années 2000, pour sympathique qu&#8217;il soit, ne compte pas.<br />
<strong>2.</strong> La version éditée par Ardent &#8211; le label de Fry &#8211; en 1996 était plutôt considérée comme un <em>official bootleg</em>.</p>
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